‹ Vie du cardinal de Cheverus, archevêque de Bordeaux (volume 2)Chapitre 6 sur 12 · I. ' ne» , dont il jloi.> U · texte numérisé non relu

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DE CllEVERUS. 259

Jamais, au contraire, personne ne fut plus honoré et respecté. On sentait en l'approchant, et surtout en l'entendant, que, s'il descendait , c'éiait par vertu , et non par hassesse de sentiment. Son langage , quoique simple , avait quelque chose de si noble et de si délicat ; la politesse de ses manières, le goût exquis, le tact parfait avec lequel il savait faire et dire à chacun ce qui convenait , décelaient si évidemment l'homme supérieur, qu'on ne l'approchait jamais qu'avec une sorte de respect timide. Ses plus intimes confidents mêmes éprouvaient ce senliment; et ses manières toujours nobles , sans cesser d'être simples , contenaient tellement tout le monde dans le respect, qu'aucun d'eux n'eut jamais la hardiesse de se familiariser avec lui. Sa simplicité, en le montrant tout entier tel qu'il était, dépouillé de tout l'entourage de la grandeur, ne le faisait voir que plus noble et plus grand. On avait beau l'observer en détail , on ne découvrait chez lui aucun de ces défauts qui déshonorent si souvent la grandeur et la rendent ridicule ou méprisable ; aucune prétention , aucune petitesse , aucune délicatesse pour lui-même , aucune cour de favoris adulateurs et à privilèges ; jamais une parole triviale, jamais une de ces plaisanteries basses dont quelquefois on se permet d'égayer la conversation; il ne souffrait pas même qu'on en proférât en sa présence. « Cela ne convient pas , » disait-il avec saint Paul , à la dignité d'une bouche chré- » tienne ; et si de pareilles expressions peuvent s'excuser î) dans le vulgaire, elles souillent toujours la sainteté des » lèvres du prêtre. » Tel était l'ascendant du cardinal de Cheverus , que sa seule présence commandait à tous le respect et la vénération, et il n'avait qu'à se montrer simplement ce qu'il était, sans avoir besoin de s'élever, pour paraître grand. Mais indépendamment de son mérite personnel j son humilité et sa religion lui avaient enseigné un secret , pour s'entourer de lespect et de considération ; c'était de respecter beaucoup les autres. Il usait envers tous de tant d'égards, qu'on en était confus et comme obligé de ne pas rester en arrière ; d'où ii avait conclu celte vérité d'expérience, que rien ne force tant les hommes à vous respecter que de les respecter beaucoup eux-mêmes.

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Et comment ce grand cardinal aurait-il tenu aux biens de la terre, lui qui portait le détachement évangélique jusqu'à la moriiûcatlon la plus sévère? Il méprisait souverainement toutes les délicatesses qui flattent le corps et tendent à lui procjirer ses aises, pour le coucher, le vêtement, la nourriture et toutes les habitudes de la vie. Extrêmement dur à lui même, il travaillait tous les hivers dans une chambre sans feu , excepté les deux dernières années de sa vie ; se lavait tous les matins à l'eau froide les l)ieds , la tête et les niains ; même dans les plus grandes rigueurs de la saison ; bravait avec gaieté dans ses tournées pastorales et les glaces de l'hiver et les chaleurs de l'été. Il ne s'imposait guère de mortifications qui se lissent rerahr-

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