SŒURS DE LA PRÉSENTATION
passant dans une autre saison de la vie la plus difficile à traverser, elle commence à prendre un état. Soit entraînement des passions, soit par suite du séjour dans des ateliers où l'on ne voyait que de mauvais exemples, où l'on n'entendait que de mauvais discours, cette époque avait été jusqu'.alors comme le moment fatal où se perdaient les fruits de la première éducation ; mais à ce mal, comme à tous les autres, un remède fut apporté. Les mêmes Sœurs fondèrent pour les jeunes personnes un atelier, où elles leur apprenaient ou faisaient apprendre un état convenable à leur sexe et à leur condition. Là elles les ont sous leurs yeux tous les jours de la semaine; et, les dimanches et jours de fête, elles les réunissent avec les enfants de la première communion et autres personnes , leur font prendre d'honnêtes récréations qu'elles entremêlent de prières et d'instructions religieuses, et les préservent ainsi de la fréquentation des danses et assemblées si funestes à l'innocence. Les jeunes gens, de leur côté, virent en même temps s'ouvrir pour eux des ateliers chrétiens, où ils pourraient apprendre un état sans perdre leurs vertus. Quarante chefs d'ateliers, inspirés par cette Providence qui tient tous les cœurs dans sa main, conçurent le projet de s'associer pour s'engager tous ensemble à mener une vie chrétienne, à faire observer la religion dans leurs ateliers, et à n'y recevoir que des ouvriers qui voulussent la pratiquer. L'archevêque, heureux de cette nouvelle, après avoir fait agréer le projet par le préfet du département, alla lui-même présider la création de cette précieuse institution et en installer les principaux officiers. Eux aussi, comme les Sœurs, se chargèrent de surveiller les jeunes gens pendant la semaine, et, les dimanches, de les réunir dans un vaste local qui leur fut cédé, où se trouvent tous
les jeux propres à récréer la jeunesse ; de sorte que, par cet ensemble de saintes œuvres, il est vrai de dire que, depuis le berceau jusqu'à l'âge mûr, la religion conduit le pauvre comme par la main, le tient sous son égide, le forme pour le temps et pour l'éternité.
Toutefois tant de bonnes œuvres ne sont encore qu'une partie de celles qui s'établirent sous l'influence vivifiante du zèle et de la charité de M, de Gheverus. Le 30 avril 1831, il érigea canoniquement une association de femmes pieuses, vouées à tous les genres de bonnes œuvres, sous le titre de la Sainte-Famille ; et il encouragea si efficacement ou dirigea si utilement cette sainte association, que par elle il procura à son diocèse les plus précieux avantages. Tandis que, dans la maison dite de Lorette, l'enfance ou la jeunesse aisée trouvait une éducation soignée et chrétienrfe, les orphelines délaissées trouvèrent dans les saintes filles de l'association de secondes mères, qui, prenant soin de leur enfance, les formèrent à la piété et à un état convenable à leur position. L'archevêque, heureux de cette bonne œuvre, aimait à visiter ces pauvres enfants, à les consoler et à les encourager. « Vous avez dans vos directrices des « mères tendres, leur disait-il, mais je vous promets que (( vous aurez en moi un père. » Et il tint parole : les pauvres orphelines reçurent souvent les effets de sa bonté, et parmi elles sa mémoire demeurera longtemps bénie. De la môme association il tira des sœurs pour l'instruction des jeunes personnes pauvres, et établit deux écoles, l'une dans la paroisse Saint-Bruno de Bordeaux, l'autre à Coutras, petite vilh.' de son diocèse. Cependant la religieuse association ne s'en tint pas ericurp là : M. de Chevorus lui ayant exprimé le désir d'avoir une maison de personnes pieuses qui se vouassent