‹ Vie du comte Félix de MérodeChapitre 4 sur 25 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

» Messieurs,

» Arrivés à La Haye, lundi 30 août, à une » heure, nous avons demandé une audience à )> Sa Majesté. Une demi -heure s'était à peine » écoulée, que déjà nous avions reçu une réponse » favorable. Le mardi à midi, nous nous sommes » rendus au palais. Sa Majesté ^ nous a reçus » avec bienveillance, nous a demandé nos pou- » voirs et n'a pas décliné le titre en vertu » duquel nous nous présentions.

» Après avoir entendu la lecture de notre » mission écrite. Sa Majesté nous a dit qu'elle » était charmée d'avoir pu devancer nos vœux, » en convoquant les Etats Généraux pour le iS

(4) Le rapport avait été adressé aux citoyees notables dont la députation tenait son mandat.

» septembre : moyen légal et sûr de connaître » et de satisfaire les vœux de toutes les parties » du royaume, de faire droit aux doléances et » d'établir les moyens d'y satisfaire.

» Après quelques considérations générales^ » nous sommes entrés dans l'exposé, puis dans » la discussion des divers points dont votre réu- » nion du 28 nous avait chargés verbalement » de faire coqimunication à Sa Majesté.

)> Une discussion s'est établie sur les théories » de la responsabilité ministérielle et du contre- » seing. Le roi a dit que la loi fondamentale » n'avait pas consacré nos théories; qu'elles » pouvaient être justes et même utiles, mais » qu'elles ne pouvaient être établies que par un » changement à la loi fondamentale , de com- » mun accord avec les Etats Généraux convo- » qués en nombre double ; qu'une session ex- » traordinaire s'ouvrant le i5 septembre , il » pourrait y. avoir lieu, soit à sa demande, soit » sur l'invitation de la seconde Chambre, à une » proposition sur ce point, comme sur tous les » autres exposés par nous et jugés utiles ou » avantageux au pays.

» Sur la demande du renvoi de quelques miy> nistres et particulièrement de M. Van Maanen , » Sa Migesté n'a pas dit un mot en leur faveur;

>i Elle n'a ni témoigné de l'humeur, ni articulé » de contradiction sur les plaintes que nous Lui » avons énumérées longuement à leur charge.

» Elle a fait observer que la loi fondamentale » lui donne le libre choix de ses ministres; que » du reste Elle ne pouvait prendre aucune dé- » termination aussi longtemps qu'EUe y parai- » trait contrainte ; qu'Elle tenait trop à l'honneur » de conserver sa dignité royale, pour paraître » céder, comme celui à qui on demande quelque » chose k pistolet sur la gorge. Elle nous a » laissé visiblement entrevoir, ainsi qu'aux dé- » pûtes liégeois, qu'Elle pourrait prendre notre » demande en considération.

» Au sujet de la Haute- Cour, Sa Majesté a » dit que ce n'était qu'après mûre délibération » que le lieu de son établissement avait été » choisi; que du reste Elle s'occuperait de cette » réclamation et aviserait au moyen de concilier » tous les intérêts.

» Sur nos demandes au sujet de l'inégale ré- » partition des emplois et des administrations pu- » bliques. Sa Majesté a paru affligée, et sans » contester la vérité des faits. Elle a dit qu'il » était bien difficile de diviser l'administration; » qu'il était bien plus difficile encore de contenter » tout le monde ; qu'au reste Elle s'occuperait de

» cet objet aussitôt que le bon ordre serait rétabli. » Qu'il convenait, avant tout, que les princes, B ses fils, rentrassent dans Bruxelles à la tète de » leurs troupes et fissent ainsi cesser l'état appa- » rent d'une obsession à laquelle Elle ne pouvait » céder, sans donner un exemple pernicieux pour » toutes les autres villes du royaume.

» Après de longues considérations sur les in- » convénients et même les désastres probables n d'une entrée de vive force par les troupes, et » les avantages d'une convention et d'une pro- » clamation pour cette entrée , en maintenant » l'occupation partielle des postes de la ville par » la garde bourgeoise. Sa Majesté nous a invités » à voir le ministre de l'Intérieur et à nous prénsenter aux princes, lors de notre retour à D Bruxelles. En terminant, Sa Majesté a exprimé » le désir que tout se calmât au plus vite et nous i> a dit avec une vive émotion et répété à plusieurs » fois combien Elle avait horreur du sang.

» Après deux heures d'audience , nous avons » quitté Sa Majesté, et nous sommes allés chez » le ministre de llntérieur qui , devant se rendre » chez le Roi , nous a donné rendez^-vous à huit » heures du soir.

» Les mêmes discussions se sont établies sur » les divers objets soumis par nous à Sa Majesté;

3» tout s'est fait avec une franchise et un abandon » qui ont donné les plus grandes espérances. M. de » Lacoste (1) nous a prouvé qu'il a le cœur belge » et qu'il est animé des meilleures intentions.

» Bruxelles, le 2 septembre 4830.

» Jos. d'Hoogvorst. Alex. Gendebien.

» Comte Félix de Mérode. Baron » Frédéric de Sécus fils. Palmaert » père. »

On devine sans peine l'efifet que cette publication devait produire dans les masses. Au point où les choses en étaient venues, cet appel à la légalité, ces promesses dépourvues d'engagements positifs, ce désir de faire du désarmement du peuple la condition du renvoi des ministres impopulaires, en un mot, ces intentions bienveillantes, loyalement mais timidement manifestées, ne pouvaient plus arrêter les esprits déjà lancés dans une voie révolutionnaire. A mesure que le rapport était connu, des cris et de^ menaces se faisaient entendre jusque dans les rangs de la garde bourgeoise. On parlait de perfidie, de promesses trompeuses, de pièges tendus à la bonne

(4) Ministre de rintérieor.

foi du peuple. Les exemplaires de la proelama-' tion aflBchés aux coins des rues furent arrachés, lacérés et brûlés sur la place de l'hôtel de ville, au milieu des huées et des sifflets de la foule. Il fallait que la popularité des députés fût bien grande pour ne pas être atteinte par la réprobation à peu près unanime que rencontrait leur œuvre!

Malgré le dévouement et Ténergie de la bourgeoisie armée, le péril devenait à chaque instant plus imminent et plus redoutable.

Dans la matinée du 3 septembre^ les membres des Etats Généraux présents à Bruxelles se rendirent auprès du prince d'Orange. Us lui dirent que, malgré l'enlrainement des esprits, la dynastie des Nassau n'avait pas cessé d^être le voeu unanime des Belges; mais ils ajoutèrent que désormais une séparation administrative entre le Nord et le Midi du royaume était Tunique moyen de mettre un terme au désordre. Les membres de la Commission constdtative, que le prince avait instituée le jour de son arrivée, tinrent le même langage, et leurs allégations furent énergiquement confirmées par tous les chefs de la garde bourgeoise. Alors le noble descendant des Nassau , qui s'était si généreusement confié à la loyauté du peuple, prit le parti d'aller lui-

même déposer les vœux de la nation au pied du trône; et, en retour, la garde, par l'organe des commandants des sections, s'engagea sur l'honneur à ne pas souffrir de changement de dynastie, à protéger la ville et à veiller à la sécurité des palais (1).

Le prince partit à cheval, vers trois heures, entouré des chefs de la garde bourgeoise et suivi de son état-major. Les troupes de la garnison, qui avaient jusque-là bivaqué sur la place des Palais, ne tardèrent pas à se diriger à leur tour sur Yilvorde, et, à l'arrivée de la nuit, la capitale était entièrement abandonnée à elle-même.

On le voit : jusqu'à ce jour, le mouvement n'avait pas franchi les dernières limites de la légalité. Le prince se berçait de l'espoir de revenir bientôt à Bruxelles, au milieu des acclamations unanimes d'un peuple loyal sincèrement réconcilié avec son souverain. La bourgeoisie armée était fermement résolue à ne pas souffrir qu'un changement de dynastie sortit de la suspension momentanée du régime ordinaire. L'un et l'autre agissaient avec une incontestable sincérité, mais l'un et l'autre avaient oublié de faire entrer dans leurs calculs les brusques pé-

(4) Voy. les proclamations publiées dans la journée du 3 septembre.

ripéties qa'amène toujours le déchainemeut du lion populaire. Le prince d'Orange ne devait plus revoir le palais qu'il venait de quitter, et, quelques semaines plus tard, la dynastie des Nassau, maintenant encore le vœu unanime des Belges, était solennellement et à perpétuité exclue de tout pouvoir en Belgique!

Il ne nous appartient pas de raconter en détail les erreurs et les fautes qui amenèrent cette catastrophe inattendue. Nous nous bornerons au récit succinct des faits dont la connaissance est indispensable potir apprécier exactement le rôle joué par le comte de Mérode.

Durant les premiers jours qui suivirent le départ de Théritier du trône , l'ordre matériel ne fut pas troublé; mais le mouvement de résistance à la domination hollandaise se développa avec une vigueur extraordinaire. Les scènes de violence qui avaient alarmé Bruxelles se reproduisirent, avec ptus ou moins de désordre , à Liège, à Bruges, à Louvain, à Mons, à Namur, à Tournai, à Yerviers, à Charleroi, à Ath et ailleurs. Chaque jour des centaines de volontaires armés arrivaient de toutes les provinces pour partager les dangers de la capitale, et leur nombre ne tarda pas à devenir tellement considérable que, par une proclamation du 8 sep-

tembre, le commandant en chef de la garde bourgeoise dut les engager à suspendre leur marche jusqu'au jour où l'intérêt de la patrie réclamerait leur présence* Le mot décisif de révolution n'était pas encore prononce; mais on se permettait de plus en plus des actes qui, au premier mouvement des troupes royales, ne pouvaient manquer d'amener une collision sanglante. Cinq cents déserteurs de l'armée furent reçus, fêtés et logés à la caserne du Petit-Château.

Cependant, depuis le 27 août, l'autorité légale n'était plus représentée que par le gouverneur civil et le conseil communal^ le premier suspect comme agent de la politique hollandaise et le second dépourvu d'influence réelle sur le peuple. Cette autorité, faible, vacillante, déconsidérée et n'ayant d'autre appui que l'assentiment chaque jour plus douteux de la garde bourgeoise, devint manifestement insuffisante lorsque les feuilles hollandaises, combattant énergiquement le vœu de la séparation, commirent l'inconcevable imprudence de faire un appel aux armes. Les rebelles des provinces méridionales y étaient signalés à la vindicte des lois; les chefs du mouvement national étaient transformés en chefs de brigands et d'incendiaires; le Handelsblad d'Amsterdam demandait ironiquement qui « avait donné aux

» Bruxellois le droit d'avoir une volonté » , et YArfiemsche Courant poussait l'aveuglement et la haine au point de s'éerier : « Aux armes!

» A bas les rebelles! Sang de rebelles n'est pas » sang de frères! » Par une conséquence inévitable, les journaux belges relevaient ces attaques, insultaient et menaçaient les Hollandais; le peuple, grossièrement provoqué, prenait fait et cause pour la presse nationale, et bientôt on vit se produire des symptômes tellement redoutables que, de l'aveu de tous, l'institution d'un pouvoir central, jouissant de la conflance des masses, était le seul moyen de prévenir une catastrophe.

Après avoir obtenu l'assentiment du gouverneur et de l'administration communale, les membres des Etats Généraux présents à Bruxelles, les délégués de la garde bourgeoise et plusieurs habitants notables se réunirent à l'hôtel de ville, le 8 septembre, à six heures du soir. Ils y procédèrent, par voie de scrutin secret, à la formation d'une liste de seize candidats, parmi lesquels le conseil communal choisit, le lendemain, huit membres d'une Commission de sàreté publique.

Le comte Félix de Mérode fut encore une fois du nombre des élus.

La commission fit aussitôt connaître son instal-

latioQ et la natore de son mandat dans les ternies suivants :

« Habitants db Bbuxblles!

» La commission de sùrelé , choisie par les seo- » tions et nommée par la régence, est installée.

» Elle vous engage à attendre avec calme le » résultat de Touverture des Etats Généraux, per- » suadés que vous devez être , que les députés des » provinces méridionales soutiendront en loyaux » mandataires les vœux de ces provinces.

)) Elle vient d'acquérir la certitude, qu'à partir » de lundi prochain les ouvriers sans occupation » seront admis à travailler au boulevard entre la n porte de Hal et celle d'Anderlecht.

» Elle invite cependant les chefs d'ateliers à » conserver du travail à leurs ouvriers.

» Elle a invité la régence, dans l'intérêt du » commerce , à faire achever au plus tôt les tra- » vaux du canal, et à annoncer l'époque de son » ouverture, aûn de rétablir les communications » commerciales.

» Elle prendra toutes les mesures nécessaires, » en s'assurant du commun accord des autres » villes, pour le maintien de la dynastie et de » la tranquillité publique^ et pour faire conver-

» ger les opinions «t les efforts des citoyens vers » un même but patriotique, en sorte qu'ils ne » soient détournés de cet intérêt légitime par au- » I3une influence étrangère.

» Fait à Bruxelles, le ii septembre 1850.

» Comte Félix de Mérode ; A. iSende- » bien; Rouppe; F. Meeus ; Sylvain » van de Weyer. »

En plaçant au premier rang de ses devoirs le maintien de la dynastie régnante, la Commission de sûreté n'était plus, comme elle l'eût été six jours auparavant, l'organe des vœux unanimes des Belges. Dans les débats qui précédèrent sa formation, le projet d'établir un gouvernement provisoire avait été chaleureusement proposé par plusieurs membres de l'assemblée. A chaque instant la pente sur laquelle on s'était engagé devenait plus glissante, et les hommes modérés eux-mêmes commençaient à se familiariser avec ridée d'une révolution analogue à celle qui avait amené l'expulsion de Charles X.

La Commission de sûreté ne s'en mit pas moins à l'œuvre avec un dévouement à la hauteur des cikonstances. Ses efforts obtinrent d'abord un plem succès. La ville reprenait peu à peu son

aspect ordinaire; la confiance renaissait; le commerce et le travail allaient sortir de leur marasme, lorsque, par une déplorable coïncidence, le discours prononcé par le roi, le 13 septembre, à l'ouverture des Etats Généraux, vint se combiner avec l'attitude menaçante des troupes et amena des désordres à côté desquels tous les mouvements antérieurs étaient dépourvus de couleur et d'importance.

Guillaume I^' avait soumis à l'appréciation des Etats Généraux le problème de la séparation administrative du Nord et du Midi du royaume; jnais, après avoir rappelé que ce vœu ne pouvait être réalisé que suivant les formes lentes et solennelles tracées par la Constitution des Pays- Bas, il avait ajouté : «... Je ne céderai jamais » à l'esprit de parti, et je ne consentirai jamais » à des mesures qui sacrifieraient le bien-être et » les intérêts de la patrie aux passions et à la » violence. » Il était évident que le chef de l'Etat, devant à la fois sauvegarder sa dignité personnelle et rester fidèle aux serments qu'il avait prêtés à son avènement au trône, ne pouvait tenir un autre langage; mais, à Bruxelles, où l'on semblait ne pas se douter des difficultés de toute nature que la séparation devait rencontrer sur le terrain de la légalité et sur le terrain des faits, où l'on

voulait que le vœu émis par le peuple obtint une réalisatiou complète et immédiate ^ à Bruxelles le discours du roi, envisagé comme un piège tendu a la bonne foi de la nation, fut. brûlé sur la place publique. Les outrages prodigués aux députés belges par la populace de La Haye augmentèrent l'irritation, et celle-ci dépassi^ toutes les bornes lorsqu'on apprit que le prince Frédéric, sans attendre la décision des Etats Généraux, voulait entrer à Bruxelles , à la tète d'un corps de 10^000 hommes de troupes d'élite.

Le 20 septembre, à sept heures du matin, l'aspect sinistre de la ville disait assez que des événements graves allaient s'accomplir. Les magasins et les Ueux publics étaient fermés; la circulation des voitures avait cessé; la police avait disparu; les membres de la milice bourgeoise, alignés, l'arme au pied, devant leurs corps de garde, étaient visiblement irrésolus; Tinquiétude', l'effroi, la crainte du pillage se montraient snr les traits des rares habitants qui se hasardaient à franchir le seuil de leurs demeures; un lugubre silence, souvent inteiTompu par les cris et les vociférations des bandes de prolétaires qni se dirigeaient vers l'hôtel de ville, avait remplacé le tableau si plein de vie et d'activité qui annonce le réveil d'une grande capitale.

Une demi-heure plus tard, plusieurs milliers d'hommes du peuple, parmi lesquels on remarquait un grand nombre de volontaires accourus des villes de province, étaient réunis devant l'antique édifice où siégeaient la Cammis^ùm de 9Ûretéy l'état-major de la garde bourgeoise et plusieurs habitants notables jouissant de la confiance de leurs concitoyens. Toute cette multitude criait qu'il était temps d'en finir, qu'un mois entier s'était passé en négociations stériles, que les Hollandais s'avançaient pour massacrer le peuple, que les bourgeois ne cherchaient que le prétexte et le moyen de se réconcilier avec le gouvernement de La Haye. La foule, de plus en plus surexcitée par ces discours, se fractionna ensuite en plusieurs bandes, qui se mirent à parcourir les rues en poussant les cris : « Aux » armes! Aux armes! Mort aux traîtres! » L'une d'elles s'empara de cinq caisses de fusils imprudemment déposées sous les galeries intérieures du palais de justice, et dès lors toute résistance devint impossible. Les postes de la garde bourgeoise , faiblement défendus , furent désarmés les uns à la suite des autres, et lorsque, deux heures après, les divers groupes se réunirent de nouveau sur la place de l'hôtel de ville, ils exigèrent avec menaces qu'on leur livrât toutes les armes qui se

irouvaient à la disposition de la Commi8sian de 9Ûreté. Ce fut en vain qne œlle-ei voulut défendre rentrée du local de ses séances. Ce fut tout aussi inutilement que le comte de Mérode, parcourant les groupes les plus exaltés, s'efforça de leur faire comprendre l'injustice de leurs soupçons et les périls de l'anarchie où ils allaient jeler le centre du mouvement national. La populace en-* fonça les portes, s'empara des armes, brisa des meubles précieux et fit courir un danger réel aux bommes qui s'efforçaient de calmer ses fureurs.

Alors un découragement profond s'empara des défenseurs les plus purs et les plus désintéressés de la* cause nationale. Voyant, d'un côté, les troupes royales concentrées à deux lieues de la capitale; de l'autre, des bandes armées qui se montraient prêtes à. braver les derniers scrupules, la plupart de ceux qui avaient joué un rôle important cherchèrent prudemment un asile. La Commission de sûreté, dissoute par le fait, disparut comme le gouverneur, comme le collège échevinal, comme le conseil de la commune.

La classe inférieure était maîtresse absolue d'une somptueuse capitale !

Trois jours plus tard, le prince Frédéric se présenta aux portes, à la tête d'une armée de iO,000 hommes.

On connaît les suites de cette agression. Le peuple, abandonné à lui-même, se défendit avec un admirable courage. Assisté de quelques centaines de volontaires venus du Hainaut, de la Flandre et surtout de la province de Liège, il combattit pendant quatre jours et termina par une victoire éclatante une lutte qui, même dans l'opinion des amis de la cause nationale, devait inévitablement aboutir à une défaite honteuse (1).

(4) On trouYe des reuBeigaements complets sur la première période de la réTolution dans un ouvrage anonyme publié à Bruxelles en 4830, sous le titre de Esquisses historiques sur la révolution de Belgique m 4830 (Tarlier, 2 vol. in-8«).

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