IL LUTTE CONTRE LE DÉMON
Il persévérait constamment dans cet état une heure entière, ne pouvant , à ce qui lui semblait, s'occuper de Dieu , mais s'estimant heureux de souffrir , pour lui rester fidèle , une si airoce persécution. Ce qu'il y avait de singulier, c'est qu'aussitôt après l'oraison le mal disparaissait sans laisser de traces, en sorte que le saint portier retrouvait toute sa présence d'esprit et toutes ses forces , et pouvait vaquer librement pendant tout le jour à ses fonctions et à ses exercices de piété.
A ces persécutions de l'ennemi de Dieu et de ses Saints, il faut joindre les souffrances que causèrent à Alphonse des maladies presque continuelles : ii avouait au recteur du collège, qui l'interrogeait sur sa santé , qu'il ressentait toutes les nuits les mêmes douleurs que si on lui eût déchiré tout le corps avec un rasoir. — « Mais qu'éprouvez-vous donc ? » continua le recteur. — «Mon père, répondit Alphonse, tout ce que peuvent faire endurer de plus cruel les maux d'estomac , les coliques et plusieurs autres maladies ; mais bien loin de me plaindre de cette épreuve , je serais , au contraire , bien affligé si Dieu m'en délivrait. » Aussi n'en parlait-ii jamais parce que, disait-il, c'est mon état habituel , et la règle prescrit d'avertir seulement d'un changement extraordinaire survenu dans la santé.