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de ses confrères français, et se plaignait à son tour de n'en être pas toujours compris, quand il leur écrivait en leur langue ^. Mais lui arrivait-il, par suite de cette connaissance imparfaite du français, de prendre mal à propos ombrage d'une phrase interprétée à faux, avec quel charitable empressement, avec quelle cordialité pleine de bonne humeur, M. Clet ne se hâtait-il pas de le désabuser et de dissiper son erreur ! Un jour, M. Clet communique à ce bon missionnaire une lettre de M. Lamiot, où il était question d'un ancien élève de l'école des montagnes du Hou-kouang, autrefois envoyé à Pékin par le Vénérable et dont le caractère et la conduite avaient donné lieu à de graves reproches. M. Song s'imagine que c'est de lui-même qu'il s'agit, et l'on devine quelles alarmes il dut concevoir et manifester à M. Clet, qui prit aussitôt la plume et lui répondit : « Il est juste et important que je me hâte de vous désabuser d'une erreur où vous a jeté une phrase de la lettre de M. Lamiot, que vous n'avez pas comprise. Relisez avec attention le texte cité et vous verrez clairement qu'il ne s'y agit point de M. Paul Song, mais d'un jeune homme de Han-keou, nommé François Liéou, envoyé par moi à Pékin, il y a environ quatre ans, sous le titre d'élève de notre Congrégation et que l'on renvoie à cause de sa paresse, de son inapplication et de son inconstance. M. Lamiot, le voyant impropre pour l'étude, a essayé de l'appliquer à quelque ouvrage manuel, verbi gratia : l'horlogerie ou l'imprimerie; mais il a montré la même
I. Dans une lettre sans date de M. Song à M. Clet, la seule qu'on ait conservée de lui, ou du moins la seule qui se trouve au secrétariat de la maison mère de la Congrégation de la Mission, on lit cette phrase : « Jusqu'à quand vous ne comprenez pas (sic) ma langue française? »
insouciance; en conséquence, on le renvoie bêcher la terre. Lisez donc, et riez avec moi de votre erreur. Gomment avez-vous pu me croire assez indiscret pour vous donner à lire une lettre qui contiendrait des plaintes contre vous? D'ailleurs, M. Lamiot est trop persuadé combien vous êtes cher à M. Ghislain, pour entreprendre de vous blâmer d'une manière si dure et si impertinente... ^ »
D'autres fois, M. Song, faute d'avoir saisi le vrai sens des paroles de son supérieur, lui prête soit des exigences, soit des sévérités de jugement, qu'on s'étonne de le voir imputer à un esprit si large et si naturellement porté à interpréter toutes choses en bien. « Vous me dites, lui écrit le Vénérable, le 19 novembre 1807, que j'exige que vous me consultiez sur l'achat des provisions de notre maison : permettez-moi de vous dire qu'en cet article, vous n'avez pas compris le sens de ma lettre. Je suis trop éloigné de notre résidence pour prétendre que vous ne fassiez rien sur ledit achat des provisions sans recourir à mon conseil. » Deux ans plus tard, le 17 février 1809, M. Clet se voit obligé de nouveau de détromper son ombrageux confrère; cette fois, pour être plus sûr d'être compris, il aura recours au latin; car, de son propre aveu, il ne sut jamais écrire en chinois 2 : «Je suis dans la nécessité de vous écrire en