‹ Vie du cardinal de Cheverus, archevêque de BordeauxChapitre 56 sur 115 · IL PRÊCHE A MAYENNE ET AU MANS · texte numérisé non relu

IL PRÊCHE A MAYENNE ET AU MANS

« aimés la moindre partie du palais qui leur est destiné « quand ils viendront nous voir. » De pareils sentiments firent concevoir à Bordeaux toute la vertu du successeur de M. d'Aviau, et rendirent plus vifs les désirs de le voir arriver. Préconisé à Rome, le 2 octobre de cette année 1826, il ne reçut ses bulles qu'environ six semaines après, et il partit aussitôt pour Mayenne, avec l'intention d'y faire un très court séjour, ne voulant pas refusera sa famille la jouissance qu'elle réclamait de le posséder quelques instants avant qu'il allât prendre possession de son nouveau siège. Il n'y resta en effet que peu de jours, et, pendant ce peu de jours, il prêcha à l'église de Notre- Dame, à la Visitation, à l'hôpital, aux prisons ; ses jours de repos étaient des jours d'apostolat. Il partit ensuite pour le Mans, où il reçut le pallium * des mains de l'évéque de cette ville, dans la chapelle du grand séminaire, après une exhortation qu'il adressa aux élèves de cette maison sur le zèle apostolique. Le soir de la cérémonie, il fut invité à prêcher à la cathédrale pour les exercices d'une mission qui s'y donnait alors ; mais, attaqué d'un rhume violent qui avait altéré le son de sa voix, et d'une toux fréquente qui le fatiguait cruellement, il refusa, et promit seulement d'assister à l'exercice. Malgré ce refus, dès qu'il apparut dans l'église, le missionnaire qui était alors en chaire, emporté par le désir d'obtenir pour son auditoire quelques paroles de cette bouche qui avait réconcilié tant de pécheurs avec la vertu, aiuionça à toute l'assemblée que monseigneur l'archevêque de Bordeaux avait à leur parler, et qu'il s'empressait de descendre pour lui céder la place. L'archevêque,

' Ornement fait de laine blanche, semé de eroix noires, et b(^ni par le pape, qui l'envoie aux archevêques pour marque de leur dignité. Ceux-ci doivent le recevoir d'un autre prélat.

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surpris d'une annonce si inattendue, hésita quelques instants ; mais bientôt retrouvant dans son cœur d'ancien missionnaire ce courage qui triomphe des plus pénibles indispositions, il monta en chaire et produisit une impression d'autant plus vive, que son organe souffrant et altéré donnait plus d'intérêt à ses paroles, et attendrissait les cœurs en révélant toute l'ardeur de son zèle.

Il partit dès le lendemain pour Bordeaux, et y arriva le 13 décembre. 11 trouva à l'entrée de la ville le chapitre métropolitain et un clergé nombreux (pii l'attendaient. Conduit processionnellement à la cathédrale, il put se convaincre pendant le trajet combien sa réputation seule lui avait déjà gagné tous les cœurs; tous les visages paraissaient rayonnants de joie; tous semblaient se féliciter d'avoir retrouvé ce qu'ils croyaient avoir perdu sans ressource, la bonté, la douceur, la charité de M. d'Aviau ! « Qu'il a l'air bon! s'écriail-on ; qu'il est « aimable! Vive monseigneur ! vive le père des pauvres! » A l'entrée de la cathédrale, le premier grand vicaire, M. Harrès, ecclésiastique d'un talent remarquable et d'im conu" meilleur encore, le complimenta au nom de tout le (îlergé. L'archevêque, dans sa réponse pleine d'âme et de chaleur, émut jusqu'aux larmes tous les assistants, faisant passer dans leur cœur la sensibilité qui était dans le sien à la vue de cette église encore fianùde des plews wrsés sur son saint prédécesseur, et (tommenla avec talent ces paroles du quatrième concile de Cai'thage, qui expliquent ri) f)(;u de mots les devoirs de l'évêqne : « Dans l'église ou dans le ;^i)iiveriiemei)l ecclésiastique, « l'évéipie doit être au-dessus de tous ses prêtres; dans '< la niHison il doit èlr<; C(^»mme h'urcoWojiiw. » f'Spiscopns

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