A MONSEIGNEUR D ARGOUGES
les Missions, le Séminaire, les études de la jeunesse fleurissent, c'est à vos soins, à votre vigilance pastorale et à vos largesses qu'il faut en attribuer le succès.
Ainsi, Monseigneur, écrivant la vie de ces ouvriers apostoliques dont les travaux ont produit tant de fruits, ce m'était un devoir indispensable de vous la dédier. Mais j'avoue que j'ai eu aussi en vue, avec mon devoir, l'intérêt de mon ouvrage, et que je n'ai pas cru qu'il dût être bien reçu, s'il ne paraissait sous vos auspices.
C'est aux Évêques à juger de la sainteté aussi bien que de la doctrine des personnes de leur diocèse. Ce jugement leur appartient de droit. Ils en sont les juges naturels ; et quand on saura quel'Évêque diocésain, et un évêque aussi distingué qu'est votre Grandeur, d'une vertu aussi reconnue, d'un savoir aussi solide, d'une prudence aussi éclairée, a jugé le Père Huby, Monsieur de Kerlivio et Mademoiselle de Francheville dignes de la vénération que les peuples ont pour leur mémoire, cette estime sera l'approbation la plus authentique que mes lecteurs puissent désirer.
Agréez donc, Monseigneur, que je m'en serve pour donner crédit à ces excellents modèles de vertu que je propose aux âmes qui aspirent à la perfection, et faitesmoi la grâce de les recevoir vous-même comme une marque du profond respect avec lequel je suis,
Monseigneur,
de Votre Grandeur, le très humble et très obéissant serviteur.
PREFACE
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Entre tant de pieztx établissements qui se sont faits de notre temps, il ny en a point, ce semble, déplus iitiles aux âmes que ces maisons de Retraite, oit les fidèles de Vun et de r autre sexe, de tout âge et de toute condition, s assemblent en certains temps pour faire les Exercices de St Ignace, c est-à-dire pour s appliquer à la méditation des grandes vérités du Christianisme et à la ré formation de leurs mœurs. Car, bien que chacun se puisse choisir pour cela un lieu particulier, ce qui nest pas néanmoins facile à toutes sortes de personnes, l'expérience fait voir que la Retraite que Ion fait en commun est plus efficace et moins ennuyeuse, tant à cause du bon exemple qu on s y donne mutuellement, que des instructions qu on y reçoit et de la variété des exercices que l'on y pratique.
C est là que Dieu fait éclater ses plus grandes miséricordes, que la grâce opère de continuels miracles, qu'elle remporte ses victoires les plus signalées et qu'elle fiit ses plus belles conquêtes.
Ceux qui, dans ces maisons de bénédiction, goûtent les doux fmiits du salut, seront bien aises de connaître les auteurs d'une aussi sainte institution , et la postérité aurait sujet de se plaindre de notre négligence si nous laissions tomber leurs noms dans l' oubli.
C est pour conserver leur mémoire que f entreprends
PRÉFACE
d écrire leur VH\ ayant eu f avantage de les connaître, de vivre fajjiilièrenient avec Monsieur de A'erlivio, et d'être disciple et confesseur du Père Huhy.
Dieu, qui voulait unir ces deux grands hommes dans rexécutioji de ses desseins, mit entreux une si parfaite conformité, qu'on 7ie pouvait voir deux amis qui eussent plus de rapports l'un avec r autre, soit pour les dons surnatitrels, soit pour le caractère de leur vertu et' de leur conduite. On eût dit qu'ils n'avaient qu une même âme. D'ailleurs la diversité de leur genre de vie soi' it aux desseins de Dieu et au succès de leurs projets.
Pour établir une maison de Retraite, il fallait un Fondateur qui, dans l'état séculier, retînt la propriété de ses biens, et un Directeur qui, dans l'état régulier, étant disciple de St Ignace, possédât l'esprit de ce saint instituteur des retraites spirituelles. Pour soutenir cette maison dans les commencements, et pour y attirer les Prêtres avec le peuple, la faveur et l'autorité d'un Supérieur ecclésiastique du mérite de Monsieur de Kerlivio était nécessaire ; et pour la ?naintenir dans la suite des temps et lui donnernn fonds de stabilité perpétuelle, il fallait l'attacher à îuie Compagnie qui regardât l'emploi des retraites comme U7i de ses ministères les plus essentiels, et comme une portion de l'héritage que son Bienheureux Père lui a laissé.
Dans tout le reste de leiws entreprises pour la gloire de Dieu, ils n'agirent jamais que de concert. L'Esprit- Saint, qui les avaient liés, voulait donner en leurs personnes, aux Réguliers et aux Ecclésiastiques, un modèle
PRÉFACE
de 1^21711071 qii ils doivent avoir ense7nble, et 7ui exe77iple des bé7iédictio7is que cette 7mio7i atti7'e sur leurs travaux.
Cette u7iio7t, qui est si rare pa7'77ii les Ouv7'ie7s de la vig7ic du SeigTieur, la B7'etag7ie l'a vue i'ég7i€r avec 7i7îe 7iurveilleuse édificatio7i e7it7'e tous ces ko77mies apostoliques qu'elle a do7i7iés de 7iot7-e te777ps à V Église : e7it7'e Mo7isieur le Noble tz et le Père Qui7iii7i de rOrd7'e de St Do77ii7iique, les deux testaîirateurs des Missio7is en cette P7'ovi7ice : e7itre le ntênie Monsieur le Nobletz et le Pè7'e fulie7t Mau7ioir de la Co77ipag7iie de Jésus, que ce saint P7'êt7'e choisit pour successeur de so7i e77iploi évangélique : e7it7x le Par Maunoir et ses illustres Missionnaires : 77i07isieur de Treina7'ia, 7Ji07isieur de Kérisac, et les autres P7'êtres, ses disciples et les compag7iotis de ses t7'avaux ; e7it7'e le Père Rigoleu et les Prêtres qu'il avait fo7'77ié s pour t7'av ailler au salut des âm^s. Alais fose di7'e que la liaison du Père Huby et de Monsieur de Kerlivio a été plus étroite et a produit des fruits aussi éte7idus, et d'une plus longue du7'ée que celle de ces autres gra7ids servit eu7's de Dieu.
C'est ce qu 'on verra dans le détail de r/iistoi7'e de leur vie. Fasse le Ciel qic' elle aide à exter7ni7ier cet esprit d'é77iulatio7i qtd divise si sozivent les Mi7iistres de r Église, et à ressusciter le véritable esp7'it de zèle et de cha7'ité qui a7iimait les Apôtres et qui doit ani77ier tous leurs successeurs.