PAR 6. COLLETET
ques terres auprès des fiennes, d'où j'infère qu'il poffedoit encore quelque autre bien que celuy des Mufes.
La quatriefme partie* eft cefte imitation de divers autheurs grecs & latins dont j'ay deijà parlé. Il débute par la verûon du petitpoême de la Cigale du âuneux Anacréon, que l'on peut conférer avec celle de Belleau, pour juger lequel d'eux a en cela le mieulx réuÛy. Après cela il y a quelques traduâions d'Alcée, de Sapphon, de Catule, de Marule, d'Angerian, de Jean Second & de quelques autres mignards & délicats poëtes anciens & modernes, qu'il reprefente & qu'il exprime avec autant de grâce que de naïf^reté.
La dernière partie de fes œuvres poétiques eft intitulée : Meflanges. C'eft un recueil de toute forte de vers fur toutes fortes de fubjets différents. Il y a des éloges, des amourettes & des épitaphes, au nombre defquelles il s'en rencontre une affez ample foubs le nom d'Erice, faiâe fur la mort d'une belle, jeune & fcavante demoifelle, nommée Erice de BonfofTard, ce qui me faiâ quafi croire que c'eft celle là mefme dont il devint amoureux & dont il célébra les louanges, foubs le nom d'Erice ». Quoy qu'il en foit, les penfées en font affez
» Si Colletet avait lu le Prélude Poétique avec un peu plus d'attention, il eut rencontré, fol. 45 v**, la confirmation de sa conjecture, dans ime chanson commençant par ces vers, qui n'ont pas grand sens, mais qui contiennent,
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lO VIE DE R. ANGOT.
nobles & il y a peu de deffauts, hormis ceux de la pauvreté de la rime & la bafTefle de l'élocutioû ; puifque dans toutes fes autres pièces 1 y rime ordinairement falées avec livrées^ Pluton dLvecpaffion & mille autres femblables & qu'il n'y a pas grand efgard au choix des paroles, les employant indifféremment comme elles découlent fous fa plume; ce que le bon poëte doibt éviter furtoute chofe, puifqu'il ne doibt jamais joindre l'ortie avec les fleurs, ni Todeur puante du foulphre avec les douces vapeurs de l'encens & de la civette >.
Guillaume COLLETET.
le premier^ Tanagramme d'Erice de Bonfossard, et le troisième celui de Robert Angot :
Bref^ o Sirène^ éPacort!
Ores il faut qu'en cete Ile Fleurie
Prenant ore à gré ton bort^ Mes dernières chanfonsà ta voix je marie.
» Var. : Cassolette.
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