I. En 1818, deux ans avant la mort du vénérable Clet
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conscriptions administratives, la première passe pour avoir cent vingt-cinq lieues de long et soixante-dix de large, et la seconde la même longueur sur une largeur de cent lieues *, et que, depuis la mort de notre martyr, l'autorité religieuse a successivement érigé, dans l'ancien Hou-kouang, cinq vicariats apostoliques, dont trois sont compris dans le Hou-pé et deux dans le Hou-nan ~. Encore le zèle et l'activité de M. Clet et de ses confrères ne devaient-ils pas se contenir dans les limites que nous venons de tracer : la province voisine du Ho-nan était un autre champ qu'ils avaient aussi à cultiver, champ bien vaste également, puisque sa superficie est d'environ dix mille lieues carrées. Si, pour les Chinois, le Hou-kouang est le grenier de l'empire, le Ho-nan, qu'ils appellent, à cause de sa position au centre de leur pays, « la Fleur du Milieu », est à bon droit regardé par eux comme le jardin de la Chine, de même que, pour nous, la Touraine est le jardin de la France. En parcourant les riantes et fertiles campagnes du Ho-nan, couvertes de gras pâturages et de riches moissons, parsemées de fleurs et d'arbres à fruits, on croirait se promener, en effet, dans les allées et au milieu des parterres d'un parc immense.
1. Voir du Halde, Description de l'Empire chinois, t. I, p. i83 et sq. Grosier, Description générale de la Chine, p. 52 et sq,; Malte-Brun, Précis de la Géographie universelle, t. V, p. 174.
2. En i856, le Hou-Kouang, érigé en vicariat apostolique depuis i838, fut d'abord divisé en deux vicariats distincts, celui du Hou-pé et celui du Hou-nan; en 1876, le Hou-pé fut subdivisé en trois vicariats : le Hou-pé septentrional, le Hou-pé oriental et le Hou-pé occidental ; en 1879, le Hou-nan fut subdivisé en deux vicariats : le Hou-nan septentrional et le Hou-nan méridional. Voir, dans les Missions catholiques an 26 juin 189 [, le travail de M. Louvet, de la Congrégation des Missions étrangères de Paris.
Mais, au sein de ces fécondes et opulentes contrées, nos missionnaires n'avaient pas souvent sous les yeux le spectacle du luxe et de l'abondance. C'est bien pour évangéliser les pauvres que Dieu les avait envoyés dans ces riches provinces de la Chine : « Nos chrétiens, écrit M. Clet à son frère, sont presque tous pauvres ; la plupart de leurs maisons sont des chaumières percées à jour de tous côtés. Les deux tiers au moins manquent d'habits nécessaires contre le froid assez rude de nos montagnes ; ils manquent de couvertures de lit, et sont réduits, pour pouvoir prendre quelque sommeil, à s'envelopper, pour ainsi dire, dans la paille, et pour se chauffer, à chercher dans la campagne certaines plantes sauvages combustibles; et ainsi, pendant trois ou quatre mois, chaque année. Ici, nous n'avons point de chrétiens, dont l'abondance superflue puisse suppléer à l'indigence des autres ^ »
Il n'y a guère, dans le Hou-kouang tout entier, qu'un canton montagneux et aride, du côté de l'Occident, au-dessus du lac Tong-ting. C'est là, près du bourg de Kou-tching, au milieu des rochers et des forêts, qu'était groupé le gros du troupeau, dont M. Clet partageait le soin avec M. Aubin et M. Pesné. C'est là que ces trois missionnaires faisaient leur résidence habituelle. C'est de là qu'ils partaient à tour de rôle, pour aller, à vingt, à quarante, à cinquante lieues de distance, administrer les autres chrétientés, éparses dans toute l'étendue de la mission 2. Sur cet énorme terri-