IG
que la sienne : il avait contracté dans le cours de son éducation ecclésiastique l'habitude d'une vie de règle, et il la conserva fidèlement jusqu'à la mort. Il se levait loujours de très grand matin, à quatre heures en été et (jualre heures et demie en hiver, afin de pouvoir faire ses exercices de piété dans le silence et la paix, sans aucun dérangement du dehors, A six heures, il célébrait la sainte messe, et, après son action de grâces, il étudiait l'Ecriture sainte, lisant tous les jours deux chapitres de l'Ancien Testament et deux chapitres du Nouveau, en latin, en français, en grec et en anglais ; souvent même il en étudiait le texte hébreu, quand ses occupations moins multipliées lui permettaient de prolonger son étude ; et c'était à cette pratique, fidèlement observée, qu'il attribuait la connaissance qu'il avait de l'Écriture sainte. Les mêmes matières, ainsi lues en quatre langues, se gravaient profondément dans son esprit et dans son cœur, d'autant plus qu'il les étudiait, non par une vaine curiosité de savoir, mais dans cette disposition de piété, de recueillement religieux, de respect pour la parole divine, qui touche, qui pénètre l'âme et y imprime les vérités saintes. Quand il avait fini cette étude, il s'occupait de sa correspondance, qu'il faisait toute par luimême; ne laissant au travail de ses bureaux que les affaires de pure administration. A midi précis, la cloche annonçait le dîner; et, dès le premier son, il partait à l'instant même, laissant là ses affaires, invitant avec grâce les personnes présentes à partager le repas qu'on venait de sonner, et, on disant cela, il s'y rendait déjà. Il commençait [)ar bénir la table à haute voix, puis en faisait les honneurs avec une politesse noble, facile ot naturelle. Klle était servie avet; frugalité, mais avec décence ; on y trouvait l'abondance convenable, mais