PRÉFACE. VII
Les faits surnaturels (pion lira dans la vie d'Alphonse Rodrigue* se rapportent à quatre classes : les apparitions , les extases , les prophéties et les miracles ; or , le Nouveau Testament, ce livre divin, les décisions de i Eglise , irréfragables pour tout catholique , cl la raison elle-même établissent et prouvent jusqu'à l'évidence que ces faits merveilleux sont possibles , cl qu'il y en a eu dès les premiers temps du christianisme.
Il est parlé d'apparitions d'esprits célestes dans les saints Evangiles : l'archange Gabriel apparaît à Zacharie , père de ,1c an- Baptiste (1 ) ; il est ensuite envoyé à Marie (2 ; l'Ange du Seigneur transmet par trois fois lés ordres du Très-Haut à sain! Joseph (3); Jésus-Christ lui-môme est soutenu dans son agonie par l'apparition d'un Ange (4) : on sait que l'esprit de ténèbres s'était montré au Fils de Dieu sous une forme sensible , lorsqu'il le tenta dans le désert, et qu'il avait transporté le Sauveur d'abord sur la plate-forme du temple , puis sur le sommet d'une haute montagne (5). Pàen de plus clairement marqué que les onze apparitions de Jésus-Christ après sa résurrection (6); mais rien aussi de plus extraordinaire : il entre les portes et les fenêtres étant fermées ; on le voit, on l'entend, on le louche , et cependant son corps est glorifié et impassible (7) ; Use transporte aussi rapidement
(I) S. Luc, 1, 44. (2) S. Luc, I, 26. (3) S. Matth.,1, 20; II, 43, 4 9. (4) S. Luc, xxii, 43. (5) S. Matlh., iv, 3. (6) S. Jean, xx, 14, 19. 20; xx:, I. S. Jean, xx, 20 et suiv.
Mil PREFACE.
que la pensée d'un lieu h l'autre. Voila des apparitions qui sont, après tout, le fondement de notre foi. Après son ascension Jésus-Christ apparaît encore à saint Paul dans sa prison (1) ; enfin cet apôtre voil en songe un Macédonien qui l'engagea passer dans sou pans pour y prêcher l'Evangile^).
S'agit-il d'extases et de ravissements ? ï Apôtre des nations nous raconte de lui-même qu'il a élè ravi jusqu'au troisième ciel , où il a entendu des choses qu'il n'est pas permis à un homme mortel de rapporter; il ajoute qu'il ignore si c'est avec sou corps ou seulement en esprit (3). Demande-t-on des prophéties ? sans parler de celles du Sauveur , on connaît celle de saint Pierre qui annonce à Saphira qu'elle va mourir ; (4) celle d'Agabus qui prédit à saint Paul son emprisonnement à Jérusalem (5). Veut-on des miracles ? ij en a-t-il de plus extraordinaires que les guérisons subites et multipliées opérées par l'ombre seule de saint Pierre (6), et celles qui avaient lieu par l'attouchement des linges dont saint Paul s'était servi (7).
Tous les chrétiens admettent ces faits comme incontestables ; l'Eglise fait un devoir à ses enfants de les croire , cl on en a prouvé mille fois la possibilité et la certitude contre les incrédules (8). Or,
(\, AcL. xxxm. I i. (2, AcL, xvi, 9.
!!• aux Ci rinth., xn. I . (4j Act., v. 9. (5) Act., xxi, îO. (6) Act., v. 15. [7J AcL, x.x, 12. (8) Voyez Huet , Démonstration évangélique; Pascal,