‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 94 sur 144 · C'est-à-dire les missions des provinces de l'intérieur · texte numérisé non relu

C'est-à-dire les missions des provinces de l'intérieur

précédemment citées, et dans lesquelles le Vénérable trace les règles de conduite que M. Song et ses confrères auraient à suivre au cas où la persécution s'élèverait dans leurs parages; et l'on dirait, à l'entendre, que déjà il se croit à la veille des épreuves contre lesquelles il cherche à prémunir son correspondant. Au surplus, cette forme allégorique dont il enveloppe sa pensée, et que nous rencontrons ici pour la première fois sous sa plume, ne suffirait-elle pas à nous révéler ses appréhensions, à nous montrer que la situation des chrétientés de la Chine avait encore empiré depuis les derniers événements de Pékin? Les missionnaires devaient se tenir plus que jamais sur leurs gardes, redoubler de circonspection dans leur correspondance comme dans l'exercice de leur ministère, et, de peur de provoquer les ombrages et d'attirer sur eux les rigueurs de leurs ennemis, ne s'entretenir qu'à mots couverts des intérêts €t de l'état de leur troupeau. Nous retrouvons les mêmes formes de langage dans une autre lettre que M. Glet écrivit, sans nul doute, vers le même temps, et qu'il adresse à M. Richenet. Après avoir parlé de la maladie, dont il sortait à peine, et de la récente et si opportune arrivée de M. Dumazel au Hou-kouang, il fait, toujours sous le voile de l'allégorie, un dénombrement, pour nous bien intéressant et bien instructif, des chrétientés de sa vaste mission et des fidèles qui les composaient.

« Monsieur et très cher Confrère,

« La grâce de Notre-Seigneur soit toujours avec nous.

« Nous voilà donc enfin au bout de nos souhaits. La Providence, à laquelle vous vous confiez absolument, a si bien dirigé toutes vos démarches, que la marchandise, dont nous avions si grand besoin", est arrivée à bon port, sans avoir souffert aucun dommage dans une route si périlleuse et si longue. Cette nouvelle marchandise d'un pays lointain nous était d'autant plus nécessaire, que celle qui nous reste du même pays^ est presque surannée et a failli même à vous manquer inopinément avant l'arrivée de la nouvelle; et alors, c'aurait été un grand déficit pour notre commerce, qui ne se soutient bien que par le mélange de la marchandise lointaine avec celle du pays ^. A Dieu grâces immortelles, et à vous sincères et affectueux remerciements de vos soins et de vos peines! Persuadé comme vous êtes que l'objet qui vient de nous arriver n'est pas encore suffisant, je suis persuadé et j'espère que vous profiterez de la première occasion pour nous en procurer encore du même genre, en faisant usage, s'il est possible, du même conducteur qui me paraît bien propre, intrépide dans le danger et au fait des bonnes routes non infestées par les brigands. Je lui ai donné une récompense à souhait; de sorte que je le crois disposé à vous prêter la main dans le besoin. Il m'a même dit que nous pourrions nous dispenser d'envoyer des hommes de chez nous pour aller chercher la marchandise à l'endroit où elle est déposée, ce qui me mettrait bien à l'aise, parce que nous n'avons que des hommes

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