‹ Vie du Père Vincent Huby de la Cie de JésusChapitre 21 sur 54 · H MAXIMES SPIRITUELLES · texte numérisé non relu

H MAXIMES SPIRITUELLES

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I. — Maximes pour s'établir dans l'Humilité. — Quiconque aspire à la perfection doit se réjouir de ce qui fait d'ordinaire le plus de j^eine dans la vie : 1° de ce qu'on n'a pour lui que de la dureté ; 2^ de ce qu'on blâme et qu'on méprise ses actions et tout ce qui le touche ; 3° de ce qu'on l'oublie, et qu'on le néglige dans les besoins ; 4° de ce que l'on ne montre que de l'aversion pour lui et pour ses proches ; 5° de ce que l'on n'adhère jamais à ses désirs, quelque justes qu'ils semblent être.

Quand une âme se rend un peu fidèle à la grâce dans les humiliations, les mépris et les délaissements, de sorte qu'elle se voit abandonnée de tout le monde, et que tout lui manque, elle est dans un paradis, dans j une paix et dans un repos qui surpasse tout sentiment, et toutes les créatures ne lui sauraient nuire.

S'il y a quelque choix à faire, ce doit être celui des emplois les plus ravalés et les plus laborieux.

Rien ne me rend si méprisable que l'horreur que j'ai du mépris.

Il n'y a de mal dans le mépris que le refus que je fais de le souffrir.

Je n'ai qu'un fantôme d'humilité lorsque je m'humilie moi-même, si je ne consens de bon cœur à être humilié par les autres.

Une grande humilité souffre volontiers un grand mépris. Une petite humilité souffre volontiers un petit mépris. Si donc je ne puis souffrir le moindre mépris, je n'ai pas seulement le premier degré d'humilité : et autant que je suis vide d'humilité, autant suis-je plein d'orgueil.

Je n'avancerai dans la perfection qu'autant que je consentirai d'être dans l'abjection.

L'innocence, la simplicité, la candeur des enfants sont l'idée de l'humilité de Jésus et de ses saints.

Oui s'établit par des détours n'est point enfant.

Oui ne peut plus suivre le sentiment et l'inclination des autres, n'est plus enfant.

Oui se pique aisément pour de petits déplaisirs, et qui raisonne sans cesse sur de petits mépris, s'éloigne autant du royaume de Jésus-Christ qu'il est peu conforme à la simplicité des enfants.

Nous ne sommes guère propres à travailler nousmêmes à notre anéantissement Nous sommes trop faibles contre nous-mêmes, et nous avons trop d'indulgence pour nos défauts. Mais Dieu y met la main, et il se sert de nous et de nos misères pour nous humilier. C'est à nous à nous soumettre à cette conduite et à l'agréer. Qu'à la bonne heure donc mon corps soit affligé de maladies ; que mon honneur soit flétri ; que je sois tenu pour ce que je suis, et que je demeure dans l'oubli et dans le néant : pourvu que je consente à tous ces anéantissements, cela me suffit.

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