‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 81 sur 149 · ZÈLE D ALPHONSE · texte numérisé non relu

ZÈLE D ALPHONSE

frère ne tarda pas à s'apercevoir qu'on perdrait !e temps auprès du malade si on ne traitait d'abord cette affaire avec Dieu ; il engagea le Père à recourir à la prière . et tous deux , retirés à l'écart , conjurèrent le Seigneur d'avoir compassion de ce malheureux. Tout à coup le malade se calme , retrouve son bon sens . et demande à se confesser. L'étonnement des assistants fut à son comble , car on ne savait que trop à quoi s'en tenir sur l'obstination de ce pécheur , qui depuis nombre d'années n'avait pensé ni à Dieu ni à son âme. Pendant que le Père écoutait ea confession, Alphonse continuait sa prière : elle fut si efficace que cet endurci , devenu un vrai pénitent , entra dans les sentiments les plus vifs de componction; il fit une réparation publique de ses scandales , et reçut les sacrements de la manière la plus édifiante. Il laissa tous ceux qui furent témoins de ses derniers moments remplis de reconnaissance pour la miséricorde dont Dieu avait usé envers lui . et d'admiration pour le miracle de grâce opéré par l'intercession puissante d'Alphonse. Non content de contribuer , autant qu'il était en lui , à la gloire de Dieu et au salut des âmes avec lesquelles il pouvait communiquer , le Bienheureux offrait continuellement au Ciel l'ardeur de ses désirs pour la conversion des

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pécheurs de tout l'univers : il aurait voulu sauver tous les hommes , et il se serait estimé heureux de souffrir les peines les plus cruelles sans autre récompense que de voir le divin Maître aimé et loué éternellement par toutes 'es créatures raisonnables. Comme si ce n'était pas assez pour sa charité de se dévouer à tous ies maux d'ici-bas réunis sur sa personne afin d'obtenir le salut de ses frères, il consentait à supporter pour une fin si noble les tourments mêmes de l'enfer autant de temps qu'il plairait à Dieu , sans toutefois perdre la grâce , pourvu que la rédemption de Jésus-Christ produisît tout l'effet que se proposait le Sauveur dans sa passion. Ces généreuses dispositions étaient si sincères dans Alphonse, et furent si agréables à la divine Majesté , que comme il souhaitait un jour dans la ferveur de son oraison d'être présent à tous les hommes à la fois pour les exhorter tous en même temps au service du Seigneur et à la poursuite de leurs intérêts éternels, il lui fut révélé que ce désir de son cœur recevrait la même récompense que s'il eût été réalisé dans toute son étendue.

Cette charité si ardente qui animait Alphonse lui faisait surmonter la répugnance qu'il éprouvait à correspondre avec les personnes les plus distinguées de Majorque; elles le consultaient

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