I. Voir pièces justificatives, n° i
de Vif, la seconde, qui depuis longues années habitait la capitale du Dauphiné.
A Varces, les ascendants paternels de François-Régis, sans être jamais sortis, semble-t-il, d'une honnête médiocrité de fortune, jouissaient d'une assez grande considération pour avoir pu contracter alliance avec une famille noble du pays. Vers le milieu du dix-septième siècle, Antoine Clet, l'arrière-grand-père du Vénérable, avait épousé demoiselle Honorade de Brunel, fille de noble de Brunel, sieur de Gognet '. Plus tard, son fils François, devenu comme une espèce de petit seigneur dans sa paroisse, acheta, du notaire royal de Varces, son banc et son droit de sépulture dans l'église de cette localité. Cette charge même de notaire royal fut acquise par l'un des fils de François, l'un des oncles de François- Régis. Il portait, comme son aïeul, le prénom d'Antoine, et avait deux sœurs et deux frères. L'aîné de ceux-ci, Claude, était prêtre, docteur en théologie, chanoine de l'église collégiale Saint-Louis de Grenoble ; il mourut en 1744, avant d'avoir pu voir et bénir le futur martyr de Ou-tchang-fou ^. Le plus jeune était le père du Vénérable ; il quitta de bonne heure son pays natal, et vint à Grenoble pour y suivre la carrière du commerce.
La famille dans laquelle il entra, en épousant Claudine Bourquy, appartenait elle-même au commerce de
I . « Comme ainsy soit qu'il y a eu contract de mariage entre sieur Anthoine Clet, marchand, et demoiselle Honorade de Brunel, fille à feu noble Jean de Brunel, sieur de Cognet... »( Transaction passée entre sieur Anthoine Clet et François Clet, son fils, du 21 juin lôyS.)
a. Son testament, en date du 26 juillet 1744, institue son frère Césaire, le futur père du Vénérable, son légataire universel et son exécuteur testamentaire.
Grenoble. Son beau-père, Nicolas Bourquy, dont il fut d'abord l'employé, puis l'associé et le successeur, était marchand de toiles. Il habitait, rue Porte-Traine, aujourd'hui Grande-Rue, une maison dont hérita la mère du Vénérable et oià celui-ci vint au monde ^ Cette maison existe encore ~ : située, au dix-huitième siècle, sur le territoire de l'éghse paroissiale de Saint-Louis, où François-Régis fut baptisé, elle se trouve maintenant comprise dans les limites de Saint-André, qui n'était alors qu'une chapelle collégiale. Comme la famille Clet, la famille Bourquy comptait parmi les plus estimables de la bourgeoisie du pays; comme elle, sans s'être élevée jusqu'à la richesse, elle devait au travail des siens une aisance qui suffisait largement aux habitudes de vie simple, heureusement conservées dans la classe moyenne de cette époque ; comme elle enfin, elle pouvait s'honorer de ses alliances : parmi les signatures mises au bas des actes de baptême ou de mariage qui composent ses archives, on rencontre tel nom, celui de Daru 3, par exemple, auquel ne devaient manquer ni
1. Le testament de demoiselle Marie-Thérèse Santerre, veuve de Nicolas Bourquy^ miarchand à Grenoble, en date du 9 juillet 1748, institue demoiselle Claudine Bourquy, sa fille, épouse du sieur Césaire Clet, marchand audit Grenoble, « son héritière générale et universelle ». — Nico las Bourquy avait acheté la maison de la rue Porte-Traine en 17 13; l'acte de vente, dressé dans l'étude de Charles Marchand, notaire à Grenoble^ est daté du i5 juillet de cette année. Devenue la propriété de Marie-Thés rèse Clet, sœur du Vénérable et l'aînée de tous les enfants de Césaire Clet, cette maison fut revendue par elle le 17 mars 1793.