Recueil des principales circulaires, t. H, p
et se réfugièrent, les uns à la campagne chez les curés, les vicaires ou dans les fermes, d'autres à l'hôpital du Nom de Jésus; d'autres enfin, en plus grand nombre, et notamment M. Cayla, ses assistants et quelques jeunes novices et étudiants, au séminaire Saint- Firmin^.
Quels étaient, en présence d'événements si imprévus et si funestes, les sentiments de ceux qui en étaient les victimes, on peut le voir dans l'admirable circulaire^ que, peu de jours après le pillage, le 24 juillet 1 789, le supérieur général adressait aux membres de sa congrégation. Il essaye d'abord de leur représenter toute l'étendue du désastre : « La renommée, dit-il, vous a déjà porté la triste nouvelle de nos malheurs; mais le tableau qu'on vous en fait, quelque exagéré qu'il vous paraisse, est infiniment au-dessous de la réalité. » Puis, après une peinture rapide des scènes de vandalisme auxquelles nous venons d'assister, après un appel pressant à la charité de tous ses confrères, de tous les enfants de Saint-Lazare, que cette maison, aujourd'hui entièrement ruinée, « a engendrés à la Congrégation», il termine et conclut par ces lignes, vraiment dignes d'un successeur de Vincent de Paul et que le saint, croyons-nous, n'aurait pas hésité à signer : « Cependant, Messieurs et très chers Frères, instruisons-nous par ce terrible événement de l'instabilité des choses humaines, et ouvrons nos âmes aux sentiments que la religion doit inspirer aux malheureux. Soumis aux ordres d'une Providence miséricordieuse, portons avec joie la perte
1. Lettres inédites de M. Adam, du 14 juillet 17S9, loc. cit. — Cf. Mémoire cité sur la dévastation de Saint-Lazare, ap. Recueil des principales circulaires , etc.