‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 119 sur 195 · TRIPLE FARDEAT' DT PERE · texte numérisé non relu

TRIPLE FARDEAT' DT PERE

vrai dire, le jour où ses religieux l'avaient élu pour la seconde fois Provincial, ils avaient signé son arrêt de mort.

En etfet, jamais le Père n'avait eu sur les épaules un pareil fardeau : il conservait la direction de l'école de Sorèze et celle du Tiers-Ordre enseignant, et il fallait ajouter à cette double chaîne celle du gouvernement du Grand Ordre, tâche délicate entre toutes à la suite des divisions qui s'étaient produites. C'était plus que ne pouvait supporter désormais une complexion originairement frêle, qui avait résisté sans doute à de grandes fatigues et à des austérités plus grandes encore, mais que ces fatigues et ces austérités mêmes avaient épuisée. Il ne s'était point dissimulé la pesanteur du triple faix qui lui était imposé. Mais comment décliner cette triple nécessité? Gomment se délier de la parole donnée aux actionnaires de Sorèze? Gomment abandonner le Tiers-Ordre naissant, fondé par lui et, par son fait personnel, engagé dès sa naissance dans une situation tinancière onéreuse et compliquée ? Gomment se refuser aux vœux passionnés des Pères du Grand Ordre, ([ui ne voyaient de salut pour la Province que dans la direction de celui qui l'avait créée? Partout, le Père paraissait être l'homme do la situation , l'homme nécessaire, indispensable, riiomme désignt» par la Providence. Déchuer le Provincialat dans les conjonctures si spéciales où cette charge s'olfrait à lui, (-'(nit été, semble-t-il, décliner j'appel de J)um.

Il avait donc fait sans balancer ce que Dieu lui envoyait à faire. Il avait saisi de nouveau le gouvernail du

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