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mes tn !• s « Alow To|>clitlé dégaine •on ëpée, et. prenant la posture d'an bourreau qui Ta remplir son office: «Me connais-tu ? dit-il au Père ; n'as-tu jamais entendu parler de Topcliffef tu le vois devant toi. Dis-nous donc ce que tu sais, ou bien point de miséricorde. » Le Père fixa les yeux d*un air modeste sur ce malheureux vieillard , et lui répondit avec le plus grand calme: «Monsieur, ni vos menaces, ni cette ëpée, ni tous les tourments que peuvent me faire endurer tous les Topcliffe du monde, ne me feront dire ce que je ne veux pas, ce que je ne puis pas dire sans offenser Dieu et blesser ma conscience. » Alors, il lui est enjoint de donner par écrit les motifs qui l'ont engagé à rentrer en Angleterre. Le Père ne s*y refuse pas: mais, soupçonnant que Tintention de Topclifle
est de confronter son écriture avec celle de plusieurs do ses lettres qui ont été surprises, il la contrefait de manière à la rendre . tout à fait méconnaissable.
Topcliffe, se voyant joué, grince des dents et ne met aucun frein à sa colère. u Oh! infâme papiste, lui dit-il; bientôt, si tu es en mon pouvoir, je te suspendrai à la colonne, et je jouirai de tes angoisses, attendant tranquillement que ton Jésus vienne te tirer de mes mains. — Vous ferez de moi tout ce quil vous plaira, répond avec calme le Père Gérard; mais vous nirez jamais plus loin que Dieu ne vous le permettra, et ainsi, je ne serai jamais dans d'autres mains que les siennes. »
Le Père fut reconduit en prison, et on ordonna de lui mettre les fers aux pieds. Pendant que le geôlier exécutait
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cet ordre, le Père lui donna quelque argent, pour montrer (ju'il receyait cet fers comme une bénédiction, et cet homme ne put retenir ses larmes.
Aprôs trois mois de séjour dans le cachot, les amis de Gérard obtinrent de Youn<; qu'il fût transféré dans la prison de Clirik. qui était remplie de nobles catholiques. Ceux-ci le reçurent comme un ange venu du Ciel. Sa présence augmenta encore leur ferveur, et par les industries de son zèle, cette prison devint un véritable monastère. Dès son irrivëe, il se procura un habit de Jésuite, et il le portait lorsqu'il devait traverser Londres pour comparaître (levant les juges, au grand étonnement du peuple, qui, pour le voir, se pressait sur son passage.
Les compagnons de sa captivité.
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ayant trouvé le moyen de se procurer des clefs de son cachot, y pénétraient pour se confesser, entendre la messe et communier; ils y firent même les exercices de saint Ignace. Le Père eut la consolation de ramener à la vraie foi un bon nombre de protestants, notamment John Rigby, qui eut le bonheur de ver« ser son sang pour Jésus-Christ. Il parvint aussi à faire partir un bon nombre de jeunes gens pour les séminaires anglais de Douai, de Valladolid et de Rome. Enfin, il aida de ses conseils et confia à un asile sûr le Père John Gones, appelé quelquefois Buckley, de Tordre de Saint-François, et Robert Duri, l'un et l'autre récemment arrivés de Séville.
Cependant, ces œuvres d'un zèle admirable furent interrompues par la malice
ii'uii prêtre apostat. Les conseillers d'Elisabeth, avertis par lui, envoyèrent .\ la prison trois commissaires chargés <le prendre de plus amples informations et de faire les plus minutieuses recherrli. s Ils fouillèrent le Père Gérard jusque sous ses vêtements, et trouvèrent son cilice. On voulut le lui arracher, mais sur les instances du Père, on finit (>ar le lui laisser.
Gérard fut transféré de cette prison à la Tour de Londres, et fut renfermé dans le cachot que le Père Henri Walpôle avait habité avant lui. 11 le quitta dès le second jour, et le lendemain il comparut devant cinq magistrats. Ceuxci, après avoir cherché en vain à lui arracher quelques aveux, le firent conduire dans un lieu souterrain, où Ion torturait les malfaiteurs. On lui fit pas*