JOIE GÉNÉRALE QUE CAUSE SON ÉLÉVATION
« tiférés, et dans lequel nous chérissons un nouveau « Vincent de Paul, père des orphelins. Jugez, monsei- « gneur, si je suis touché et si je me trouve honoré de « l'intérêt et de l'amitié qu'un tel prélat daigne me « témoigner. »
Cependant le souverain pontife ne tarda point à accomplir sa promesse : le 1" février 183G, M. deCheverus fut proclamé cardinal, par une distinction d'autant plus remarquable, qu'il ne partagea cette faveur qu'avec le neveu du dernier Pape Léon XII, le cardinal délia Genga. Cette nouvelle, dès qu'elle fut connue à Bordeaux, porta dans la ville et dans le diocèse une joie universelle ; tous vinrent complimenter le cardinal ; le chapitre en corps lui adressa ses félicitations, et, inspiré par sa modestie habituelle, l'humble prélat leur répondit qu'il souffrait et était humiUé de voir qu'on eût songé à lui pour une dignité si éminente, tandis que d'illustres prélats, ses collègues, l'eussent bien mieux soutenue par leurs talents et leurs vertus ; il nomma même l'archevêque de Paris, dont le courage et la résignation au milieu de tant d'épreuves si noblement supportées eussent si bien rehaussé l'éclat de la pourpre romaine. « Ce n'est pas à moi, « leur dit-il, c'est à lui qu'appartient cet honneur. » Aux hommages de son clergé \inrent se joindre les félicitations des plus illustres personnages, et celles surtout d'un homme qui lui était bien cher, M. le comte de Marcellus, qu'il aimait et vénérait autant qu'il en était aimé et vénéré lui-même. Mais, tandis que tout le monde était dans la joie, lui seul était dans la peine de son élévation : sa modestie ne pouvait supporter l'idée d'être placé si haut; il fallait lui prêcher la résignation aux grandeurs, comme on prêche à d'autres la résignation au malheur et à l'obscurité. Mandé à Paris pour recevoir les titres et
les insignes du cardinalat, il s'y rendit avec douleur et anxiété, et la joie de ses amis ne put dissiper sa tristesse. Dés qu'il fut arrivé, l'ablégat de Sa Sainteté lui remit les lettres apostoliques qui l'agrégeaient au sacré collège ; elles étaient on ne peut plus honorables : « La première « de nos sollicitudes, y disait le souverain pontife, est « de composer le sacré collège des cardinaux, le véné- « rable sénat de l'Église universelle et du siège aposto- « lique, de manière qu'il brille dans tout l'univers par le « mérite éminent de ses membres, autant que le deman- « dent une si sublime dignité et les décrets des saints « canons. C'est cette considération qui nous a engagé à « vous agréger à cette très auguste assemblée ; car votre <( piété si connue, votre science, votre prudence, votre « zèle pour la religion catholique, et toutes vos autres « vertus jointes à un rare dévouement pour nous et pour « le siège apostolique, votre expérience des affaires, « votre fidélité et votre habileté éprouvées dans l'admi- (( nistration du diocèse de Bordeaux, vous ont placé si « haut dans notre estime, que nous ne pouvons douter (( du succès de votre ministère pour le service et l'hon- « neur de l'Église de Dieu *. » Et dans un autre bref
• Intèr multipliées gravissimasque iujuncli nobis diviuitus apostolalùs curas, illa Nos prœ eaeteris sollicitât ut, venerabilium fratrum nostrorum S. R. E. Cardinaliuni collegium, B. Pétri sedis et universae EcclesiBe senatus, amplissimis ils praefulgcat viris, quos tam sublimis desiderat gradus et sacrorum canonuni décréta requirunt. Quauiobrem te augustissimo hnic ordini adscribere vlsuni est. Tua enim probata pietas, doctrina, prudentia, et catholicïe religionis zelus, aliarumque virtulum luorita, cum siiigulari erga Nos et Apostolicam Sedem devotione conjuncta, reruimpio usus et in regeuda archiepiscopali Ecdcsia lUudigalensi spcctuta lides et iiidustria, to Nobis et dictte Sedi (oiiiniendârnut itu, nt nos in Domino sperare jubercnt ministerium luuiu Ecclesiai Dei maguo usai et ornamcuto futurum.