Le i5 juillet
2. « A ceux qui se sont confessés et ont fait la sainte communion. »
3. « Que la très juste, très noble et très aimable volonté de Dieu s'accomplisse, qu'elle soit louée éternellement et exaltée en toutes choses. »
but, et qu'en ayant Pair de chercher, pour son propre compte, un motif de résignation dans la volonté de Dieu, M. Clet n'ait pas eu aussi en vue d'exhorter son confrère à s'y soumettre en toutes choses et à l'accomplir avec promptitude et générosité ? Mais il n'est pas besoin de lire entre les lignes, pour voir quelque chose de plus qu'un simple regret et un simple vœu, dans la lettre suivante, où le Vénérable revient encore sur les trop fréquentes absences de M. Paul Song, et lui rappelle ce qu'exigent, à ce sujet, l'édification de ses confrères, les désirs de ses supérieurs, sans se départir toutefois, dans la forme, de ces ménagements et de ces précautions, de cette douceur et de ce respect, si fort recommandés par saint Vincent de Paul, qui voulait que, même en redressant les torts d'autrui, « on usât toujours de prières et de paroles amiables, et jamais de mots rudes et impérieux* w.
(c Honoré Monsieur et très cher Confrère 2,
« La grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ soit toujours avec nous.
« Votre lettre m'a causé tout ensemble de la joie et de la peine : la joie vient de ce que votre santé est bonne ; la peine, de ce que votre retour est encore
1. Abelly, Vie de saint Vincent de Paul, 1. III, c. xxiv, t. III, p. 482.
2. L'original de cette lettre est en latin et ne porte pas de date. Voici le texte de la partie que nous en avons traduite : « Révérende Domine et carissime Confrater, Gratia D. N. J. C. sit sempernobiscum. Epistola Dominationis suae me affecit gaudio simul et mœrore : gaudium provenit ex eo quod bene valeas; mœror autem ex eo quod reditus tuus adhuc difïeratur usque ad sextam lunam. Jam enim elapsi sunt octo menses a tempore profectus tui pro provincia Ho-nan, ubi adsunt circiter CGCC confessiones ; porro, pro audiendis GGGG confessionibus non
différé jusqu'à la sixième lune. Huit mois, en effet, se sont déjà écoulés depuis votre départ pour la province du Ho-nan, où vous attendaient environ quatre cents confessions ; or, pour entendre quatre cents confessions, huit mois ne sont assurément pas nécessaires. Aussi, voyant que vous tardiez tant à revenir, j'avais craint que vous n'eussiez contracté quelque maladie, A coup sûr, je ne vous accuse pas de paresse ; mais je présume que vous avez entendu plusieurs fois les confessions de quelques districts, sans faire attention que, tandis que vous rompez le pain avec prodigalité à certains chrétiens, il y en a beaucoup d'autres qui meurent de faim, parce qu'il ne se trouve personne pour leur donner à manger. Les trois districts voisins de Tche-yuen-keou n'ont pas été administrés depuis
requiruiitur certe octo menses. Unde videns tui reditus dilationem, timui ne aliqua laborares infirmitate. Caeterum non pigrum te judico, sed prassumo te pluries audivisse aliquorum districtuum confessiones, sed non attendis quod, cum plurimis christianis magis abundantem panem fregis, multi sunt christiani qui famé pereunt, quia non est qui eis panem frangat. Très districtus vicini Tche-yuen-keou, qui a tribus annis non fuerunt administrât! ; duo alii parum remotiores a quatuor et plus annis; alii omnes a duobus annis. Rogo igitur te ut, quam primum poteris, redeas. Mea autem non est intentio ut, ad accelerandum tuum reditum, perfunctorie ministerium tuum impleas ; sed ut, completo tuo officio, non interposita mora sub diversis prastextibus, quos tibi suggerere possunt christiani, et eorum suasionibus variis sub specie boni, iter ad reditum tuum suscipias ; et hsec est intentio domini Superioris nostri, mihi ab ipso expresse manifestata, ut tempore aestivo, quo prae nimio calore labor suspenditur, in eodem loco omnes nos coadunemur ad tractandum de rébus tum ad animam nostram tum ad missionem pertinentibus. Gonsequenter ad hanc dispositionem, quam necessariam judico, non possum consentire ut vadas dom.inum Carolum Yang visitaturus. Ego desidero videre faciem tuam et os ad os loqui : quando autèm hoc fiet, nisi in feriarum nostrarum tempore, quas in his regionibus calidis cum aestate concurrunt... »
trois ans ; deux autres, un peu plus éloignés, depuis quatre ans et davantage ; quant à tous les autres, il y a deux ans qu'ils ne l'ont été. Je vous prie donc de revenir, le plus tôt que vous pourrez. Cependant, mon intention n'est pas de vous voir, pour accélérer votre retour, vous acquitter d'une manière superficielle de votre ministère. Ce que je désire, c'est que, votre travail une fois terminé, sans différer sous les divers prétextes que ne manqueront pas de vous suggérer les chrétiens, sans vous laisser arrêter par leurs instances, fondées sur le bien apparent que vous pourriez faire au milieu d'eux, vous vous mettiez en route pour revenir ici. C'est aussi l'intention de M. notre Supérieur, qui m'a expressément marqué que, pendant l'été, alors qu'il faut suspendre le travail à cause de la trop grande chaleur, nous devions nous réunir ensemble, pour traiter de matières qui intéressent soit notre sanctification personnelle, soit l'administration de la Mission. En conséquence, et pour me conformer à cette instruction, que je regarde d'ailleurs comme nécessaire, je ne puis consentir à ce que vous alliez rendre visite à M. Charles Yang. Je désire vous voir face à face et vous parler cœur à cœur. Or, quand le pourrai-je, si ce n'est au temps des vacances qui, dans ces chaudes régions, tombent en été... ? »
Malgré ces vives et persévérantes instances, le Vénérable ne remporta pas encore une victoire complète. Un autre aurait laissé quelque peu entamer, à la longue, ou son zèle pour la règle ou sa patience envers le coupable. On ne vit fléchir ni la fermeté ni la douceur de M. Clet. Aux prières, aux avertissements, il
va faire succéder comme un commencement de reproche. Ne dirait-on pas qu'il écrivit sous la dictée même de saint Vincent de Paul cette lettre, inspirée par la plus ingénieuse et la plus prudente charité, où il ne se plaint pas lui-même ni en son propre nom, où il se fait seulement l'écho des interprétations fâcheuses auxquelles ont pu donner lieu les perpétuelles absences de son cher et peu docile correspondant * :
« Monsieur et très cher Confrère,
« La grâce de Notre-Seigneur soit toujours avec nous.
« Comme vous ne me aites rien de votre santé, je présume qu'elle est rétablie, et je m'en réjouis. J'aurais bien désiré que vous pussiez revenir à la résidence avant la fin de la huitième lune, parce que votre retour, retardé jusqu'à cette époque, sera probablement cause que vous ne trouverez à la maison que M. Dumazel. Alors, je serai parti pour le Ho-nan, M. Ho pour la plaine, et probablement M. Chen pour le Kiang-si, si sa santé le lui permet : au reste, nul n'est tenu à l'impossible. Je vous prie toutefois de revenir le plus tôt que vous pourrez, parce que M. Dumazel n'est pas encore assez au courant de la langue, de manière que les extrêmes-onctions seront pour lui d'un grand poids, aussi bien que certaines confessions nécessaires, qui arrivent assez souvent à Tche-yuen-keou. Je vous dirai à basse voix que tout le monde ici est fort étonné de votre longue absence, et je vous excuse sur la faiblesse de votre santé. Il me semble, sauf meilleur avis, que, même pen-