Abelly, 1. III, c. xxiv, t. III, p
servi, mais pour servir les autres, » et il ajoute : « Entrez dans cette maxime, vous comportant envers ceux avec qui vous allez demeurer quasi iimis ex illis ; leur disant d'abord que vous n'êtes pas venu pour les maîtriser, mais bien pour les servir^. » Écrivant à un supérieur de province qui, sur ce point, ne conformait peut-être pas assez sa conduite aux exemples du divin Maître, il lui raconte une anecdote qui, sous sa plume, devient une leçon transparente : « J'ai fait voyage, lui dit-il, avec trois carmes déchaussés sans avoir pu discerner quel était le supérieur, jusqu'à ce que je l'aie demandé, trois jours après que j'ai été avec eux; tant il est vrai que le supérieur vivait avec les autres avec bonté, douceur, condescendance et humilité, et que les autres vivaient avec lui avec confiance et simplicité, O Monsieur ! qui nous donnera cet esprit ^ ? » Cet esprit, M. Clet, on peut le dire, l'avait reçu en abondance; et, si l'on en juge d'après le ton qui règne dans ses lettres, il devait être difficile, en le voyant au milieu de ses confrères, de deviner, à ses manières et à son langage, qu'il était leur supérieur. En lisant ce qui nous est resté de sa correspondance avec les missionnaires dont il avait la conduite, nous n'avons rencontré qu'une seule fois ^ une parole qui ressemblât, et encore d'assez loin, à un ordre et où l'on surprît, en quelque sorte, l'accent d'ailleurs bien mitigé du comman-