‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 38 sur 144 · I. Recueil des principales circulaires, etc., t. II, p. i · texte numérisé non relu

I. Recueil des principales circulaires, etc., t. II, p. i

« Il y a un grand nombre d'années que les Jésuites furent introduits dans le palais de l'empereur de la Chine, en qualité de mathématiciens et d'artistes. Ils obtinrent la permission d'y bâtir une maison et une église, dans laquelle ils exercent toutes les fonctions du sacerdoce. L'accès facile, qu'ils ont auprès de l'empereur et des grands du royaume, les met en état de favoriser les missionnaires ecclésiastiques et religieux qui sont répandus dans ce vaste empire et d'empêcher souvent qu'ils ne soient maltraités par les mandarins. Depuis l'extinction de la Société, les Jésuites ne peuvent plus se procurer des successeurs. La Cour, qui regarde cette mission comme très avantageuse à la religion chrétienne, nous a envoyé des personnes très respectables pour nous proposer d'aller au secours des Jésuites et les remplacer après leur mort. Nous répondîmes à cette proposition, en faisant de très humbles représentations, dans lesquelles nous exposions qu'il ne nous était pas possible de nous étendre davantage, ayant déjà beaucoup de peine à fournir des sujets dans les maisons que nous occupons dans le royaume et hors du royaume. Nos représentations furent mises sous les yeux de Mgr de Castries, ministre de la marine. Ce ministre nous fît l'honneur de nous écrire; et, après des choses obligeantes et honorables pour la Congrégation, il ajoutait que c'était l'intejition du roi que nous fissions un effort^ et que nous ne pouvions pas nous dispenser de répondre à la confiance dont il nous honorait. En conséquence, nous jetâmes les yeux sur M. Raux l'aîné et M. Ghislain, dont la vertu et la capacité nous sont très connues. Ces deux sujets n'opposèrent aucune difficulté; ils acceptèrent avec joie

d'aller travailler au salut des infidèles jusqu'aux extrémités de la terre, regardant la proposition que nous leur faisions comme un ordre delà Providence. Tout le monde admira avec nous la générosité de leur sacrifice ^ »

Lorsque M. Jacquier écrivait ces lignes, il y avait deux ans déjà qu'il avait fait choix de MM. Raux et Ghislain, pour les envoyer en Chine. Il n'eut pas plutôt résolu, en effet, de se rendre aux sollicitations du ministre de la marine, qu'il prit toutes les mesures nécessaires pour pouvoir faire honneur, dès que le moment serait venu, aux engagements qu'il contractait. Par leurs rares aptitudes, par leurs études antérieures, MM. Raux et Ghislain étaient d'avance admirablement préparés à la mission qu'on leur confiait. Ils employèrent le temps qui les séparait encore du jour où ils pourraient s'embarquer pour l'Extrême Orient, à se fortifier dans les sciences qui leur étaient déjà familières, à acquérir des connaissances nouvelles qui, en leur donnant plus de moyens de se rendre utiles, devaient ajouter au crédit et à l'autorité de leur ministère. M. Raux, depuis longtemps versé dans l'astronomie, suivit le cours de Lalande au collège royal; il se rendit en Champagne, visita les forges, les fourneaux, si nombreux dans cette province, s'initiant à tout ce qui a trait à l'exploitation et à la fabrique du fer; il alla étudier sur place le nouveau canal de Picardie, afin d'être à même de le comparer à ceux qui sillonnent la Chine en tous sens et de porter peut-être des améliorations précieuses dans un pays où les principales voies de communication sont les rivières et les fleuves, reUés entre eux par d'innombrables canaux qui couvrent une partie

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