‹ Vie du frère Didace récollet [microforme]Chapitre 4 sur 21 · EE D · texte numérisé non relu

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et marchent à grands pas vers la Crèche. O Seigneur, ne permettez pas qu'aucun objet nous détourne jamais de | la bonne voie.

. “ En entrant dans l’Etable, ils se | jetèrent à genoux et tous trois présentèrent au divin Enfant de l’or, de l’encens - et de la myrrhe. © Seigneur, recevez l'offrande que nous vous faisons de notre cœur, de notre corps, de notre âme, de nos biens et de notre vie.

‘“ En lui offrant de l’encens à genoux, ils reconnaissent sa divinité; en lui offrant de la myrrhe, ils reconnaissent qu'il est homme; et en lui offrant de l'or, ils le reconnaissent pour Roi. O Seigneur pénétrez-nous de ces vérités, et ne souffrez plus d’hérésies parmi les hommes.

“ Marie leur fit bon accueil, et leur donna l'Enfant Jésus à embrasser. Ce fut la récompense de leur voyage et leur soutien pour le retour. O Seigneur, faites que nous puissions aussi embrasser Jésus à notre dernier voyage.

“ Cependant, avant le départ des trois Rois Mages, Gaspar, Melchior et Balthasar, et lorsque les ténèbres de la nuit furent dissipées et que le beau soleil

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d'Orient s’élevant majestueusement audessus des hautes montagnes de Moab, dont la longue chaîne s'élève au-delà de la mer Morte comme une immense muraille, jeta ses flots de lumière sur humble colline de Bcthléem, les bergers qui connaissaient déjà toutes les merveilles de la Crèche, s’empressèrent d'apporter à la Vierge, Mère de l'Enfant Jésus, des fruits, des colombes,et d’autres présents.

“ Or il y avait à Bethléem, un pauvre petit pâtre orphelin qui n'avait rien que -son cœur plein de foi et d'amour. Pour témoigner cet amour, l'enfant jouait sur son chalumeau des airs qu'il offrait pieusement à la Vierge, à l'Enfant Jésus, et à son père nourricier Joseph.

“ Il revenait chaque matin faire entendre, en toute humilité et modestie, s2s airs champêtres aux hôtes de l’étable, auxquels il plaisait par ses manières douces et agréables, autant que par ses mélodies simples et sans art, Or un matin, commc il s’approchait de l’étable, il entendit un grand bruit et vit un mouvement. C'étaient des chameaux richement caparaçonnés et des hommes vêtus des plus riches étoffes de l'Orient.

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Trois nobles seigneurs, couverts de la pourpre royale, étaient prosternés aux pieds du divin Enfant.

“ Devant tant de: pompe et de magnificence le petit pâtre resta stupéfait, Il se tint modestement à l'écart avec son chalumeau, saisi d'étonnement devant les nobles étrangers, et n’osant s'approcher de l'étable toute resplendissante comme un palais. Cependant la sainte Mère du Sauveur vit de loin le petit berger à travers la foule des nobles pèlerins qui se pressaient humblement autour de l'Enfant Jésus. Elle l’appela et lui dit avec bonté :

“ L'amour seul donne du prix à l'or que nous offre la piété des Rois. Cet amour, tu l’as aussi: joue-nous donc aujourd'hui tes airs comme tous les jours, Nous les écoutons avec plaisir.”

“Aussitôt le petit pâtre prit joyeusement son chalumeau et joua ses airs les plus vifs et les plus jolis. Aucun des étrangers ne marqua de mépris pour ses naïves mélodies, et l'Enfant Jésus luimême y sourit dans son berceau.” (1)

. Jésus montrera toute sa vie, mes chers

(1) Les saintes Légendes.

enfants, une prédilection pour les orphelins, les pauvres et les petits. (C’est ce que nous allons voir maintenant. Je vous montrerai ensuite quelques enfants de bénédiction, amis de Jésus et vos modèles, et parmi eux, un petit canadien, Claude Pelletier, l’aimable et innocent enfant de Sainte-Anne de Beaupré, dont nous devons ici décrire la très édifiante vie.

Jésus devenu grand montra toujours, durant les trois années de ses prédications évangéliques une grande prédilec tion pourlespetitsenfants/Un jour,comme nous le raconte le saint Evangile, Jésus se trouvant aux confins de la Judée, audelà du Jourdain, de grandes foules l'avaient suivi, et il guérit tous les malades. Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et priât sur eux. Mais ses disciples, encore très ignorants, menaçaient ceux qui les nrésentaient. Jésus les voyant fut indigné et leur dit ;

“ Laissez ces petits enfants venir à moi, et ne les en empêchez point, car le royaume des cieux est pour eux et pour tous ceux qui leur ressemblent. En vérité, je vous le dis : Quiconque n'aura

point reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point.” Et les embrassant et imposant les mains sur eux, il les bénissait.

Dans une autre circonstance, les disciples s'étaient approchés de Jésus, disant : “ Qui, pensez-vous, est le plus grand dans le royaume des Cieux?” Et Jésus, appelant un petit enfant, le plaça au milieu d'eux, et leur dit :

“ En vérité, je vous le dis, si vous ne vous convertissez, et ne devenez comme les petits enfants, vous n'entrerez pas du tout dans le royaume des Cieux.

Quiconque donc se fait petit comme cet enfant, celui-là est le plus grand dans le royaume des- Cieux. Et qui reçoit en mon nom un petit enfant semblable, me reçoit. Mais celui qui scandalise un de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui que l’on suspendît une meule de moulin à son cou, et qu’on le précipitât au fond de la mer.”

On voit, par ces dernières paroles du divin Maître, combien c'est un crime horrible de scandaliser de petits enfants !

Et pourtant, hélas ! combien de malheureux chrétiens qui n'y prennent point garde.

Plus tard, lorsque Jésus fit son entrée triomphante dans Jérusalem, il trouva ses petits amis, les enfants qui l’acclamèrent dans le temple: HOSANNA AU FILS DE DAVID !

On voit par là, que notre divin Sauveur, dans ses courses évangéliques, était toujours entouré de petits enfants.

C'étaient des enfants de bénédiction : et Ja grande histoire de l'Eglise catholique nous montre, à toutes les époques, des enfants sur lesquels la bénédiction divine a reposé avec prédilection, comme sur les petits enfants de l'Evangile.

Dominique de Gusman fut ur de ces énfants de bénédiction. Sa mére, dès avant sa naissance, vit en scuge un signe (1) qui présageait sa destinée future. Son baptême fut accompagné d’un nouveau signe. Son parrain vit en songe une étoile qui brillait sur le front du nouveau baptisé. Et, en effet, son visage parut enveloppé d’une clarté extraordinaire, qui remplit de respect et d’edmiration tous ccux qui le regardaient. Saint Dominique conserva toute sa vie une physionomie radieuse,

(1) Le chien tenant dans sa bouche une torche allumée pour embraser toute la terre. |

Dominique fut élevé avec une tendresse presque excessive par sa mère ; mais aussitôt qu'il fut en état de marcher, il lui arriva souvent de descendre silencieusement de son lit, pour se coucher sur le plancher. Il voulait ainsi imiter Jésus, dont sa pieuse mère lui avait raconté l'enfance et qui n'avait eu pour berceau qu'une crèche dure et froide. L'homme montre d'ordinaire dans ses premières inclinations ce qu’il doit être un jour: Dominique savait à peine parler, qu’il demandait déjà à aller à l’église. On aurait tort d’attacher peu d'importance à ces propensions de l'enfance. Quand un enfant témoigne de bonne heure, commesaint Dominique, le désir d’aller à l’église et d’imiter Jésus. c'est un bon signe pour l'avenir et cet enfant ne peut manquer d’être agréable au bon Lieu.

O Dominique, notre Père, demandez pour notre vaste pays du Canada où vos enfants exercent un ministère fructueux, demandez à Notre-Dame du Très Saint Rosaire que cette très douce Reine du Ciel veille sur tous nos petits anges dela terre, et leur inspire, comme à vous, le désir d'aimer Jésus, son divin Enfant,

de l’honorer elle-même en récitant fidèlementlechapeletet d'aller souvent à l’église Saint Louis de Gonzague, cette perle doute céleste de la Compagnie de Jésus, l’angélique Louis, fut comme saint Dominique, un enfant de bénédiction. A l'âge de quatre ans, Dieu le permettant ainsi, il fut exposé à la perte irréparable de son âme, par une impardonnable imprudence de son père! Mais il avait, comme Dominique, une mère très pieuse qui le sauva et lui mérita de mener ensuite jusqu'à sa mort une vie tout angélique sur la terre. O quel trésor et pour l'Eglise et pour la société qu'une*mère vigilante, une mèrc pieuse et douce, une bonne mère de famille!

Aussitôt que Louis fut venu au monde, sa pieuse mère fit sur lui le signe de la croix, et lui donna sa bénédiction.

Sur les registres de baptême de cette époque, on plaçait quelquefois à côté des noms de l'enfant, l'expression des vœux que l'on formait pour lui, et qui souvent devenait comme une sorte de prophétie. Auprès du nom de Louis de Gonzague un écrivit ces mots: “Sois agréable à Dieu! Vis pour le bien des honimes !” Ces espérances furent plei-

nement réalisées. Dès l’âge de quatre ans, Louis aimait déjà à se retirer dans un endroit écarté de la maison paternelle, pour y prier à l'aise. Il était content, quand ïil pouvait faire du bien aux pauvres. Sa mère constatait avec joie lheureux succès de ses efforts et redoublait de soins et de vigilance. Mais son père qui était militaire, songeait à lui inspirer le goût des armes. 11 dut aller passer quelques mois à Casal-Major(1), afin de lever un régiment italien pour le roi d'Espagne, en vue d’une expédition contre Tunis. L'idée vint au marquis d'amener avec lui le jeune Louis, qui avait alors quatre ans. Il lui fit faire un costume militaire, lui donna des armes proportionnées à son jeune âge,et voulut qu'il vécût avec les soldats, qui l'aimaient et l’accablaient de leurs caresses. Mais ce que la marquise, sa pieuse mère, avait craint, arriva. Louis n’apprit rien de bon dans cette compagnie de militaires, et retint quelques mots grossiers qu'il répétait sans les comprendre, mais qui lui coûtèrent plus

(1) Ville d'Italie, dans la province de Crémone,,. sur la rive gauche du PG.

tard bien des larmes. Tout jeune au'il était, ou plutôt par cela même qu'il était Jeune et sans expérience, il voulait faire tout ce qu'il voyait fairé aux soldats.

Entre autres choses, il voulait comme eux faire détonner les armes à feu. Un ‘jour que le camp dormait, il rit de la ‘poudre dans les gibernes pour faire partir une pièce de canon qui se trouvait sur les remparts. Il courut ainsi un grand danger.

Au moment de s'embarquer avec les troupes pour Tunis, le marquis de Gonzague rénvoya son jeune fils auprès de sa mère, Elle remarqua aussitôt le changement qui s'était opéré en lui, et lui fit comprendre tout ce qu'il y avait de vilain dans les paroles qu'il avait apprises auprès des soldats de son père.

Louis en eut tant de repentir, qu'il versa un torrent de larmes et ne répéta plus jamais les mots que sa mère lui avait reprochés. Il ne pouvait plus même les entendre dans la bouche des autres sans éprouver un frisson d'horreur dans tous ses membres.

Le Marquis, son père resta trois ans absent. A son retour, Louis avait sept ans. Il avait alors fait tant de progrès

dans la piété, qu'il consacrait tous les jours plusieurs heures à la prière ; et il est devenu ce Saint admirable, donné pour Patron et modèle à toute la jeunesse chrétienne ;et dont la sainte Eglise, notre Mère,demande à Dieu pour nous, au jour de sa fête, la puissante protection par cette belle prière : “O Dieu. qui distribuez les biens du ciel, et ñui.

avez réuni dans le jeune Louis, cet ange:

de la terre, les merveilles de l'innocence:

et de la mortification, faites, par ses.

mérites et son intercession, que, si nous n'avons pas sa pureté, nous imitions au.

moins sa pénitence.”

Un jour, dans un de ces sites enchan:

teurs qui avoisinent la grande ville de Naples (en Italie), une noble dame tenait près d'elle, un doux et aimable petit adolescent. Avec le brûlant désir:

. d’en faire un saint, elle lui parla ainsi:

# Mon cher enfant, tu dois devenir:

de jour en jour meilleur; car Dieu te donne la grâce nécessaire pour cela. — Je le veux et le désire, chère mère, répondit l'enfant ; mais que dois-je faire:

pour ccla ? — Parle peu ; ne sois jamaisaisif; pense souvent à Dieu, en travail dant, seul on en compagnie; déplore.

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dans ton jeune cœur et en silence les désordres du monde; crains jusqu’à la plus légère faute ; récite régulièrement tes prières ; honore tout particulièrement la Mère de Dieu, aie toujours présents à la pensée les tourments des damnés en enfer, et la joie des saints dans le Paradis, n’aie aucun attachement désordonné aux choses de la terre ; fais le plus de bien que tu pourras ; sois sobre dans le boire et le manger ; supporte avec calme,

pour plaire à Dieu, le blâme et la critique, en toutes tes actions n’aie en vue que la seule gloire du bon Dien ; recours souvent au sacrement adorable de l'Eucharistie, et à mesure que tu grandiras, applique-toi à servir fidèlement Ja Sainte Eglise Catholique, notre Mère.”

« Le jeune adolescent suivit ponctuellement ce sage plan de conduite. Le résultat fut qu'il conçut une profonde .

horreur du péché. Un jour, il prit part à un jeu de paume organisé par ses camarades. Il aurait mieux aimé rester à la maison; mais il consentait à jouer pour ne pas leur déplaire. Bien qu'il fût très maladroit au jeu, la chance tourna de son côté, et il gagna les enjeux. Cela contraria un de ses grands camarades,

qui lui dit: “Tu as triché!” Surer mot, le gagnant jeta avec dédain les enjeux. “ Quoi! s'écria-t-il indigné, croyez-vous que l'on puisse offenser Dieu pour quelques misérables pièces de monnaie!”

Aussitôt il quitta la compagnie et passa le reste de la récréation à prier.

Quand vint le soir, les joueurs de balle s'en retournèrent chez eux. Après avoir longtemps cherché leur jeune camarade, ils le trouvèrent à genoux, devant une petite image de la Vierge qu'il avait attachée à un arbre. Touchés de cet exemple, ils s’attachèrent davantage à lui et ne le quittèrent plus.

Ce jeune adolescent s'appelait Alphonse. Alphonse, suivant les conseils de sa pieuse mère, est devenu un Saint et un grand Saint, et aujourd'hui la vie de ce Saint occupe une place à part dans la sainte Eglise. Il a vécu presque de notre temps. Dans sa vie, dit un de ses illustres panégyristes (1) il a uni le zèle d’un apôtre à l’austérité d’un trappiste, et la science d’un docteur à l'humiiité d'un pubiicain, Sa Théologie

(1) Le Cardinal Wiseman.

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morale examinée et approuvée par le Saint Siège a rendu son nom célèbre dans tout l'univers. Il semble que partout la piété ne parle plus à Notre-Seigneur, dans le Sacrement de son amour, et à la sainte Vierge, sa divine Mère, que par les livres de saint Alphonse de Liguori. Toutes les vertus qu'il recommande aux autres, éclatent dans sa propre vie.... Enfin son esprit lui a survécu : il anime encore la Congrégation du Rédempteur; et le Saint, dans la personne de ses Enfants, évangélise

æencore nos campagnes.... (1)

(1) Actuellement l'éloge des Rédemptoristes n’est plus à faire. Tout le monde connaît les Pères de la bonne Sainte Anne, et les travaux apostoliques auxquels ils se livrent parmi nous, comme tous nos autres zélés missionnaires pour la plus grande gloire de Dieu et le salut des âmes.

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