SES PREMIÈRES ANNÉES
L'an dernier en commençant une courte notice sur l’Anneau des fiançailles de la bonne Sainte Anne, destinée aux Annales de notre grande Sainte, il m'était venu une pensée.
Je me demandai à moi-même si la pauvre mère de famille qui a tant de tribulations,tant de misères ici-bas, pouvait être heureuse, et où pouvait se trouver le vrai bonheur d’une mère. Je me souvins alors d’une visite faite autrefois au désert de la Palestine, visite qui fut une des plus émouvantes de ma vie, Après avoir erré longtemps dans une vaste solitude, ouverte de tous côtés aux incursions des Bédouins nomades, je me trouvai prosterné sur la tombe d'un Saint.... Ce Saint, aujourd'hui docteur de l'Eglise, a parlé admirablement de notre grande Thaumaturge, la
bonne Sainte Anne! Dans l'office même de la Sainte il nous révèle à tous le secret du vrai bonheur d’une mère, Saint Jean Damascène, à la fin de son deuxième et admirable sermon sur la naissance de Marie, pensant au bonheur de sa mère, s’écrie dans l’'ntraînement de son âme ravie: Vere beata es,
ac ter beata! “O bonne Sainte Anne!
oui, vous êtes vraiment heureuse et trois fois heureuse !... vous avez donné au
monde cette ENFANT, au nom suave, incomparable don de Dieu, MARIE qui à son tour a donné à la terre la suave Fleur de vie, JÉSUS, notre adorable Maître.”
Une mère est donc heureusé, lorsque le bon Dieu lui donne des enfants de bénédiction. Elle était heureuse, cette illustre princesse qui donna le jour, sur les marches du trône, à la petite Cuné- :
gonde, aimable enfant, ange de la terre, qui, dès l'aurore dela vie,avait déjà appris à connaître la Fille divinement aimable de la bonne Sainte Anne et qui la salua, prodige rare! le jour même de sa naissance par ces paroles ravissantes : * Je vous salue, Reine des Cieux, Mère du Roi des Anges.”
Dans un autre article adressé aux mêmes Annales, il y a quelques semaines, article qui a été lu par plus de soixante mille familles canadiennes, toutes dévouées par les vrais sentiments du cœtr à leur grande Bienfaitrice, la boune Fainte Anne, nous écrivions les lignes suivantes : “ C’est bien avec raison que, dans ses litanies, la bonne Sainte Anne est invoquée comme PORT DE SALUT POUK CEUX QUI NAVIGUENT, Portus salutis navigantium. .
Nous voyons en effet qu'un très grand nombre de prodiges opérés par l'intarissable bonté de notre incomparable Thaumaturge ont pour objet des personnes qui naviguent.
[ci dans notre religieux et reconnaissant pays du Canada, l’origine de. la dévotion à notre grande Sainte n'est-elle pas due à un prodige opéré en faveur des pauvres navigateurs délivrés par la:
Sainte des angoisses d’un naufrage imminent ?
Nous avons lu avec un sentiment de filiale reconnaissance. le pieux Aanuel de dévotion à la bonne Sainte. Anne, par un Père Rédemptoriste,
Ce petit ‘livre, où l’on respire d’un
bout à l’autre lé doux parfum d'une piété aimable ét confiante envers notre grande Sainte, nous rappelle, dès sa première page, la tradition suivante, aujourd'hui, ce nous semble, bien admise au Canada : “ Une tradition populaire rapporte que des marins bretons, naviguant sur le Saint-Laurent, y essuyèrent une affreuse tempête. "Eh grand danger de périr, ils invoquèrent la protection de Sainte Anne et firent le vœu de construire une chapelle en son honneur, au lieu même où ils mettraient pied à terre, si elle les sauvait du naufrage. Leur prière fut exaucée. Ils abordèrent sur la rive nord du fleuve, à sept lieues au nord-est de Québec. En accomplissement de leur promesse, ils y bâtirent une modeste chapelle sous le vocable de Sainte Anne.... Sainte Anne fut la sixième paroisse du pays..
Le P. André Richard, Jésuite, s’y rendit.
én 1657, et le 28 juillet de la même année il y baptisa Claude Pelletier, qui devint plustard le Frère Didace,Récollet, premier Canadien mort en odeur de sainteté..."
Nous mettions comme notice explicative au bas de la page: “ L'inscription
TR
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gravée au bas de son portrait, exposé au sanctuaire de Sainte Anne, ajoute:
Et que Dieu honore par plusieurs miracles.
Le nom de Claude Pelletier (le Frère Didace) se trouve inscrit le premier en tête d'une feuille volante, et le KR. Père (de Sainte Anne) qui eut la bonté de nous communiquer le registre des baptêmes, nous persuada que l'humble Frère est le premzer-né de la paroisse.
Cette affirmation nous réjouit beaucoup ; si elle se vérifie, nous y trouverons un nouveau motif de gratitude envers la bonne Sainte Anne qui aurait ainsi donné son Premier-né aux premiers apôtres du pays, les Récollets, dont Didace ({laude) Pelletier fut le premier Frère canadien et qui sera, nous en avons la douce espérance, et peut-être à bref délai, le premier Enfant du Canada que la Sainte Eglise élèvera aux honneurs de la Béatification.”
Dans la première moitié du dixseptième siècle, une âme privilégiée quittait le beau pays de France, se confait, résolue, aux flots de l'Océan et rciiontait ensuite paisiblement, sous la protection de la bonne Sainte Anne, le cours majestueux du : Saint-Laurent,