O. Girard, France et Chine, t. I, p. 827 et sq
3. Grosier, Description générale de la Chine, 2^ partie, c. vu, p. 473.
dans le régime des prisons du Céleste-Empire, le Vénérable aurait voulu les faire connaître et adopter dans sa patrie. On sait la pitié généreuse qu'inspiraient à saint Vincent de Paul les souffrances physiques et les misères morales des prisonniers de son temps. Digne fils de l'aumônier général des galères de France, M. Clet, à la veille de sa mort, consacre les quelques loisirs que lui laissent son ministère auprès des chrétiens qui l'entourent ou les longs et nombreux interrogatoires qu'il subit, à rédiger une notice sur les prisons de la Chine, dans l'espoir que l'indulgence d'un peuple païen envers les mêmes hommes que l'on traite avec tant de rigueur dans un pays chrétien pourra faire sentir à ses compatriotes une honte salutaire et leur inspirer une heureuse émulation d'humanité. Voici cette notice, adressée sous forme de lettre à l'un de ses confrères de Saint-Lazare :
« Comme j'ai souvent ouï parler en France de basses-fosses et de noirs cachots où les prévenus sont enfermés jusqu'à la décision de leur procès, je me crois obligé de vous donner une petite notice des prisons de Chine, ne serait-ce que pour faire rougir les chrétiens d'être moins humains que les Chinois à l'égard de ces malheureuses victimes de la vengeance humaine, triste prélude de la vengeance divine, dont on travaille si peu à les préserver. J'en puis parler de science certaine, puisque j'ai passé par vingt-sept prisons pour être traduit du Ho-nan à Ou-tchang-fou. Or, nulle part, ni cachots ni basses-fosses ; dans la prison où je suis, il y a des meurtriers, des brigands, des voleurs; tous jouissent, depuis l'aurore jusqu'à la nuit, de la