I. Lettre du 19 juin
— 3or —
vous m'avez fait de plusieurs objets que je vous avais demandés, savoir: du tabac, de la thériaque et de l'ancien catalogue des districts du Fang-hien. J'ai en outre reçu de votre part : 1° un bréviaire dont je n'ai prévu le besoin prochain qu'après le départ du porteur de ma lettre ; 2** une pelisse que je vous renvoie en vous remerciant de votre générosité, 1° parce qu'il n'est pas juste de vous dépouiller pour me revêtir; 2° parce que je n'aime pas les habits de peau ; et c'est pour cela' que je n'ai pas voulu profiter de la belle occasion que j'avais, à Yun-sy-hien, d'acheter un habit de peau à meilleur marché que dans le Kou-tching^.. » Le vrai motif de son refus, on l'a deviné, c'est, outre sa répugnance à accepter le moindre soulagement aux dépens d'autrui, son estime toute particulière, son inviolable attachement pour la vertu de pauvreté. A ses yeux, elle est, avec la charité, la meilleure part de l'héritage que saint Vincent de Paul a légué à ses enfants. Aussi, de tous les textes de l'Ecriture qu'il aime tant à citer, il en est un qu'il affectionne plus que les autres et que l'on retrouve à tout instant sous sa plume ; et ce texte pourrait servir de devise commune aux deux vertus que nous venons de nommer. « J'aime bien', dit-il, la sentence de Notre-Seigneur, rapportée par saint Paul : Beatius est magis dare quam accipere '^, que notre saint Insti tuteur paraît avoir adoptée dans les règles qu'il nous a données ^. » Il allègue ce texte à M. Song, qui lui a demandé l'autorisation de recevoir quelques pré-