I. Michelet, Histoire de France, 1. III
2. Antoine Clet, notaire royal de Varces, épousa Agathe Allegret, de Voiron, de qui il eut cinq enfants : Agathe-Angélique, Jean-François, Claude, Gaspard, qui fut religieux augustin, et François-Alexis. (]e dernier succéda à son père comme notaire royal et épousa, en 1770, sa cousine germaine, Françoise-Julie Clet, sœur du Vénérable.
3. Magni proculdubio viri etinter prcecipuos numerandi. Jean de Salisbury, Policraticiis, \. VII, c. xxni. — Un autre écrivain du même siècle, que son âge rapprochait davantage du fondateur de la Grande-Chartreuse, Pierre le Vénérable, né vers 1080^ fait aussi le plus grand éloge
durent être plus d'une fois occupées par le récit de la vie de Bruno de Cologne, de Landuin de Lucques, en un mot de ces sept étoiles que Hugues, le pieux évêque de Grenoble et leur digne émule en sainteté, avait vues en songe et dont il fut si heureux d'enrichir son diocèse. Sans doute, à côté de son frère François, qui sentait s'éveiller en lui sa vocation de chartreux, à côté de sa sœur Anne, la future carmélite, qui devait prendre en religion le nom de Constance de Saint-Bruno, François-Régis n'était pas alors le moins attentif, et son cœur, naturellement porté aux graves et religieuses pensées, sut bien vite comprendre et admirer ces héros de la vie contemplative et du renoncement chrétien, dont le souvenir semble, en quelque sorte, remplir et dominer toute cette contrée, comme l'imposant massif de rochers, qui abrite leur postérité, surmonte les hauteurs voisines et commande tout le pays au nord de Grenoble.
Cependant, François-Régis grandissait. A l'influence de la famille et du pays natal vint s'ajouter, pour l'entière formation de son esprit et de son cœur, l'influence du collège. Où fit-il ses études? Une tradition, très vivante encore aujourd'hui dans toutes les branches de sa respectable famille ^, veut qu'il ait été l'élève, et l'un des plus brillants, des Pères de l'Oratoire. Mais l'unique collège que possédât alors Grenoble, n'était pas entre les mains des oratoriens : il appartenait aux jésuites,
de saint Bruno et de ses compagnons, en deux endroits de ses écrits, dans ses lettres, 1. VI^ épître xxiv, et dans son traité de Miraculis, 1. Il, c. sxviii.
1. Le fait nous a été certifié, à plusieurs reprises, par M. Emile Clet, petit-neveu du Vénérable, mort le 27 juillet 1890.
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lesquels, en lyôS, après l'édit du Parlement de Paris qui les dispersait et les expulsait de toutes leurs maisons de France, et l'arrêt du Parlement de Grenoble qui leur interdisait l'enseignement dans son ressort i, eurent pour successeurs, dans cet établissement, des prêtres séculiers, désignés par l'évêque et relevant de son autorité. C'est là, nous le savons de science certaine-, que plusieurs des frères et des cousins germains du Vénérable firent leurs classes. Faut-il donc entièrement abandonner cette tradition de famille, pourtant si affirmative? Nous ne le croyons pas. Aucune preuve décisive ne vient, à la vérité, la confirmer; mais nous n'envoyons pas non plus qui la puisse formellement contredire. Les oratoriens, au dix-huitième siècle, dirigeaient, à Grenoble, non pas le collège, sans doute, mais le grand séminaire 3, et de plus, en dehors de la ville, à la campagne, le petit séminaire de Saint-Martin-de- Miséré*. Admis, à vingt et un ans seulement, parmi
I. Voir, pour ce qui concerne la suppression des établissements des Jésuites en Dauphiné, et en particulier de leur collège de Grenoble, la Question de l'enseignement public en France, par Albert Desplagnes, Paris, Oudin frères; Grenoble, Baratier et Dardelet, p. iib et sq. — C'est le 21 mars 1763 que le Parlement de Grenoble rendit un arrêt qui faisait « défense aux Jésuites de continuer aucunes leçons publiques ou particulières de théologie, philosophie et humanités dans le ressort». Ibid., p. i3o.
2. Mgr Bellet a retrouvé leurs noms sur un registre de la Congrégation de la Sainte Vierge du collège des Jésuites de Grenoble. Vie du vénérable serviteur de Dieu François-Régis Clet, c. i, p. 10.
3. Voir Lettres du cardinal Le Camus, par le R. P. Ingold ; Paris, Alphonse Picard, 1892, lettre LVI, p. 117, tt passim. — D'après la lettre CXXIII du même recueil, p. 262, les Oratoriens auraient eu un moment la pensée d'établir un petit collège dans une maison bâtie par le cardinal et qui reçut une autre destination.