‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 123 sur 149 · ÉVÉNEMENTS MIRACULEUX · texte numérisé non relu

ÉVÉNEMENTS MIRACULEUX

lumière éblouissante , dans laquelle se distinguaient les plus brillantes couleurs , H qui ressemblait à une belle aurore. La nuit était alors fort noire , et la dame dans son étonnement appela une de ses servantes , qui fut avec elle témoin de ce phénomène. L'une et l'autre ne purent pas expliquer alors ce qu'il signifiait J, mais , quelques heures après , ayant entendu des personnes qui s'entretenaient dans la rue fie la mort d'Alphonse, elles comprirent que le Seigneur avait voulu leur manifester par un prodige la gloire de son serviteur.

Avant que le corps du Bienheureux fût porté à l'église , un prêtre séculier , voyant qu'on se rendait de toutes parts dans la chambre où il était mort , y entra avec la foule , et comme il remarqua que des chanoines et d'autres prêtres se prosternaient devant le cercueil et baisaient respectueusement les mains du défunt , il désapprouva intérieurement celte conduite , jugeant que les ministres du sanctuaire ne devaient pas rendre cet hommage à un laïque : cependant pour ne pas se distinguer de ceux qui l'entouraient, il se mit à genoux pour baiser seulement un crucifix qu'on avait placé entre les mains d'Alphonse ; mais comme il approchait ses lèvres du saint corps . le Seigneur lui prouva par un miracle que l'humble

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piété d'un prélre n'es! pas contraire à la dignité du sacerdoce , et qu'il considérait avec plaisir les marques de vénération qu'on donnait à son serviteur. Il vil en ce moment Alphonse ouvrir

les veux et fixer sur lui un regard de bienveillance ; en même temps il lui parut environné de lumière : ses vêtements noirs firent place à me robe plus blanche que la neige, et son visage lui sembla animé du sourire le plus aimable. Le changement que celle merveille opéra dans l'esprit de cet ecclésiastique fut si complet que, rempli des sentiments de la plus tendre dévotion pour le saint frère , il ne pouvait se lasser de lui baiser les mains et les pieds : en vain on le pressa de se retirer pour faire place a d'autres ; il ne put jamais le quitter jusqu'à ce qu'on le portât dans le tombeau ; et après qu'il fut enterré il passait les journées entières à genoux auprès du sépulcre . sur lequel il fit suspendre un tableau qui représentait le miracle , comme nous venons de le rapporter, Ce qu'il y eut de plus heureux pour ce prêtre dans cet événement , c'est qu'il apporta dans toute sa conduite une réforme étonnante : il ne s'occupait plus que de la prière et des bonnes œuvres, et il aurait embrassé i'état religieux , s'il n'eût rencontré des obstacles insurmontables ù l'accomplissement de ses désirs.

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