S. Grég., homil. 3o in Evang
assez considérable, on peut encore déchiffrer les phrases suivantes : « Qu'il suffise aux missionnaires d'être tout entiers à l'œuvre de Dieu, de s'y porter de tout l'élan de leur cœur, de mettre leur plus grand bonheur à gagner des âmes à Jésus-Christ pour les offrir à Dieu comme autant d'hosties agréables, en attendant qu'ils puissent les lui représenter, devant la cour céleste, comme les gages de leurs mérites ; et, ils ne seront pas privés de leur récompense en cette vie : car les missier.naires fidèles ne jouiront pas seulement d'une paix et d'une tranquillité plus grandes, qui consistent dans le témoignage de la conscience; mais ils seront aussi environnés de la protection de Dieu dans l'adversité, et comblés, dans leur âme, des biens célestes. Que les richesses du salut, la sagesse, la science et la crainte de Dieu soient tout votre trésor ^ »
La seconde circulaire a été plus épargnée par le
se senserint missionarii ministerium sibi traditum multis peccatis înquinasse, rubox'e suffisi ac D. N. J. Cet apostolicorum virorum exemplo convicti, studeant emendare in melius quod insipienter gesserunt, plorantesque ante Dominum, quia multum misericors est dimittere peccata nostra Deus noster, induamus tandem nos omnes, sicut electi Dei, sancti et dilecti, viscera misericordias, benignitatem^ humilitatem, modestiam, patientiam *. Debemus siquidem nos firmiores infirmorum imbecillitatem sustinere et non nobis placera**. »
I. « Ipsis satis sit in hoc totos esse, ad hoc toto impetu ferri, in hoc maxime conquiescere ut Christo Domino lucrifaciant, totidem hostias Deo, totidem pignora suorum meritorum in cœlesti aula repraesentaturi ; nec a suo in hac vita praesenti frustrarentur emolumento : fidèles enim missionarii non modo plus pacis et tranquillitatis quod in conscientiae testimonio consistit, forent consecuturi; sed etiam divina protectione contra adversa, cœlestibusque afFatim ditarentur bonis. Divitiae salutis, sapientia et scientia, timor Domini ipse sit thésaurus tuus. »
*. Col., III, 12.
**. Rom., XV, I.
temps, et, sauf quelques lacunes de peu d'importance, nous en possédons le texte tout entier. Nous voulons, malgré sa longueur, la reproduire ici sans en rien omettre : les avis, les instructions qu'elle renferme, sont autant d'indices précieux sur le régime intérieur de ces missions, si sagement administrées, et font revivre, pour ainsi dire, sous nos yeux ces chrétientés où, grâce au prévoyant et zélé supérieur, rien n'était oublié pour développer l'instruction des fidèles, nourrir leur piété, corriger les abus qui avaient pu se glisser dans leurs rangs, pourvoir enfin aux besoins du troupeau, en l'absence du prêtre, comme aussi pour maintenir l'unité d'action parmi les missionnaires ou pour assurer le succès de leur ministère en aidant à leur sanctification personnelle :
« Très chers et très vénérés Confrères ^,
« La grâce de Notre Seigneur Jésus-Christ soit toujours avec nous.
« Un triple lien est difficilement rompu ^. » Ces paroles du Saint-Esprit nous montrent, en un langage figuré, que la concorde et l'union des esprits sont:l^|fi moyen le plus sûr et le plus efficace pour mener toutes les entreprises à bonne fin. A cette maxime répondent nos propres règles (ch. xii, paragr. 7) : « Tous, et chacun en particulier, s'efforceront, autant « qu'il sera possible, de s'accorder toujours dans la doc- « trine, dans les discours, dans les écrits, en sorte que, « selon la recommandation de Tapôtre, nous ayons tous
. I. Voir le texte latin de cette circulaire à l'appendice, n» 12. 2. Eccl., IV, 12.
« une même mani ère de penser, de sentir et de parler. » Mais si cet accord des esprits est nécessaire en toute espèce d'affaire, à plus forte raison l'est-il dans les œuvres surnaturelles, qui ont pour but le salut des âmes, dont la conduite est appelée par saint Grégoire «l'art des arts». Mais pour obtenir cette concorde, sans laquelle nos brebis elles-mêmes seraient divisées, et, suivant chacune leur inclination naturelle, s'attacheraient à un prêtre plutôt qu'à un autre, et diraient comme dans la primitive Église : « Moi, je suis à « Paul ; moi, je suis à Apollon; moi, je suis à Céphas^; » il m'a paru bon, pendant que je suis encore en vie, et avant que la mort, qui s'approche à grands pas, ne me retire de ce siècle pour me faire comparaître devant le redoutable juge, qui me demandera compte de mon administration, il m'a paru bon de donner à mes confrères, dont le soin m'a été confié malgré mon indignité et ma résistance, quelques avis, afin que nous soyons tous d'accord et unanimes en ce qui regarde le gouvernement de nos brebis, et qu'elles ne forment ainsi « qu'un seul troupeau », comme il n'y a « qu'un « seul pasteur 2 » qui est Notre Seigneur Jésus-Christ. Mais comme cette lettre s'étendrait à l'infini si elle devait comprendre tout ce qui est nécessaire pour maintenir entre nous une entière uniformité, je me bornerai à mentionner quelques pratiques qui m'ont semblé tout particulièrement propres à réchauffer la piété, à extirper l'ignorance, à exciter le zèle des chrétiens pour le baptême des enfants des infidèles, à abolir enfin