EN LA PKÉSENCE DE DIEU
désira savoir son sentiment : le saint frère répondit avec modestie qu'il avait été très-surpris des paroles du Recteur , et qu'il ne lui semblait pas vraisemblable que la grâce d'une présence de Dieu continuelle n'eût jamais été accordée à aucun Saint. Alors le père Aguire insistant , lui demanda ce qu'il en était de luimême à cet égard , et Alphonse , pris au dépourvu par cette question , fut obligé d'avouer en rougissant que dans le cours d'une journée ses distractions réunies pouvaient au plus égaler le temps qu'on aurait mis à réciter le symbole des Apôtres. C'était peu après son entrée en religion qu'il faisait cet aveu, et l'on peut juger d'après de tels commencements de la parfaite et continuelle union avec Dieu où il parvint dans la suite. Ses propres écrits en renferment la preuve : « Cette personne, dit-il , (c'est ainsi qu'il parle de lui-même) cette personne converse continuellement avec Jésus et Marie ; elle leur fait part de tout ce qui concerne son corps et son âme , leur demandant sans cesse leurs secours , aGn que toutes ses actions soient agréables à Dieu , ce qui est tout son désir. Cette familiarité avec Jésus et Marie est tempérée dans son cœur par un saint respect ; elle leur adresse la parole , et ils lui répondent avec une admirable bonté, lui expliquant leurs volontés ; en