‹ Vie du cardinal de Cheverus, archevêque de Bordeaux (volume 2)Chapitre 11 sur 12 · partie du i.i .f, i : is du di . > , . . i · texte numérisé non relu

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de ligne ôt de la garde nationale qui rivalisaient de zèle pour procurer l'honneur et la décence de la cérémonie; et partout sur le passage la foule paisible , silencieuse , témoignait par sa morne altitude, ses regrets, son respect et son amour. Il y eut un moment surtout où d'indicibles sentiments saisirent toutes les âmes; ce fut lorsque le convoi arriva à ce même chemin par lequel, quatre mois aupavant , M. de Cheverus , faisant son entrée solennelle à Bordeaux, revêtu de la pourpre romaine, avait été conduit en triomphe au m.ilieu de mille cris d'allégresse. Le rapprochement de tant de joie avec tant de douleur , de tant de gloire avec un cercueil, présentait un contraste déchirant , et tous les cœurs étaient navrés ; les angoisses du présent s'accreîssaient de lous les souvenirs de la félicité passée. De retour à la cathédrale, après les prières et les cérémonies accoutumées pour les défunts , on déposa les restes vénérés dans le caveau principal de l'église, Mais cette sépulture ne fut que provisoire; dés les premiers instants tous les esprits et lous les cœurs conçurent le projet delever dans la calhédrale un monument insigne pour recevoir des dépouilles si chères. Aussitôt une commission fut nommée pour en poursuivre et surveiller l'exécution , une souscription ouverle pour faire face aux dépenses et des dons généreux déposés. De Bordeaux, la lugubre nouvelle de celte mort vola bienlôt à Moniauban ; et là , comme à Bordeaux, on pleura le père, l'évêque, l'ami de lous. Rien de plus touchant que la lettre pastorale où W. Je Trélissac exhala sa douleur et la douleur commune du clergé et du peuple.

« Vous savez , N. T. C. F. , dit l'éloquent prélat , le coup qui vient de frapper notre cœur. Ah! nous avons trop vécu, puisqu'il nous faut survivre à l'illustre ami que nous nous étions flattés de laisser longtemps après nous , brillant du double éclat des vertus et des dignités.

« L'Eglise de France a perdu une de ses gloires, l'épiscopai une lumière . le clergé un modèle , la métropole de Bordeaux sa couronne , les orphelins ont perdu un itppui , les pauvres une providence; vous avez tous perdu

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