‹ Vie du B. Alphonse-Marie de LiguoriChapitre 9 sur 52 · PRÉFACE. XXI · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXI

le nom du B. Alphonse pendant un long et honorable exil dans le royaume des Deux-Siciles. De retour en France, après

ont été rendus les divers règlements du conseil entre la cour des copiptes , le parlement , le chapitre , les trésoiiers de France et les ojjflciers des sénéchaussées.

La connaissance approfondie qu'il avait acquise des lois et de la constitution de Provence lui procurer; nt l'avantagi; d'en drl'endre les droits avec un applaudissemout universel dans les états île la province en i';S8. Il on était membre, en sa qualité de noble possédant fief. Les étals de Proveoce avaient droit de nommer les députes aux états généraux de France. Le niiniilrc Neker , dans un système qui a été apprécié depuis, voulut que la députatioa fût nommée par bailJage; l'ordre de la noblesse s'opposa fortement à cette innovation, qui détruisait de fond en comble la constitution provençale ; il nomma ses députés conformément au droit ancien. Ces députés furent, pour l'onlre de la noblesse, îtigr. le duc de Bourbon (aujourd'bui prince de Condé '), INIÎVI. le marqtiis de Sabran, le président d'Arlatan-Lauris, le marquis de Forbic-Janion, le président d'Arbaud-Jouques, le comte de Sade, le marquis de Grimaldi et le président de Mazenod. Le ministre repoussa cette di^putation légitime pour admettre celle qu'il avait obtenue des baillages. Le président de Mazenod fut cbargé par ses collégiu-s de faire un mémoire pour prouver la solidité de leurs titres. Ce mémoire, assez volumineux, fut regardé comme uu chef-d'œuvre; il convainquit le ministre même , qui proposa de faire admettre les deux députations. Les députés légitimes refusèrent cet accommodement, et se retirèrent avec protestation. En récomjiense de sou dévouement , le président de Mazenod fut , à son retour en Provence , d.'crété de prise de corps par les factieux; il n'échappa que par miracle à la sanglante exécution des premières victimes de la révolution à Aix. Il sortit de France , et il recueillit partout , durant sa longue émigration , les preuves les plus touchantes du respect et de l'intérêt des étrangers, admirateurs de sa belle conduite. Il habita longtemps Palcrme. Le Roi des Deux-Siciles l'avait distingué. A la mort de Louis xvii, il écrivit à Louis xviil à Vérone; le Roi lui fit répondre par le comte de Flaxelandc, son capitaine des gardes, qu'il agréait d'autant plus ses sentiments, qu'il était le premier magistrat qui lui eut encore prêté hommage. Son exil s'est prolongé jusqu'en 1817. Il avait refusé des offres brillantes dans le temps de l'usurpation, et il ne serait pas reutré'cn France avant les Bourbons. Il est mortà Marseille le looctobi-e iSao dans les sentiments les plus héroïques de religion. Il fut assisté dans ses derniers moments par son frère, aujourd'hui Mgr. l'Evêquc de Marseille, et par son fils qui lui administra le sacrement de l'extrême-onction. Il répondit lui-même à toutes les prières avec une fermeté et une piété admirables.

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la resta Liration , il occupa ses loisirs à traduire une Vie abrégée du saint , laquelle avait paru à Rome à l'époque de la béatification. Le pieux traducteur mourut sans avoir mis la dernière main à son travail, qui depuis nous a été confié. Nous avons eu lieu de regretter qu'il ne lui eût pas été donné de l'achever. Il lui restait à composer le style : nul mieux que lui ne pouvait l'approprier au génie de notre langue ; mais cela était impossible dans le premier jet d'une traduction dont l'original, écrit d'un bout à l'autre sur un ton incompatible avec le français , fourmillait d'ailleurs de locutions uniquement propres à l'italien. Nous tâchions de suppléer le respectable traducteur, lorsque nous avons été rais en possession d'une grande Vie du B. Liguori en 5 vol. in-4^ Ce sont comme des mémoires de sa congrégation jusqu'à sa mort. Nous avons pu consulter en même temps les actes de la béatification, 3 grands vol. in-folio, ainsi que plusieurs autres écrits sur le même sujet. Ces nombreux documents , tous d'une authenticité

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incontestable, nous ont fait connaître combien était incomplète et imparfaite, pour ne pas dire inexacte, la petite Vie italienne dont la traduction nous occupait. On nous a invité d'y renoncer pour nous livrer à un ouvrage original ; nous avons suivi ce conseil, mais de manière cependant à avoir encore de grandes obligations au savant magistrat ; sa traduction a été pour nous comme un travail préparatoire infiniment précieux , et qui a beaucoup adouci et abrégé la tache que nous nous étions imposée, quoique les documents dont il était privé nous aient fourni la matière des détails les plus curieux et les plus importants du livre que nous publions , et qu'ils aient donné lieu à Taugmentation de plus de la moitié. Sans doute, s'il les eût possédés et que la mort ne fût pas venue l'interrompre, nous aurions un ouvrage bien différent de celui que nous présentons aujourd'hui. Ce serait un monument digne du grand saint à la gloire duquel il l'aurait consacré avec une véritable dévotion secondée d'un talent avantageu-

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sèment éprouvé d'ailleurs. Mais si d'un côté , nos regrets sont légitimes , d'un autre côté , la piété qui nous lira est indulgente, et il nous suffit pour la satisfaire de lui montrer les titres de notre bienheureux à sa confiance. Nous avons voulu édifier , nous espérons que ce but sera atteint : c'est assez pour nous.

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