XIV PRÉFACE
utile en publiant la vie du bienheureux Alphonse- Marie de Liguori. Nous devons roccasion que nous avons eue de l'écrire à un concours de circonstances inattendues. Ce n'était pas d'abord notre propre ouvrage que nous croyions donner. Un ancien magistrat très-distingué par son mérite personnel, indépendamment de toute autre illustration (*) , avait connu le
(*) Charles-Antoine de MazenofJ naquit à Aix le 17 janvier 1745, Il fit ses études au collège des jésuites, où il se distingua par des talens précoces ; il y soutint, à i'flge de quinze ans, une thèse de philosophie. 11 fut remarquable par l'étendue de ses connaissances, l'asiéraent et la justesse de son esprit, la bonté de son caractère, la vivacité de sa foi, et son amour pour le roi qui ne se démentit jamais. En 1770, il fut nommé président en la cour des comptes, aides et finances de Provence, avec dispense d'Age et de parenté ; il n'avait alors que vingt-cinq ans, et son père, Charles-.^lexandre, était aussi président en cette même cour, où ils siégèrent en même temps pendant plusieurs années.
En 1771 , le parlement ayant été réuni à la cour des comptes, H. de Maze- Dod devint président à mortier en cette cour, où il ne donna pas de moindres preuves qu'auparavant de sou habileté et de son savoir. II sut dans cette circonstance délicate se conserver l'estime et l'affection de ceux-l/i mêmes qu'une mesure sévère avait atteints. Grand magistrat, il cultiva au,ssl les lettres et même la poésie avec succès. Jl employa ses loisirs, pendant plusieurs années , à l'étude des anciennes chartes conservées dans les archives des cours qu'il présida successivement. 11 fit choix de matériaux devenus précieux aujourd'hui que les archives de la province ont été détruites; il en composa plusieurs ouvrages qui n'ont pas vu le jour, les changemens survenus dans l'état et la magistrature ayant fait cesser l'intérêt que leur publication eût inspiré dans d'autres temps. Ces ouvrages sout : I. une Histoire des contestations entre les pailemens et la cour des comptes depuis l'institution du parlement , G vol. in-folio, avec une préface et une table raisonoée sur le contenu de chaque volume. —2. Continuation de l'Histoire du parlement depuis lliO Jusqu'en I77I.— 3. Abrégé des délibérations de la cour des comptes. — 4. Précis des délibérations du parlement. — 5. Recueil suit'i de toutes les délibérations des étals et assemblées de communauté avec explication sur chaque matière. — 6. Collection de toutes les pièces sur lesquelles ont été rendus les divers règleniens du conseil entre la courdes cemptes , le parlement , le chapitre , les trésoriers de France et Us ofticiers des sénéchaussées.
La connaissance approfondie qu'il avait acquise des lois et de la constitution de Provence lui procurèrent l'avantage d'en défendre les droits avec un applaudissement universel dans les états de la province en I78S. 11 en était membre, en sa qualité de noble possédant fief. Les états de Provence avaient droit de nommer les députés aux états généraux de France. Le ministre Neker, dans un système qui a été apprécié depuis, voulut que la députation tût nommée par baillage; l'ordre de la noblesse s'opposa fortement à cette innovation, qui détruisait de fond en comble la constitution provençale : il nomma ses députés conformément au droit ancien. Ces députés furent, pourl'ordie delà noblesse, monseigneur le duc de Bourbon (depuis prince de Condé;, messieurs le marquis de Sabran, le président d'Arlatau-Lauris , le marquis de Forbin-Janson, le président d'.vr-