‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 126 sur 195 · CONSULTATION DE MONTPELLIER · texte numérisé non relu

CONSULTATION DE MONTPELLIER

à consulter, à Montpellier, un praticien éminent, M. le professeur Gombal. Celui-ci ausculta le malade à deux reprises, l'examina durant près de deux heures, scruta scrupuleusement tous les organes et déclara qu'il n'existait aucune lésion, mais un appauvrissement du sang, causé par vingt mois consécutifs d'une nourriture maigre insuffisante. Cet appauvrissement, augmenté par un travail continu et souvent excessif, compliqué par l'irruption d'un rhumatisme qui s'était un instant porté sur le cœur, avait irrité tout le système nerveux, et cette irritation avait vivement réagi sur les principales fonctions de la vie. Le médecin prescrivait le repos, une nourriture substantielle, des bains fortifiants et des accessoires analogues ^ .

Rentré dans son cher collège, dit le P. Ghocarne, le Père fit part à ses enfants du salutaire avertissement qu'il venait de recevoir. « C'est une grande grâce que Dieu fait à un homme, leur dit-il à la chapelle, lorsqu'une grave maladie vient l'avertir de la fragilité de ses jours. Cette grâce, Dieu a bien voulu me la faire ; je vous prie de l'en remercier avec moi. » Il comprit qu'il était gravement atteint. Il écrivait le 28 mai, à propos de ce contre-temps de Saint-Maximin : « C'est la première fois que mon corps a résisté à ce que je voulais. » Et encore à une personne amie : « Je pense souvent à la mort. Je ])roparc tout pour laisser notre Ordre dans une bonne situation morale et financière. 8i je venais à mourir, vous n'aijandonnercz pas cette œuvre : elle est la grande œuore de ma pauvre vie. Si je dure jusqu'à la fin de mon

« A ral.l)ë Pei-reyvf, -iZ mai 1800.

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