MALADIE D'ALPHONSE
rieusement de ne plus inquiéter son serviteur. Dans ie mois (l'octobre , qui fut le dernier de la vie d'Alphonse , la maladie fit des progrès rapides, et les symptômes en étaient si extraordinaires, que les médecins, bien loin d'y pouvoir apporter remède , avouaient qu'ils n'avaient rien vu de semblable chez aucun malade. La fièvre était quelquefois si forte , et le saint homme si abattu qu'on le croyait sur le point d'expirer ; tout à coup la fièvre cessait et son pouls était presque dans l'état de celui d'une homme en santé. Au milieu de ces vicissitudes , Alphonse s'acquittait fidèlement de ses devoirs de piété ; car la visite de Jésus et de Marie lui avait rendu sa mémoire et sa propre dévotion ; il vaquait à l'oraison avec la même exactitude que s'il n'eût pas éprouvé les plus cuisantes douleurs. La sainte Eucharistie faisait sa force ; il communiait trois fois par semaine , et le Seigneur lui faisait la £<ràce d'empêcher tous les accidents qui auraient pu le [.river de ce bonheur. On fit à cette occasion la remarque suivante : le malade ne pouvait faire aucun mouvement , et les trois derniers mois de sa vie, il demeura toujours sur le môme côté sans changer jamais de position ; cependant, quand il s'agis>ait de recevoir le pain des Anges , soit que la vivacité de sa foi lui fit faire un effort
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extraordinaire , soit que le divin Maître lui communiquât en ce moment une force surnaturelle , il se soulevait et se mettait dans une posture respectueuse pour adorer le très-saint Sacrement. On observa encore que toutes les fois qu'un prêtre entrait dans sa chambre , il se découvrait à l'instant pour observer la règle qui prescrit aux simples frères de donner au sacerdoce de Jésus-Christ cette marque de respect, obéissance et présence d'esprit admirables dans un homme dont l'existence n'était plus qu une agonie continuelle. Quand Alphonse se noyait seul , il s'adressait à Dieu à haute voix par les plus tendres affections , et on l'entendit s'écrier : « Encore plus de douleurs , o mon Dieu ! Mais donnez-moi une plus grande charité et une plus grande patience pour les souffrir. » On l'avertit huit jours avant sa mort de se préparer à recevoir l'cxtrême-onction ; i! en témoigna de la joie, et s'y disposa de son mieux : toutefois, on comprit par la manière dont il reçut cette nouvelle, que sa dernière heure n'était point encore venue. Après s'être confessé avec le soin et la contrition qu'il apportait toujours au sacrement de la réconciliation , il reçut l'onction des mourants d'un air aussi tranquille que s'il eût assisté à cette sainte cérémonie sans en être l'objet, et il répondit distinctement à toutes les prières de l'Eglise.