VI INTRODUCTION
« La méditation, l'esprit d'obéissance, le recueille- » ment solitaire n'auront-ils pas raison du fétiche de la » souveraineté des multitudes ? »
Le zèle clairvoyant des soldats de Jésus-Christ, et en particulier des membres de l'Œuvre des Cercles catholiques,abien vite vu que les saints exercices étaient un moyen puissant de refaire l'homme qui pense, qui veut et qui agit, et de travailler à la réforme chrétienne des membres de la classe dirigeante et en particulier des industriels.
C'est de ces derniers que M. Thellier de Poncheville disait naguère au Congrès catholique de Paris (1885) :
« Placés au poste le plus périlleux dans cette grande » bataille qui se livre au milieu du monde, ils sont venus » demander à la réflexion et à Dieu la claire notion de » leur devoir social.
« Jusque-là ils n'ont pas eu le temps d'y penser ; le » tourbillon des affaires, le bruit des machines, les a » étourdis, mais ils ont la foi et ils ont voulu rentrer en » eux-mêmes. — Pendant les jours de la retraite, le » bureau de travail a fait place à la petite table de mé- » ditation de la cellule, et la correspondance enfiévrée » de chaque jour à de paisibles entretiens avec Dieu, » auteur de toute paix et de toute lumière. Tout-à- » coup, un monde d'idées nouvelles est apparu à leur » âme, et ils rentrent dans la vie transfigurés. Hier, » ils étaient d'honnêtes gens, demain ils seront des » hommes de sacrifice, des apôtres de l'usine. » ~ Puis, l'orateur exprime le vœu de voir de semblables cou-