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pour s'arrêter aux rives mystérieuses de Beaupré. Elle ignorait, en effet, tout cet avenir plein de mystère, où le ciel allait se mettre en contact avec la terre dans ce lieu béni quele peuple fidèle désigne aujourd’hui simplement, tant il est:
connu, par ces mots: /&c Bonne Sainte Anne, aller à la Bonne Sainte Anne.
Elle ignorait encore davantage, si je puis parler ainsi, la merveille que l’amour divin devait opérer sans retard pour elle-même.
Dans le tableau généalogique des premiers colons qui viennent habiter la Nouvelle France, nous voyons figurer celui de Catherine Vanniér née en France, en l’année du Seigneur 1624.
Catherine épousa le sieur Georges Pelletier et tous deux se fixèrent à Sainte Anne. Les deux époux vivaient ensemble dans l’union, la paix et la crainte de Dieu, lorsqu'il plut au Seirneur d'exaucer leurs désirs en leur donnant -un enfant de bénédiction.
Cet enfant vint au monde le 28 juillet de l’an 1657 et il sentit, le même jour, couler sur son jeune front les eaux régénératrices du saint Baptême.
Le premier-né de Georges Pelletier
et de Catherine Vannier, sa vertueuse épouse, reçut le sacrement de Baptême par le ministère du KR. Père André KRichard, missionnaire de la Compagnie de Jésus, dont nous avons parlé plus haut, et on lui donna au Baptême le nom de Claude qui était celui de son pers inais qui sera changé plus tard en celui de Didace, ainsi que nous le verrons au cours de cette notice.
Rien de bien particulier ne signala les premières années du petit Claude, si ce n'est -que les anges veillaient avec une grande sollicitude autour de son berceau. Son heureuse mère, de son côté, l’entourait de tous les soins délicats que le cœur d'une mère sait prodiguer à son preinier-né, et ce petit ange de la terre montra bien vite qu'il comprenait cette tendresse maternelle, en y répondant par un angélique sourire.
Le 18 octobre (1658), la mère du petit Claude donna le jour à une filie à reçut au Baptême le nom de
arie-Madeleine ; et enfin le 24 février 1661, une autre fille reçut sur les fonts baptismaux 1: nom de Catherine, çomme sa mère, Après cela Ja ver-
tueuse épouse de Georges Pelletier n'eut plus d'enfants. Les deux sœurs grandirent pieusement sous je toit paternel et plus tard elles se marièrent et furent à leur tour, dans le monde, de bonnes et édifiantes mères de famille.
Mais au jeune Claude, la divine Providence réservait une autre destinée.
Claude devait traverser le désert de ia vie, jusqu’à l’âge de 21 ans, sans s’égarer ni à droite ni à gauche ; il devait passer à travers les sentiers glissants et fangeux du monde; sans même en recevoir la moindre éclaboussure qui pût ternir la blanche robe de son innocence baptismale. Ce privilège de choix, il le devra après Dieu, à la prudente tendresse, à la vigilance, à la sollicitude toute chrétienne de sa vertueuse mère.
Depuis plus de deux siècles, la mère du jeune enfant est descendue dans la tombe, iysnorée du monde et jusqu’à ces derniers jours, nul ne soupçonnait même son existence, Les Pères de Sainte Annc vicnnent de découvrir cette tombe vénérable et les pèlerins, allant à la bonne Sainte Anne, reconnaissants pour les faveurs obtenues par l'intercession-du bon Frère Didace
seront heureux désormais de faire une visite à cette tombe, dans le cimetière paroissial où reposent les restes de sa vertueuse mère.
Plus d’un lecteur jusqu'ici se sera déjà demandé peut-être pourquoi nous nous arrêtons si longtemps devant un enfant qui est encore assis sur Îes genoux de sa mère. Ames pieuses, pour qui nous écrivons spécialement ces lignes, vous ne nous pcrmettrez pas de vous redire les paroles que Notre-Seigneur adressait à ses disciples, alors qu’ils n'avaient pas encore reçu l'Esprit Saint, le Dieu de Lumière: “Et vous aussi, êtes-vous encore sans intelligence et ne comprenez-vous rien aux mypIsLes du royaume de Dieu?” .
Eh quoi! Diaés, l'enfant béni de cette femme vénérable, est une me virginale. Et ne savez-vous donc pas le prix que Notre-Seigneur avec toute la Cour céleste attache à une âme virginale ?
Lorsque le Roï immortel des siècles, la couronne de tous les Saints,la pureté des vierges, inclinant les cieux descend sur la terre pour prendre dans la réalité d’un abaïissement infini notre pauvre ek
infirme nature, que fait-il, ce divin Jésus, notre adorable Maître ?.... Il se choisit une Âm: virginale, prédestinée de toute éternité, pour être sa Mère, MARIE, la Vierge sans tache, Marie Immaculée !
Jésus ne révèle d’abord le grand mystère de l’Incarnation qu'à des âmes virginales.
Durant les trois années entières de ses courses évangéliques, il montre partout sa prédilection pour lés âmes innocentes et pieuses ; et lorsqu'il s’est choisi ses douze Apôtres, ses préférences divines sont toujours pour saint Jean qui de là se nomme le disciple bien-aimé, et c’est à lui qu'à l'heure suprême du Calvaire, il lègue sa Mère et pourquoi? parce que, nous dit la sainte Eglise, Jean était une âme simple et pure, une âme virginale..... ,