LETTRE DU COMTE DE MÉRODE AU ROI LËOPOLD
« Trékm, a août 1885.
» SmE,
» Je viens de lire dans nos journaux la publication légale du mariage de S. A. R. le duc de Brabant — Si je n'ai pas encore félicité votre Majesté à l'occasion de cet événement très-heureux pour vous, Sire, et pour notre Belgique spécialerooit, ce n'est point faute de l'apprécier et de m'en réjouir autant qu'on peut se réjouir en ce monde où se succèdent tant de vicissitudes.— Naguère, revenant d'un voyage jusque près des frontières d'Espagne , après avoir conduit ma fille aux eaux des Pyrénées , j'ai voulu revoir, avant le mariage de notre cher Prince , le lieu où j'étais , Sire, le témoin du vôtre, il y a vingt-cinq ans. —Je me suis promené solitaire dans les appartements du château de Gompiègne , où j'avais
féca UDe semaiiie ayec tant de persoDiiages Illustres. J'ai exploré le parc magniâqae et toqjoars charmant, enlreteno avec ud soin parftiit. Un ancien domestique de Madame Adélaïde me conduisait. Vous pouvez Juger, Sire, si J*ai pensé à vous, à notre reine si digne d'étemel souvenir, à sa famille devenue la vôtre. Depuis répoque de vôtre union , féconde pour le bonheur de la Belgique, Je n'avais plus revu Gompiègne que de loin , en passant sur le chemin de fer de St-Quintin à Creil. — Maintenant on y trouve le buste de rempereur Napoléon III; et je n'ai pas manqué de médire que les puissances nouvelles ne doivent pas se laisser éblouir par leur fortune subite, et que vérilablement sages sont les esprits qui mettent leurs espérances en plus haut lieu que les palais ! — Noire Jeune Duc de Brabant a été, par la consunte et si noble persévérance de Votre Majesté , élevé dans les sentiments qui portent à ces réflexions. Vous ne trouverez donc pas déplacé, Sire, que j*en fasse ici mention , en vous exprimant de nouveau la part la plus vive que Je prends à tontes les circonstances qui intéressent Votre Majesté, ses enfants et le pays qui les a vu naître , et en Vous réitérant l'hommage du plus sincère, du plus respectueux et du plus affectueux dévouement de votre très-obéissant et très-fldèle serviteur
» G*" FÉLIX Dl Mérodx. b