un .imiiM-ni on
Cette Ame forte <^tait toujours • et ne conn.iiN»oil de repos qnp |. .miu »;
Ainsi , quand il rinil fali^'H* «l»-- . il m» f'
l'élude de rantiquile. ' les \i\ Uiigtictil .
» disail-il , je \jens nu vr avec ..^ ;,. us.»
Atec un si scvcre emploi du femps. on conçoit loates les
< !•* que le t.i ' : ' t • ; et on le .
aitenlion que sa mémoire eiaii \rainient \ ce
qu'il lui avait une foisco'-'- • Mo le retenait jM..,i . .<,j.Mèrs; c'était roiiime une hil> ■ \i\niite où chaque cliusc
• t projHo les
< :\ait hesfin.
^ousavonsdeJa vu,dnn!» le premier livre, jusiiu'a quel de^ro
el !..
rien dr rrllc fjriiili- «l lir rr itt 1
qu'il disait d'jptf» •••'"" MMis ^j.j . -
ton. que ft'il avait u <vivie devant ipa-
î le roniprenUtc , il 1
i , n" le» pensées et !• ^ 1
arriviraicnl plus facilement dan» cette lani;ue. Le grec ne lui lUii guère moins familier qii' ' ' • ..>... fj^,
quemninii les auteurs et dan» . de
collège lu il assistait , il interrogeait vviuQ|K-r« lo dc«es
DE CUEVERITS. 2i;7
sur celte parlie de leurs éludes. Pour l'anglais , il le savait mieux que le français ; il pensait toujours en cette langue , même dans ses songes , et quand il prêchait , ce lui était un travail de traduire ses idées, qui se présentaient à lui toujours revêtues de l'idiome anglais. Il savait moins parlailement l'hébreu; toutefois, il en savait assez pour réfuter les ministres de sectes diverses qui eussent voulu tirer de cette langue des objections contre la religion. ^
La science des langues était cependant la moindre parlie de ses connaissances : sans parler des mathématiques qu'il avait enseignées en Angleterre, de l'histoire ancienne et moderne, surtout l'histoire ecclésiastique qu'il relisait souvent même dans ses dernières années , l'histoire d'Angleterre sur laquelle il avait beaucoup lu , l'histoire de France dont les faits et les époques lui étaient parfaitement présents, il connaissait à, fond, spécialemeni cette partie de la théologie qui regarde la controverse. Aux études solides qu'il avait laites en Sorbonne sur cette matière , il avait joint des éludes continuelles et approfondies pendant tout son séjour en Auiérique. La nécessité où il se trouvait alors d'affermir les catholiques dans leur croyance au milieu de toutes les erreurs qui les entouraient , de combattre l'enseignement des ministres des sectes diverses , et de prêcher même quelquefois dans leurs temples , l'avait rendu si profond dans cette parlie de la science ecclésiastique, qu'il excellait également, et à établir solidement les dogmes de notre foi , et à faire évanouir en fumée toutes les objections que l'esprit d'hérésie a inventées contre elle. Mais les deux branches de connaissances où il était cminemment supérieur , c'étaient l'Ecriture sainte et la littérature. Il ne concevait pas que les catholiques étudiassent si peu les livres saints et en connussent si peu l'histoire. 11 en faisait souvent des reproches aux personnes avec qui il était plus libre. « Vous lisez des livres frivoles , X leur disait-il , peut-être même des romans , et vous ne :ù lisez pas le pluo beau de tous les livres , la plus tou- » chante de toutes les histoires. » Ce n'était pas qu'il ne condamnai aussi haut que personne Terreur de ceux qui
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nn< îi langue grecque, il aimait ftiu-
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et premirr rang
• ' ' ro
vu quc'&a |K)Mlion à Boston lui avait (ail cctuue un devoir de be livrer a ce penre d'étude , et ton esprit diû 7 eUlC trè»-propre y a\jii |ijrlaitrmcnl réuMi. Les gnaJt ■oièles de llomc et d'Ailinic». ll>Mnore et Virgile, OéflMMikèMet Ciccron , lui Lt^unt < r\ ii en savall par c<pur
de nonibreni r:i*>s^. surtout etail pour lui
cornue un mu i r r»< rr- 1 , miU-
vent on I' .1 •••(. «ii- t.i liil<l<- , luinmc
rannisoment de resorii apre> de longs ei séricui irawuv
■I» dr <- R4(Ctt«l
ToM< i fit poÂi
riMer
DE CUEVERUSi 22i)
ii le savait presque tout entier par cœur, et, dans l'occayion y il en faisait les applications les plus heureuses et les plus spirituelles. A la science de la littérature ancienne , le cardinal joignait une connaissance peu commune de la littérature française et anglaise. Il en avait lu les meilleurs ouvrages, retenus par cœur les morceaux les plus î aillants , et toujours il continuait de lire ce qui paraissait lie plus remarquable soit en France , soit en Angleterre. Il le lisait , non avec celte légèreté d'esprit qui ne cherche qu'à repaître une vaine curiosité, mais avec cette justesse de ii,oût , celte perspicacité de vues , cette réflexion profonde qui se rend compte de tout ; qui ne se contente pas du brillant des images et de la pompe du style , mais vaut avant tout la clarté dans Texpression , le vrai , le juste et le solide dasis la pensée. De là celte sévérité avec laquelle il jugeait tous les ouvrages modernes ; il les trouvait la plupart déléclueux tant pour le fond que pour la lorme, et il avait coutume de dire que la scribomaaie de noire siècle en prouvait Tignoraiice. « Les auteurs , ilisail- 3) il , croient donner du nouveau ; et s'ils étaient plus insi) iruits , ils verraient que tout ce qu'ils écrivent a été dit 1 avant eux , et beaucoup mieux qu'ils ne le disent. Leurs y) produciions leur feraient houle , comme l'écriture d'un » enfant rapprochée de celle de son maître. » 11 avait pour lui-même ce principe , qu'un évèque ne doit se faire imprimer que le moins possible, parce que tout écrit imprimé est livré à la censure publique , et qu'il ne convient pas à la dignité épiscopale de se faire sans nécessité justiciable de ce tribunal. Voilà ce qui explique pourquoi ses mandeiiienls étaient aussi courts que rares , pourquoi lui qui pariait si souvent , écrivait si peu.
Quoique orné de toute la fraîcheur et de tout l'éclat de la bonne littérature , l'esprii du cardinal de Cheverus était encore plus riche de son propre fonds. C'était un esprit à vues larges et étendues) , qui ne se laissait pas prévenir contre une personne ou une cbose par un premier aperçu défavorable, par des rapports peu avantageux. 11 examinait lui-même toutes les faces de la c'"»'='* ""'il s'^gissaii h^
ju^*-r , ri »i au fond il j, il un bien rccl . il Tapprou-
Mtîi maigre ce qui |>ou\aii lui ilcplaire dans lirs foreurs , il l'ciMourageail mêiue lie loul !»on |HiU\oir, couimc M tout y eûl ëlë de son goût. A rdeiiduo dan> l'c^pril . il joignait la Unesftc el la ' '. un lad rare »uil jKiur ub'HT\er le» h ^ . \^ » rifle , ««> Irndances el sa marche, soil {K)ur < .! fallait dire en cljatpie circonstance : nui«>u>>'.ik il olaii aiinalile , délicat et ^rarifui , |MTM)iiiic i, niicui i|iii- lui , animer un en I enirenii-lani a proi , iie> licuteuscs; toujours &a parole elail i :•!«•. Mu> d'une f<ii> il s'est trouvé en eitprils de noire e|iu({iie i{ui M'mbl.i.
bcnce faire munlrc de leur uiénlc , cl Ui>i u a iru
remarquer que , sans le cbercUcr , le c.< ^ •*( le
dessuh, par la promplilnde cl la tiQe»»c «I ou
de» rii'artie!» , par la p ' >!an!» la |kii
pPcsMoii. Lui ailiessail-' >c«tur*« pît!»!:
répliquer !>ur-le-cbanip , il ir(»uvail ponsc la plus convenable, el la lou.
lical. cl la refliAion propre, en ra) , l'oraleiir qui l'avait liaraii^ur. \\atl i. perM,innages des plus liaiiis rangs de i> attacliail par b» parole aimable el gracieutc , quelquelais nu'ir ' > la première entrevue ; el c'est ainsi que le» ( li.i. son e>pnl lui avaient conquis partout de nom*
breux t-l puissants ami«. Knliii . avail-ii a preudrc un |uiii dati» des circunstauces dilbiilcs , m>ii esprit trop elcve pour cire aci es^iblc aux preveiiiiuns el aux préjuges . ne vuvail -même.
; < unire; i .
a lui bcul , Il pn'nail vuloniier» «.unscil ; Irup nage pour précipiter ms iléciAioiu , il le» niûrissail loujo '^ '^'t- 'taliiie de la rellexiou.
Mais quelque riMiiarquable que fûi I U %
tenailles de lOpiil , il l'eUil bien plus t... •in
ctBur. C'cuiil un cœui noble et a M>uliineob
DE CHEVERU3. 251
à toutes les petitesses de la vanité, de l'amoiir-propre, de la recherche de soi-même; un cœur généreux, empressé de faire à tous les hommes le plus do bien qu'il pouvait , et infiniment reconnaissant pour le moindre bien qu'il recevait. Il avait pour principe , que comme le bienfaiteur doit oublier le service qu'il a eu le bonheur de rendre, et ne jamais le faire sentir , la personne obligée doit au contraire s'en souvenir toujours , et montrer en toute occasion qu'elle s'en souvient réellement. Ce principe était chez lui une pratique invariable : après un bienfait donné, il paraissait la personne obligée , et redoublait d'aiieniion et de zèle ; comme après un bienfait reçu , souvent môme après un léger témoignage d'intérêt et de bonne volonté, sa reconnaissance et son affection vous étaient assurées pour toujours. De là cet empressement à accueillir et inviter à sa table tous les Anglais ou Irlandais qu'il avait occasion de voir. 0 Ce peuple , disait-il , m'a reçu avec tant de bonté, î) traité avec tant d'indulgence , que je suis heureux toutes )) les fois que je rencontre l'occasion de lui témoigner ma » reconnaissance dans quelqu'un des siens. » C'était un cœur tendre et sensible, non pas de cette sensibilité qui est de la faiblesse, qui énerve l'àme et le courage , mais de cette sensibilité qui est la tendresse de la charité, qui a fait pleurer Notre-Scigneur sur Lazare mort et sur Jérusalem inTidèle. Il n'approuvait pas ces cœurs durs, qui se font un système et comme un devoir de religion , d'cire froids dans leurs attaches, et de ne pas pleurer ceux qu'ils aiment, quand la mort ou quelque événement les en sépare. « Lu 3) religion , disait-il, n'est qu'amour; elle ne détruit pas » dans le cœur ce qui est tendre et aimant, elle ne fait que » l'épurer et le sanctifier. » Cette sensibilité alla chez lui toujours croissant , et vers la fin de sa vie les moindres choses l'attendrissaient et faisaient couler ses larmes. De là on peut conclure ce qu'il était en amitié. En lui véritablement se réalisait la parole de Fénelon, que « rien » n'est si tendre, si ouvert , si vif, si doux , si aimable , si » aimant , qu'un cœur que possède et anime une amiiié » épurée par la religion. » 11 aimait avec tant de franchi c,
^ ... .^ :^ ... , . .. ' onmictj'
i'aiiDcr : c'éuii, comoïc on Ta dit de 1 . ' •iti-
Lrai, lo ^ ' ' , ' s noblr . i la
plui êcf iNt<» «'l \u
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uieiii \< ... j ,
Ncnir se liier dan» <
CUlllllil !
jj lin de ^a vie, que dc!» noii)brcu\
le COUT!» de son eii>(t'nce, il n'en u\. kiii u • - •!
quo p.ir h m««rt ; itiu* lui «•inicul r« i uni» , r «i -
!ue enchûiàic^ (Mr luul ccqti*«>
Lue qualité burlout pi.iujildjnn le ordinal >
.iUacliJil l" ' : |j Jrani.ii'.' «If > n
«• : thei lui '!<• dej;iii*><»ii>*»nl» •• i
u .1 nx'C.'» ; li'i ou It
de(> nui» danii sa Miu,
cl • irc, il ne i>ui !>iuiiilrr u ti'awii
I tv. > ,. ,.i>ail quelque > '
^'iniK •- |ijr sj |iart)le -> >
b'il (aidait une |irute»Ulion d .m..
qiic le scnlioienl vu elaii dui»
(iail romme un b^ju rrioiui n.
voir 6on .»
i, ... ,<ur amener qu .,-.... - .....
de ic»lrtclions uienUle» ou d « Ko a^ir .f
n'ciu jautait deu\ 1 1 un |>our i •
Tauire pour In r ' •' *
le» i ho>e» fi Ji<' qu t u Iro lui ilik '.
le dcl4Ul dc »iuii licw ... . ' ^ '
de ^<*» grande vicaire» «> r uu u< il puur pro-
Ci-Z'
DE CHEVERU3. "ZOO
niulguer diverses dispositions administratives un peu compliquées, dont celui-ci avait fait une étude spéciale. Le grand vicaire s'en acquitta de son mieux, et en remettant son travail à l'arciievêque, il le pria instamment de souffrir
mandement, il n'y put pas tenir ; il lui aurait fallu supporter un éloge qui ne lui revenait pas : c Monsieur , répondit-il , » avec un sourire aimable, qui décelait la perfection de son » humilité autant que la candeur de son âme-, de tous mes. » mandements celui-ci est le seul que je n'aie pas fait, et » c'est le seul pour lequel j'aie reçu des éloges. » Ce même esprit de franchise présidait î\ tous les actes de son administration ; jamais ni ruses, ni.biais, ni détours; tout s'y faisait à découvert et sans voies cachées : il disait franchement à l'un les difficultés du poste où il l'envoyait, à l'autre les reproches divers qu'on avait à lui faire. Ce même esprit se faisait remarquer jusque dans sa conduite privée et personnelle : jamais, ni dans la piété, ni en quoi que ce soit, il n'empruniaitrappartiiced'unsenlimeniqu'iln'avaitpas :«Je » parais ce que je suis, disait-il, et je lâche d'être ce que je dois paraître. »Uu jour on le félicitait de ce qu'aucun des bâtiments voisins de l'archevêché n'avait vue sur son jardin : c( Peu m'inipoite, répondii-il, je n'ai pas deux manières » d'agir, l'uiiC quand les hommes me voier.t, l'auire quand » ils ne me voient pas ; je lâche de ne rien faire en parlicu- » lier que je ne pusse faire en public, et même de ne n rien penser que je ne pusse dire tout haut si cela élait D opportun. »
Après cela, il n'y a pas lieu de s'étonner qu'il ait été si humble et si modeste : l'humilité chrétienne est la franchise de la vertu, et l'homme n'est orgueilleux que parce qu'il ne veut pas s'avouer à lui-même la vérité de son néant et de sa misère; de son néant puisque tout ce qu'il a est un don de Dieu qui peut lui être enlevé à chaque instant; de sa misère, puisque tant de penchants au mal contre lesquels il f.uii sans cesse combattre pour être vertueux . ini révAipm
^'A ▼« M CAIM5AL
qu'il es{ un être dégradé qui ne peut •'«Mffnillir un« m
i-méflie. T ' ' I ' venMl*aTOOail Tran-
i •uietoe&< > péoéiré qu'il a\.iit
de liii-mémc le» MTOliiuriilslc!» plui» humble*» cl les plus aia-
ile>les. Il ne se uietuil dans sa propre .-•■■■•• ■•■ ' > do
pfTsniiiti* ';)il iiKinde, pa«k IIUMIIP .lU-di L'I
drv ' -
»* li , i .. ^ .
ai »ieur& d'en Ire eui 6eron( un Jour plut • >i devjnl hiou; » pas même au deN<- : )c'cla-ut», puiccque ajou(uil-il,«)(ii « sji 1. devenu;» saii;» la gruce de Duii' |)i'hi
» fail pi» encore. • Il cuirait hutluul u...: .
(l'une liuniitiié profonde, toute» le» foi» qu'il ti^
ttiai^ons d'aliéné» qtii élaienl d.tii i
t> parmi ccux-la, di>ail-il , des li«>
k coup d'e»pril cl de connai^^twinee»; loul cela Icuraeio
h enlevé dans un in>(ant, cl il peut nou» en arriver a ni. mt
» à null^•mé•ne^, au moment que nous y |nmis4toii.\ U- m i.h^.
» Coinmenl âpre» ('el.i peut-on »'eti l
» ou de M science? y 11 e»timjil \»- . ^
rai>on ki ftujelle à errer , cl aiuiaii mictii s
I,, '. ! • lie (oi .
i . , . . on lui
curiu» ni}>^ N de notie religion, il n i en
fumier lu (••'• u ur par de» eiplicalion^ ...... t
hasardée»; il le» adorail humblemeiil cl no liait l> même, en leur rediikant le m- ^ ' li itiudu , $cut atilem ftoàtca : • y
9 ne couiprenex )»a» maintenant, vous le com|»reiidni plus » tard : ce que «out croyei icI-Ims. vou» le verrez dan» m l'elernilé. »
A^ee de»HMiiimenls ^i li le concevoir
combien la conduite du t.... ., «..,; . .. ..^nce de tout
la«>ie cl de toute preienliun Jamai» on n'a vu eu lui l'ombri*
i d'aniou .
I ■ i«le beii'
profonde, une modoiie si eiuniunic, qu'il avail besoin d eiru
DE CHEVERUS. 25o
consolé et encouragé. Quand il parlait de lui-même, c'était dans des termes de confusion et d'humiliation; il recommandait aux prières sa pauvre personne , le pauvre archevêque : et la manière si humble, l'émoiion avec la([uelle il disait ces choses, prouvaient qu'il parlait du fond du cœur. Quand il était à la télé de son clergé rassemblé pour les retraites pastorales , il semblait avoir honte d'élever la voix au milieu de ses prêtres; il se regardait comme le dernier de tous, et empriMilant la célèbre parole de l'évcque d'Hippone, a Je sais, disait-il, que Jérôme vaut mieux qu'Au- » guslin, je ne me fais point illusion à moi-même; mes » frères , mes bien-aimés , soutenez ma faiblesse , j'ai besoin » de votre appui pour ne pas tomber dans le décourage- » ment.» Quanlo infirmiores sumus , tanlo his pluribus indicjcmus (1). Les larmes et l'aliendrissement de tout le clergé accueillaient des paroles si humbles, et on admirait comment il mettait nierveilleusement en pratique l'avis de l'Esprit saint : « Etes- vous en dignité au-dessus des autres, » ne vous en élevez pas ; soyez au milieu d'eux comme l'un » d'eux : Reclorem te posuerunt, noli exlolli; esto in illis 7> quasi uniLS ex ipsis (2). »
Le cardinal de Cheverus faisait plus encore, il supportait les injures et les ofïenses coainie si ce n'eût été rien de manquer à sâ pauvre personne, suivant son expression. Plusieurs lois on oublia toutes les bienséances sociales, jusqu'à lui adresser les lettres les plus mortifiantes, soit par le fond, soit par la forme. Jamais il ne s'en offensa, ni ne s'en émut , ni même ne songea à s'en plaindre; et quand il revoyait les auteurs de ces lett?es, il leur parlait avec une bonté louchante et paraissait avoir tout oublié ; ou s'il se souvenait de quelque chose, c'était par attachement pour eux : « Permettez-moi, leur disail-il, de vous donner un avis » d'ami, uniquement dans vos inléréis. La manière dont » vous m'avez écrit n'a pas d'inconvénient par rapport à » moi, et je n'ai garde de m'en oflenser ; mais si vou^
Cl) PonliticaL Rom. cïe Ordinat. Presbyt. (2) Eccli. XXXll, 1.
250 VIE M CAftMIUL
» écriviei sur ce ton à d'autr« « (>rr«oiiMtM tnlorilê. >,
> ne TOUS fonnaitraie&t p^s coiuuk! je vMtflMiaaU, qui >•<
> TOUS aimtrjicni pM eoaime Je ▼oo« »!■•• Il pMirail en » r taulier I ' îi««atCOMé^««ees : Tott foas » fcriei dc^ . , •omlait voMBiiiro » L*hhtolrt* de sa TÎe nous l'a iiionirc rn liicii d'auii
calme au milirrt ' »' • ri^rmi m-> m ^ :
il acceptait vol i^i»fn<»ii ;?»*;
et sniiviul, «|il.iiiiJ il cluil i
chaire avant d'avoir ru I . ....
tendu dire avec son aini -té : « Je ni'< . >
» ili î<* pauTre arciiL\c jjc radote, mais ii ) a [>• .
Tout rléjx* n.onin» niieuï encore la sii -
milité «l>. < ..itujl. c'fsl que toute 6J Ti** '> ••
jamais qu'a fairo le liicii dati<> le silence et i se <' leur» et au br
nit' I , "^ »rbt»nne et y <
glorieux surrett qui pouvaietil faire naître dans son < • .
desesjt. - • d'un brilluiil a\enir.
était »! un»* rliairr •|,in<» l.t
juM]u'a 1.1 I
entre la |iiii . ... . . ...... . ......
quille qu'avait cliui»ie la ion de rt et la
projet (|u une mo r.uhci*, luaisun i la
.sa M'ulc ambition. S il fut r levé a i
insu et inal^ic vi n ri'M>taiici*\ CM I
fut ni mon-
hiniple pié'i . , . 1 ,
il lui fallut pa»>er de Munljuban â rarchevéelie <
dcaux, ce fut a\»'C une |Hinr uitli * ' ' Min hui:. i
fut comme aturice. Si. «niin. il f< au e^r
i! lit, |M)ur cm|((lier > :
poiMblo ; et II* < Il •;:' ' .. , • * i
jusqu'j la ti>mU'. I ^ lui luspiraient
qui a fait |»endanl uuv j^iut de M \ic une ' > ;uix io
DE CHEVERII5. 257
[lus douloureuses, jusque-là qu'il disait qu'il était tenté quelquefois de désirer un petit grain d'ambition , pour soutenir son courage sous le poids d'honneurs qui l'écrasaient, ff La Providence, disail-ii , a été bien sévère envers » moi ; je n'ai jamais désiré que d'être caché, je n'ai jamais 3) eu que de l'éloignemeut pour les honneurs , et elle a tou- M jours contrarié mes inclinations. » Enfin, pendant les derniers jours de sa vie , il répétait continuellement à ses amis que le cardinalat lui donnerait la mort , qu'il ne pouvait se faire à l'idée d'une élévation si opposée à ses goûts ; et sa tristesse était profonde.
De ces sentiments d'humilité naissait dans sa conduite et ses manières une simplicité tout aposrtolique. Les choses les plus simples, scit pour son vêlement, soit pour son logement, soit pour sa nourriture , étaient toujours le plus de son goijt. Une petite table et une chaise faisaient tout l'ameublement de sa chambre privée ; un lit de sangle recouvert d'un léger matelas faisait sa couche; la chambre la plus petite, la plus obscure, la plr.s désagréable^ était celle qu'il s'était choisie, laissant à l'usage des étrangers les appartements plus vastes et plus commodes qu'oflrait son palais ; et interrogé un jour par un de ses amis qui visitait l'archevêché, si cette grande pièce où était un lit si élégant était sa chambre à coucher : « îS'on , répondit-il en » souriant , c'est la chambre et le lit des archevêques de » Bordeaux , mais la chambre et le lit du petit Cheverus » sont ailleurs. » Il n'avait ni chevaux ni voilure , et allait à pied dans les rues , quelquefois même malgré la pluie , et le plus souvent seul sans que personne l'accompagnât. Lorsqu'il fut cardinal , on le pressa d'acheter une voiture ; il céda aux instances, mais ne voulut avoir ni chevaux ni équipages. Plusieurs fois on l'importuna à ce sujet, on lui lit valoir les raisons de convenance et de po:^iiion ; toujours il résistait : enfin un jour on le crut vaincu ; quoique à regret il avait consenti ; et comme on craignait qu'une plus longue réllexion ne lui fît révoquer un consentement qu'on lui avait presque arraché, les chevaux et l'équipage devaient être achetés dès le jour même. Mais
voilà qu'un grand nombre de pauvret le prêt— Iml i li
poric dr rarrhcfiVhc , à celle vue , son eœor tVrr— t . -on ânu» 6'allrndril , il ro prui i^npporler Tidcc il r
pour de > ' les |uuvn*b i»iii Le-
hi'in ; n I ... i r à ces lualbcureut
d'abondaiiirs atiirom » . i ' qu'il ne veut plu» jamais
Il I r la rn'KJnc ,
Pauirr |»«.ur I -i-
» ri , diNuil li ; .. v~ .0 ;
» crpcndaiil il ne m'a jai m rn relie qualiic . jjmaif
» mc^nie il ne m'a vu kjhï inssc cnlicr* ' .i«
» bille. » Il tic hc vertail • -tiîivrs qu. il
ne pouvait faire aulmiicnt .cl re
Ic« cl) ' • r !ui-nu*inr auunt «|>. .. •. j- ....... . .. v . -. 1»*
9 nu' lii'il, d'ftre toujours M*ni à hOU prc. » !>>
rendre i la cui»ine pour avenir du nombre de» conviret in^iiê«, ou demander |H>(ir lui-même ce dont il avait b<v •.. pt. Oinf.)! (ji \itii|jii lui purlt-r , il n'\ avait ni licurct (I t li>€r\i'r , ni UquaiH ptur int , ni à