DU SAINT FRÈRE
comme un Saint : elle se rendit à l'égiise le jour où le corps était exposé , et tenant son enfant entre ses bras , elle conçut la plus grande confiance que si elle pouvait faire toucher les yeux malades au cercueil ils seraient entièrement guéris ; mais malgré ses efforts elle ne pouvait réussir à fendre la foule. Une personne charitable , touchée de son embarras , prit l'enfant . cl le présenta au P. Michel Redo , afin qu'il fit toucher le petit aveugle aux sacrées reliques. Le Père se rendit volontiers à ce pieux désir , et fit reposer la tôle d'Antoine sur celle d'Alphonse. A l'instant les yeux , auparavant si difformes, se trouvèrent parfaitement sains sans aucune trace de l'infirmité qui les affligeait auparavant. Le Père rendit l'enfant à la dame qui le lui avait donné , et celle-ci en le remettant à la mère , Prenez votre fils , lui dit-elle ; il est déjà guéri. » Françoise Saura le reçut avec empressement , et s'apercevant qu'il avait recouvré la vue, dans le transport de sa joie , elle se mit à crier au miracle, et prit à témoin tous ceux qui avaient connu le premier état du petit Antoine du prodige qui venait de s'opérer en sa faveur.
Antoinette Socias , âgée de sept mois , Glle de Sébastien Socias et de Marianne Segni, était attaquée depuis huit jours d'une fièvre maligne ;
iOi GUÉRISONS OPÉRÉES PAR LES MÉRITfS
tout le corps de cette enfant était couvert de taches de pourpre , et son gosier resserré par une esquinancie qui ne lui permettait pas d'avaler une goutte de lait. L'aïeule de la malade se rendit à l'église où le corps d'Alphonse demeurait exposé , et obtint un des linges qu'on lui avait fait toucher ; elle se hâta de retourner auprès de l'enfant qui se mourait, et lui appliqua le mouchoir sur la gorge : à l'instant Antoinette s'endormit , et son sommeil fut profond et paisible pendant la nuit entière. Le lendemain matin les médecins la trouvèrent sans fièvre et sans esquinancie ; on n'apercevait plus aucune marque de pourpre sur son corps, en un mot la guérison était aussi complète que subite. Plusieurs témoins oculaires attestèrent ce fait miraculeux.
Voici un troisième prodige opéré le jour même des funérailles du Bienheureux : Gabriel Génovard , tailleur à Majorque , avait eu de Marianne Avolos , sa femme , un fils qui avait éprouve dès sa naissance une infirmité grave et bien caractérisée. Depuis six mois cet enfant souffrait de cruelles douleurs qui ne lui laissaient de repos ni le jour ni la nuit : on avait eu vainement recours à une femme qui avait la réputation de traiter avec habileté ces sortes de maladies; celle-ci déclara nettement que le