‹ Vie du Bienheureux François-Régis CletChapitre 99 sur 144 · Abelly, Vie de saint Vincent de Paul, 1. III, c. xxii · texte numérisé non relu

Abelly, Vie de saint Vincent de Paul, 1. III, c. xxii

délicate, et avoir besoin de beaucoup de ménagement. Cependant, il est fort ardent et a bien plus besoin de bride que d'éperons : il voudrait aller toujours au galop ; s'il est arrêté dans sa course, il s'attriste et tomberait aisément dans la mélancolie. Je lui ai fait des remontrances là-dessus, par l'exemple des opérations mêmes de la grâce qui sont lentes, quoiqu'elles soient dirigées par la Toute-Puissance même : à plus forte raison, nous qui n'avons que ce qu'il plaît à Dieu de nous donner. » Son incroyable activité naturelle se Joignait à l'ardeur de son zèle, pour lui interdire tout repos. Le souvenir de son amour du travail lui survécut longtemps au Ho-nan. Il était mort depuis plus de trente ans, lorsque Mgr Baldus, vicaire apostolique de cette province, disait de lui * : « M. Dumazel était un ouvrier infatigable; il prêchait et parlait souvent contre l'oisiveté comme étant la reine de tous les vices; et, pour mettre l'exemple à côté du précepte, il était toujours utilement occupé, et, ne pouvant constamment être appliqué au travail de l'esprit, il se livrait aussi à certains travaux manuels, utiles soit pour la chapelle, soit pour la maison. » Plus encore que ses excessives fatigues et ses souffrances physiques, les peines intérieures dont il était sans cesse tourmenté semblent avoir usé promptement ses forces. M. Clet disait « qu'il lui donnait à lui seul plus de mal pour le diriger que toute la province du Hou-pé^ ». Son zèle, on peut le dire, l'accompagna jusque entre les bras de la mort.

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