VONT T0UJ01RS EN CROISSANT
à la complication des maladies qui l'accablaient : il fut dès lors retenu dans son lit , et ne pouvant se coucher parce (pie cette position le suffoquait, il demeurait assis, le dos appuyé contre son chevet , immobile , et ne pouvant même remuer les jambes. La Gèvre le prenait de temps en temps, et lorsqu'elle le quittait , ses douleurs n'en étaient pas diminuées : les médecins déclarèrent qu'ils ne comprenaient rien à son état , et ils n'espérèrent plus le guérir.
Le saint malade regardait chacune de ses souffrances comme un trésor inestimable, et ne craignait rien tant que d'en être privé. Il avait passé plusieurs nuits sans dormir, à cause d'un grand mal de tête qui ne lui permettait pas de fermer l'œil : il eut une nuit un quart d'heure de repos ; ce court sommeil l'affligea ; il ne put s'empêcher de s'en plaindre aux jeunes étudiants qui venaient le voir de temps à autre. Comme ils lui demandaient si la dernière nuit avait été meilleure pour lui que les précédentes : « J'ai dormi un quart d'heure , répondit Alphonse ; et j'en ai du regret , car alors je ne souffrais pas , et quand on ne souffre plus on cesse de mériter. » Le lendemain , le Bienheureux ayant occasion de parler de souffrances , et ne se rappelant plus la conversation de la veille , dit à ceux qui l'entouraient : « Je connais une