‹ Vie du cardinal de Cheverus, archevêque de BordeauxChapitre 32 sur 115 · SA JOIE DE LA PAIX RENDUE AU MONDE · texte numérisé non relu

SA JOIE DE LA PAIX RENDUE AU MONDE

de grâces, avec toirt le déploiement de pompe possible, chanta un Te Deum, et prononça un discours où il se surpassa lui-même. Jamais, disent les journaux de Boston, on ne l'avait vu ni si éloquent, ni i\ pathétique et il est impossible de dire avec quels transports et quels accents de triomphe il célébra la liberté rendue à l'Église, la paix reparaissant sur la terre à la suite de tant de guerres meurtrières, le retour du pape dans Rome, la rentrée des Bourbons en France , tous les peuples de l'univers réconciliés ensemble ; et, ajoute un journal de Boston ', « ces effusions de joie, qu'il exprimait en chaire « avec tant d'éloquence, étaient sans effort. On sentait « qu'il ne faisait que s'abandonner avec délices, aux « transports d'un cœur qui était tout rempli de l'amour des « hommes , qui souffrait ou jouissait avec ceux qui « étaient loin comme avec ceux qui étaient près. » Le soir, il y eut illumination dans toute la ville; mais l'évéque de Boston surpassa toute la magniticence des illuminations pubhques et particulières par l'illumination de sa cathédrale, et surtout de la croix qui la dominait. Il voyait dans cette fête le triomphe de la religion et tle l'Église, la gloire du siège apostolique, et il voulut prouver toute la joie que doivent inspirer à un cœur catholique diîs intérêts si chers.

Quelque temps après cet événement, l'Église des Étals-Unis fit une perte immense par la mort de son métropohtain, M. Garroll, archevêque de Baltimore; et cette perte fut d'autant plus grande et mieux sentie, qu'il laissait pour successeur un vieillard infirme, dépourvu de toutes les forces physiques nécessaires à sa placi', et arrivé déjà lui-même au bord de la tombe : c'était

• Bostoti Monthly Magazine.

M. Neale, auparavant coadjuteur. Ce- vénérable vieillard, fort embarrassé de sa position, demanda au Saint-Siège de lui associer, en qualité de coadjuteur, Févéque de Boston, présentant ce prélat comme plus capable que tout autre de l'aider, tant qu'il vivrait, dans le gouvernement du diocèse, et d'occuper, après sa mort, le premier siège des Etats-Unis, Le souverain pontife se montra favorable à ce projet, mais voulut savoir auparavant comment remplacer M. de Cbeverus à Boston. Sur cette réponse, M. Neale pria avec instance l'évêque de Boston de venir le trouver au plus tôt, afin de conférer ensemble sur des affaires de la plus haute importance pour le bien des églises d'Amérique. M. de Gheverus étant venu, et ayant pris comnumication des lettres de Rome qui consentaient à lui donner la coadjutorerit; de Baltimore, fut aussi surpris qu'affligé. Il réclama de toutes ses forces, et représenta à l'archevêque que l'arracher de Boston ce serait sacrifier cette église naissante ; que M. Matignon était le seul prêtre qui connût le diocèse et en fût connu ; mais qu'accablé d'années et plus encore d'infirmités, on ne pouvait penser à le charger de l'épiscopat. M. Neale n'eut pas de peine k comprendre ces raisons ; mais, en consentant à ce que M. de Gheverus demeurât à Boston, où sa présence était si nécessaire, il lui proposa un autre arrangement à soumettre au Saint-Siège, et qui se réduisait à deux points, savoir : 1° qu'il pourrait de temps en temps le faire venir auprès de lui, afin de trouver dans ses conseils, dans son amitié et dans le secours de son ministère, l'ajde, le soutien et les consolations dont il avait besoin ; 2° qu'à la mort de l'archevêque de Baltimore, il viendrait sans retard le remplacer, afin que le diocèse le plus important des Etats-Unis par hi dignité du siègr comme par le nombre des prêtres et des fidèles

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