SYNTHESE DES THEORIES ETIOLOGIQUES DES MONSTRES DOUBLES
L’étiologie des monstres doubles est une des plus contestées de la biologie. Pendant vingt ans, de 1724 à 1743, on discuta à l’Académie des Sciences, entre la théorie dualiste et la théorie uniciste : les monstres doubles sont-ils deux individus plus ou moins confondus, ou un seul individu dédoublé lui aussi plus ou moins ?
Nous ne voulons pas reprendre la théorie qui, partie d’Aristote, laisse supposer que, chez les oiseaux, les œufs jaunes donnent naissance à ces monstres, pour nous arrêter un instant seulement à Dareste qui affirme que les monstres doubles ne sont qu’une forme de la gémellité univitelline. La fécondation normale étant provoquée par un spermatozoïde, s’il en pénètre plusieurs dans un seul œuf, celui-ci se fragmente d’une manière insolite, comme s’il y avait polygénèse, Mais ceci n’est qu’une hypothèse, et l’expérimentation chez le batracien a infirmé la première expérimentation chez les invertébrés. Et « rien ne dit que l’animal supérieur qu’est l’homme se comporte comme un batracien ou un invertébré » (Lesbre).