Experti... et vincula et carceres. Hebr., xt
est le maître de ma vie, et la mort m'est un gain : » Voilà, n'est-il pas vrai, le dernier mot de l'espérance chrétienne, et le Vénérable ne se lassait pas de le répéter, dans sa prison, tandis qu'il s'attendait chaque jour à être conduit au supplice.
Ce n'est pas seulement l'espérance qui regarde la mort comme un gain et la salue avec cette sublime allégresse, c'est aussi la charité. La plus grande preuve de l'amour, au témoignage du divin Maître, c'est de mourir pour ceux qu'on aime. Le désir de donner à Dieu cette preuve suprême de son amour fut l'un des principaux motifs qui amenèrent le Vénérable en Chine. Souvent on l'avait entendu dire, en effet, qu'il y était venu dans l'espoir d'y rencontrer le martyre; souvent aussi, on l'avait entendu se plaindre de n'être pas assez promptement exaucé : il s'en prenait alors à ses péchés qui l'avaient rendu indigne d'une si grande grâce : « Si j'étais resté en Europe, ajoutait-il en jetant comme un regard de regret sur sa patrie, où l'impiété révolutionnaire' avait fait tant de victimes, j'aurais certainement versé mon sang pour la Foi ^. » Mais avant d'attester sur le gibet de Ou-tchang-fou l'ardeur de son héroïque charité, notre missionnaire devait la prouver de bien des manières durant sa vie, par sa piété surtout et par son zèle.
I. « Mihi summopere laudarunt (les témoins entendus au Hou-pé, lors des informations canoniques) vitce sanctimoniam venerabilis servi Deiy prœcipue ejus conciones, in quitus ignitis verbis amore erga Deum ac martyrii desiderio flagrare ostendebat, et pluries dicebat : « Ego Sinas « appuli curn magna martyrii spe, sed video quod, ob mea peccata, spes « mea frustrata est, quia adhiic martyrem evadere nequivi. Simansissem, « in Eiiropa, certissime sangiiinem pro catholica fide fudissem. » [Epis-