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354 LE l\ BESSON A L'AUDIEXCE DU PAPE.
avec cette bonté si paternelle que vous lui connaissez. Prévenu comme il l'était contre le P. Lacordaire, le choix que nous avons fait de lui paraissait à Sa Sainteté de mauvais augure, et paternellement ilme reprocha ma faiblesse, ne comprenant pas d'abord comment, pour arriver à cette conclusion , j'avais agi, au contraire, dans ma parfaite liberté, et absolument en vue du bien de la Province... Je lui exposai alors plus amplement l'état des choses, lui disant avec l'assurance la plus entière que, loin de regretter ce que j'avais fait pour arriver à l'élection du très-révérend P. Lacordaire, je restais persuadé que j'avais, par là, travaillé au salut de la Province, et que Sa Sainteté en aurait jugé de même si Elle eût été sur les lieux et si Elle eût vu le P. Lacordaire tel qu'il s'est montré en ces graves circonstances, généreux, conciliant et ferme, tel que nous l'avons vu tous.
« Quand je parlai au Saint-Père de la question qui existait entre Lyon et la Province, je vis tout de suite qu'elle était déjà jugée dans son esprit : la nomination du P. Lacordaire, d'un côté, une lettie du cardinal de Bonald, de l'autre, l'avaient décidé pour la séparation. Lyon est placé sous la juridiction immédiate du Général, et moi je suis resté un peu le bouc émissaire de tout cela. Je ne le regrette 'pas, imisqiie c'était la condition de la paix et du bien ^ »
Quel l('moignagc dans cette douloureuse question des
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L'KLECTIUX EST CoN FI RM i:i: . 35.-)
divisions de la Province dominicaine de France, que celui du P. Besson ! Il avait été choisi par Pie IX, sur la proposition du P. Jandel, comme le plus inébranlable champion de la pleine observance, pour amener, s'il se pouvait, les couvents de France à l'accepter, en adoucissant en quelques points, dans cette vue, les usages de Lyon. Tout inclinait en ce sens le P. Besson, ses dispositions personnelles, qui, depuis son noviciat, ne s'étaient point un instant démenties, son tendre dévouement au P. Jandel, dont il était l'ami le plus intime et le confesseur, sa dévotion (si ce mot peut être permis) euvers Pie IX. 11 était venu, il avait vu, il avait été changé. 11 avait reconnu l'impossibilité absolue de pacifier les couvents de France sans maintenir l'observance que le P. Lacordaire leur avait donnée ; il avait pensé, dit son historien, qu'il ne fallait pas sacrifier aux avantages d'une règle plus sévère le trésor de cette paix si indispensable à la vie religieuse. C'était là le jugement d'un sage, et ce sage, comme on sait, était un saint.
Après l'avoir entendu , le Saint-Père ne s'opposa point à la nomination du P. Lacordair^î comme Provincial de France, et le P. Jandel, en confirmant cette élection, accepta les résolutions du Chapitre de Flavigny. Mais, comme le P. Lacordaire en avait reconnu la nécessité dès le mois de mars 1867, l'observance de Lyon fut maintenue, et le couvent que le P. Danzas avait fondé dans cette grande cité, devint le berceau d'une Province nouvelle.