CLASSIFICATION DES :MONSTRES DOUBLES
Bien des méthodes de classification des monstres doubles ont été proposées, mais elles tournent toutes autour de la classification magistrale de Geoffroy Saint-Hilaire.
Nous ne voulons dans ce travail traiter que des monstres doubles autositaires, qui semblent les seuls dont la monstruosité est compatible avec la vie. Nous négligerons les monstres doubles parasitaires, constitués, en réalité ou en apparence, par lunion d’un autosite et d’un parasite. Les exemples de ees monstres vivant quélque temps sont possibles. ‘Ils présentent moins d'intérêt « social » que les premiers.
Les monstres doubles autositaires sont formés parfois de deux sujets, à peu près complets, réunis par la tête, le bassin, le thorax, ou par toute autre partie « commune ». Ce sont les Tératopages. ‘Parfois ‘il s’agit de sujets confondus en un seul à la partie’ inférieure, dédoublés à la partie supérieure : les Tératodymes ou Ypsiloides, monstres en‘Y.'L’inverse, süjets séparés à la portion inférieure, uniques en’la portion supérieure, sont les Lambdoïdes." Les:sujéts uniques à leurs deux extrémités, doubles dans la parte
Va Core
pe
moyenne, sont les Mesodidymes, monstres en O. Enfin les monstres libres aux deux extrémités, confondus à la partie moyenne, sont les rachipages ou monstres Xioïdes, monstres en X. Toutes les combinaisons de passage sont possibles, ainsi que nous allons le
voir.
TERATOPAGES
Ce sont des monstres complets. Ils se subdivisent en : |
Céphalopages : Union par la tête.
Ischiopages : Union sous-ombilicale, les deux sujets en prolongement l’un de l’autre, ombilic commun.
Pygopages : Union dos à dos, par les lombes ou le sacrum.
Omphalopages, Xiphopages, Thoracopages, Sternopages, Ectopages, Déropages, Stomopages, Prosopopages, Craniopages : Union sus-ombilicale. Le nom de ces variétés indique suffisamment leur particularité.
Ischio-Xiphopages, Ischio-Thoracopages, Ischio- Sternopages, Ischio-Ectopages, Ischio-Déropages, 1schio-Stomopages, Ischio-Prosopopages, Ischio-Craniopages : Union sus et sous-ombilicale ou ischiopagie ascendante.
RU
CÉPHALOPAGES
Union exclusive des têtes des monstres doubles, soit frontale : céphalopagie frontale, soit par le vertex ou le sinciput : sincipitale ou - .pariétale, soit par l’occiput : occipitale.
La variété sincipitale est une exception à la loi d'union par les parties similaires, le front de l’un correspondant généralement à l’occiput de l’autre et inversement,
Dans ces trois variétés, seule une cloison formée de dure-mères confondues sépare les deux encéphales. Rien ne s’oppose à la viabilité de ces monstres. Ils sont cependant très rares dans l’espèce humaine.
ISCHIOPAGES
Union ventrale par le bassin avec ombilic commun. pas de symphyse des coxaux, mais cavité pelvienne avec deux vessies, deux vagins et un rectum central, et chez le monstre bi-masculin, deux paires de ceanaux déférents. Les membres inférieurs sont communs, et à la perpendiculaire des corps placés en ligne droite et à l’horizontale. On connaît deux cas dans l’espèce humaine, l’un de 1570 (?), l’autre de 1899, celui-ci bi-sexué, ou plutôt bi-hermaphrodite.
Ce
PYGOPAGES
Soudure par les fesses et la région lombo-sacrée. Donc union pelvienne dorso-latérale, avec deux om-
INFARES
bilics. Les colonnes vertébrales sont unifiées vers lé: coccyx. Le sacrum-est.plus-ouimoins «unifié, avec. detëx cavités cotyloïdes:.IL existe. généralement: un: rectum commun, une vulve commune avee deux: vessies propres, mais deux tractus génitaux indépendants. Il peut toutefois n’exister sur. chaque tractus.qu’un seul xvaire; un oviduecte et un. hémi-utérus et'un hémivagin. Un seulirein est:lairègle, l’autre étant.atrophié;, done un.seul. uretère. On connaît plusieurs monstres: de ce genre, mais on n’en n’a jamais rencontré: de bimâles.
ÜJMPHALOPAGES
Union par l’ombilic, restreintè, facile à rompre par une ligature, mais fort rare, à ne pas confondre à celle existant dans l’espèce animale, de l'union par les:cordons ombilicaux.
XIPHOPAGES:
- Union de lombilic à l’appendice xiphoïde du sternum. Les viscères des deux moitiés du monstre sont indépendants. On connaît quelques cas de séparation de tels monstres : Kônig, au xvir siecle, eut plein succès. BoEHM, en 1860, sur ses propres enfants, eut un mort, DOYEN, en 1902, malgré la publicité dont il entoura l'intervention, eut également une mort avec Raprca-DoopicA. B'AUDET et BUGNION, en 1881, en séparant'Marie-Adèlé, aboutirent: à deux morts:
Nous verrons plus tard’ quels sont’ les xiphopages:
SC pa
survivants. On se souviendra des Frères Siamois, qui véeurent. 63 ans, épousèrent deux: sœurs; et eurent
beaucoup. d'enfants, des Frères. Chinois; d& Maria-- Rosalina, séparées. par CHAPOT-PREVOST, au Brésil en
1899, l’une-seule-survivant: à: l'intervention. Mais nous
devons, à. la: décharge du chirurgien, avouer que Ro-
salina avait en: plus noniune dextro-cardie comme on
écrivit. à l’époque, mais. une inversion verticale: du:
cœur (Bull. Acad. Méd., octobre 1900).
THORACOPAGES
Union qui s'étend de l’ombilic à là partie inférieure des poitrines, celles-ci étant abouchées à leur base. Is peuvent être viables ou non, et s’ils sont viables, susceptibles ou non d’être séparés chirurgicalement. Les thoracopages sont fréquemment, mais non toujours, hétérotaxes. |
‘On: em connait! peu de cas: Ee plus célèbre: a fait lobjet de la thèse de Laforge (Lyon, 1905-1906).
STERNOPAGES
Thoracopagie complète et disymétrique,. avec deux sternums, situés sur le plan de soudure, deux séries d'organes intrapectoraux, deux cœurs situés au centre et enveloppés d’un unique péricarde. Les systèmes digestifs sont indépendants. Ces sujets ne: sont pas viables, sans doute par défaut de coordination des mouvements respiratoires, inharmoniques et incapables d'imposer aw cœur: unique: un rythme régulier.
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ECTOPAGES
Thoracopagie complète et mono symétrique. Union latérale et non « face à face », mais tous deux « de face ». Les membres thoraciques concentriques sont, soit soudés et constituant un membre unique, soit plus petits que les membres externes, soit même absents. Il y a des ectopages à 4, 3 ou même 2 bras. Il n’y a que de rares exemples de ces monstres, non viables.
DÉROPAGES
Union depuis l’ombilic jusqu’au cou. Il s’agit d’une simple complication de l’ectopagie, l’union du cou étant strictement cutanée.
STOMOPAGES
On n’en connaît pas dans l'espèce humaine, et ils “cvraient plus normalement faire partie des Janiceps.
PROSOPOPACYES
Union depuis l’ombilic jusqu’au niveau des yeux, -les têtes étant opposées latéralement par la partie inféro-antérieure, les faces soudées, les bouches réunies, les crânes libres. On ne connaît que les deux observations de Barkow. |
CRANIOPAGES
Même union que la précédente, maïs les têtes, au
ty
lieu d’être convergentes, par la face, convergent par > crâne, celui-ci étant commun, les bouches divergentes. On n’en connaît qu’un cas chez l’homme.
ISCHIOPAGIE ASCENDANTE
Ces monstres représentent des combinaisons de toutes les variétés précédentes, suivant les lieux et les modalités des soudures. Toutes ces variétés sont in-
compatibles avec la vie.
TERATODYMES
. PSODYMES
Individus doubles à partir des lombes, ayant deux poitrines complètes séparées l’une de l’autre, un abdomen double supérieur, simple inférieur. Les vertèbres ne deviennent uniques qu’à la région sacrée (généralement). Cette anomalie n’est pas incompatible avec la vie, mais les cas connus n’ont vécu que
quelques semaines ou quelques mois.
XIPHODYMES
Monstres possédant indépendants : les têtes, les cous, les poitrines, les membres thoraciques, et en commun les deux membres abdominaux. Les deux
de
poitrines. peuvent. être soudées. Le-ventre est souvent unique. Les. colonnes: vertébrales. peuvent. être. soudées par: points, mais se séparent: au niveau. du. coccyx. On en connaît quelques cas dans l’espèce humaine : le xiphodyme de Jacques IV d’'Ecosse, qui véeut.28 ans, RITA-CHRISTINA,. qui. était plutôt thoraco-
dyme.
"FHORACODYMES
Les poitrines rapprochées communiquent ensemble, soit par la base seulement, soit dans toute leur bauteur. Les membres « internes » peuvent être soudés. Les cœurs peuvent: être confondus et le monstre n’est alors pas viable. Les intestins et l’appareil génito-urinaire peuvent être communs. On connaît comme Thoracodymes ayant vécu RITA-CHRISTINA, et les frères Toccr. On en connaît quelques cas n’ayant pas vécu, ou très peu:de temps. |
STERNODYMES :
Monstres. séparés en bas des: cous; opposés par les: thorax, avec 4 rangées de côtes bien: développées, 2 sternums complets; 4 membres: thoraciques:.
On en connaît. quelques cas; non. viables:
DÉRODYMES
Même: séparation que chez: les Sternodymes, mais deux membres. thoraciques. seulement, avec parfois vestiges sous-cutanés d’autres membres. Ils peuvent être monosomiens ou sysomiens. Les tubes digestifs
peuvent être en état de coalescence, à diverses: hauteurs. L’hétérotaxie est de règle. Les cas humains sont fréquents et non viables.
ATLODYMES
Monstres à un seul corps, à deux têtes. On en conraît trois cas dans l’espèee humaine,. dont l’un tout récent (1939) (FEGHAI).
IMODYMES
Montres à un seul corps; à deux têtes, celles-ci étant soudées, avec communication à fond’ des: deux bouches, et œsophage commun. Assez fréquents chez
l’homme, non viables.
OPODYMES.
Mêmes monstres, mais dont la soudure des têtes s’étend jusqu’à la région oculaire, les yeux internes correspondant dans une même orbite, ou étant fusionnés en un seul, Un seul système cérébral. On n’en connaît pas d'exemple dans la race humaine.
RHINODYMES
Les. deux têtes sont confondues, la: dualité ne se manifestant plus que dans la région nasale. On connaît le cas d’une femme à deux nez avec un troisième œil intermédiaire, morte à 53 ans. (Dr BiIMAR, Gaz.
Hebd. de Montpellier, 1881). La rhinodymie est va-
riable dans ses aspects, on en trouve avec deux bou-
ches, un troisième œil, et même un quatrième, etc.
STOMODYMES
La duplicité des têtes ne se révèle plus que par la bouche. On ne connaît que très peu de cas de ce
genre.
SPLANCHNODYMES
Monstres réalisant en un seul la fusion de deux individus, possédant une duplicité totale de tous les organes internes. On n’en connaît qu’un cas dans l’espèce humaine, et un cas triple dans l’espèce bovine.
Quant aux monstres lambdoïdes, sycéphaliens ou janicéphales, (Janiceps, Janus imparfaits), monocéphaliens ou tératodelphes (Déradelphes, Thoradelphes, Psoadelphes, Pelvadelphes, Uradelphes, Synadelphes), aux Mésodidymes, aux monstres doubles
par en haut et par en bas, leur monstruosité ne semble pas compatible avec la vie.
Nous avons dit que nous n’étudierions pas les monstres doubles parasitaires, mais nous ne pouvons pas éviter de rappeler que des Hétéropages ont vécu, Pun jusqu’à 22 ans, mais que pour les Hétéradelphes, les Epicomes, les Polygnathiens (sauf pour quelques paragnathiens, très rares), les Polyméliens (pygomèles, gastromèles, notomèles, mélomèles, céphalomèles), les Endocymiens (Dermocymes, Endocymes), les cas sont tellement rares, tellement incompatibles avec la vie qu’ils n’ont pas place dans cette synthèse des monstres doubles vivants.