‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 32 sur 149 · LE SEIGNEUR LE CONSOLE · texte numérisé non relu

LE SEIGNEUR LE CONSOLE

Dieu dédommageait le généreux Alphonse par !a douceur des consolations dont il l'enivrait pendant l'oraison. La tempête dont nous avons parlé fut suivie d'une paix profonde , d'une joie intérieure et d'un goût délicieux que le saint frère éprouvait dans la prière : souvent l'impression de ces faveurs célestes se communiquait à son corps , et suspendait toutes ses douleurs. Plusieurs fois aussi Dieu le soulagea miraculeusement sans le secours des médecins ; ce n'était pas une guérison parfaite, mais une sorte de relâche qui préparait le soldat de Jésus-Christ à de nouveaux combats. Quant à lui , il s'offrait continuellement à son divin Maître comme une victime pour être consumé lentement par le feu de la tribulation : il arriva que , renouvelant une fois cette offrande absolue de lui-même , tout à coup le Sauveur lui apparut avec sa sainte Mère , environnés l'un et l'autre d'une lumière si éblouissante que la lueur du flambeau alors allumé dans la chambre d'Alphonse fut complètement éclipsée. S'arrêtant auprès de son lit , car Alphonse était alors malade, ils s'entretinrent amoureusement avec lui ; et pendant que son âme était inondée des joies du ciel , son corps retrouva en un instant toutes ses forces. Un Père qui demeurait dans la chambre voisine , étonné d'entendre un

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bruit de voix dans celle d'Alphonse , voulut savoir quelles étaient les personnes qui lui parlaient ainsi au milieu de la nuit : il entr'ouvrit la porte , mais à l'instant la vision disparut , laissant toutefois le Saint si plein de ce qu'il \enait de voir et d'entendre qu'il ne put le contenir au-dedans de lui. Pendant plusieurs jours il parlait de Dieu comme un homme descendu du ciel ; et, forcé de communiquer à ceux qui l'approchaient les sentiments qui abondaient dans son cœur, il laissait échapper des paroles brûlantes , indices du feu divin dont il était embrasé.

Ce ne furent pas seulement la malice du démon et ses infirmités corporelles qui firent éclater la patience héroïque d'Alphonse ; Dieu permit que les hommes l'exerçassent plus d'une fois ; et lors même que le saint portier n'aurait eu d'autre occasion pour mériter que la fatigue et les déiails de son emploi , la manière dont il s'en acquittait et l'égalité d'âme qu'il y conservait toujours auraient été déjà la preuve d'une sainteté bien éminente. Obligé de parcourir la maison dans tous les sens pour avertir les religieux qu'on demandait à la porte , ou faire les commissions dont on l'avait chargé, et rappelé presque à chaque instant par le son de la cloche qui l'avertissait d'ouvrir , il lui fallait

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