IL EST NOMMÉ CARDINAL
lilnfin, le '21 décembre 1835, le traitement demandé aj'ant été promis, le pape répondit au roi, de sa propre main, qu'étant convaincu comme lui que la promotion d'un aiissi digne sujet que Tarchevéque de Bordeaux à la pourpre romaine tournerait à l'honneur du sacré collège •et à la splendeur du clergé de France, il accueillait bien volontiers la demande, et qu'il se proposait d'y faire droit dans le prochain consistoire *. A peine cette réponse (Kl pape fut-elle arrivée à Paris, que bientôt la renommée la publia de toutes parts, et la promotion prochaine de M. de Gheverus au cardinalat ne fut plus un mystère pour personne. Le roi s'empressa d'en remercier le souverain pontife : '< J'ai reçu avec une vive reconnais- « sance, lui écrivait-il, la lettre que Votre Sainteté vient « de m'adresser, pour me faire connaître avec quelle i< paternelle bienveillance elle a bien voulu accueillir ma « demande de la pourpre sacrée en l'honneur de Tarif chevêque de Bordeaux. Votre Sainteté ne pouvait rien (« faire qui me fût personnellement plus agréable, et qui i« pût à la fois provoquer en France une approbation « plus générale, une gratitude plus sincère et mieux (( sentie dans toutes les classes de la société. L'archevêque « de Bordeaux est un prélat que sa piété éclairée, que la « modestie de ses hautes vertus donne en édification aux « Églises de France, et le sacré collège ne pouvait s'ouvrir <' pour un plus digne sujet. » Toute la France, en effet, applaudit à cette nouvelle ; et les plus illustres prélats s'empressèrent d'adresser à M. de Gheverus l'expression
' Essendo eguale alla nostra la persuasione di Vostra Maostà che la proinozione di si digno soggetto al cardinalato risultarà di de<'oro al sacro oollepiio, ed accrescerà la spleudore del Clero di Francia, beu voloutieri ne abbiamo accolto la dcmauda, c ci iiropouiamo di maudarla ad effelto ucl primo coucisLorio.
de la joie que leur causait sa promotion. La lettre que lui écrivait à cette occasion l'archevêque de Paris est trop remarquable pour ne pas occuper une place dans la vie du cardinal. « La nouvelle de votre promotion « au cardinalat, lui disait-il, est maintenant si publique, « que ce n'est plus une indiscrétion d'en parler ; eU « j'aurais de la peine si j'arrivais un des derniers pour « vous faire mon compliment et vous adresser mes « félicitations. Les catholiques des deux mondes applau- « diront à ce témoignage de bienveillance et de haute « estime que le Saint-Siège vous donne ; toutes les voix « mêleront leur suffrage à celui de notre très saint et <( commun père ; l'Eglise de Paris s'unit aux Églises de « Montauban et de Bordeaux pour vous exprimer sajoie, « et la part qu'elle prend à un événement qui couronne « sur terre tant de mérites. .Je voudrais, monseigneur, « pouvoir vous faire lire dans mon cœur tout ce qu'il (' renferme d'intérêt, de dévouement et de vénération « pour votre personne... »
M. de Cheverus fut touché de ces témoignages d'attachement et de respect qui lui arrivaient de toutes parts, mais surtout de la lettre de l'archevêque de Paris : « Cette lettre, disait-il, m'honore plus que le cardinalat. » Aussi il «'empressa d'en rémercier l'iUustre prélat. « Je « ne puis douter, lui écrivait-il, que cette dignité que je '< mérite si peu ne me soit en effet destinée ; mais c'est à « Votre Grandeur que mon cœur et mon jugement me « disent qu'elle devrait être conférée, comme un hom- « mage rendu à un apôtre et à un mart}T ; à celui qui « peut dire de ses confrères sans blesser la vérité : « Ministri Chrisli sunt? Plus ego;... in plagis supra (' inodurti, in mortihns frrqunntcr; ;ï celui en qui nous << avons admiré un nouveau liekuncc au milieu des pes-