‹ Vie du R.P. LacordaireChapitre 128 sur 195 · SEJOUR A RENNES-LE S-BAINS · texte numérisé non relu

SEJOUR A RENNES-LE S-BAINS

usant ainsi d'un droit accordé au Provincial par nos constitutions, je ne causerai aucun déplaisir à la Province, et qu'elle y verra une greuve du désir où je suis de la servir malgré la diminution de mes forces, causée par l'âge et le travail. Il y a trente ans que ma carrière publique a commencé, et il y en a vingt et un que je consacre mon temps, mes efforts, ma parole et ma plume, au rétablissement et à l'affermissement de notre saint Ordre en France. Il doit m'être permis, sur le déclin où j'avance chaque jour, de retrancher quelque chose de mon fardeau, et d'obéir ainsi aux conseils d'une prudence sans pusillanimité. »

D'un autre côté, le Père crut concéder assez aux médecins en consentant à faire gras cinq jours de la semaine, c'est-à-dire en se bornant à l'abstinence du vendredi et du samedi. « Je vis, disait-il à ce sujet, comme un sybarite greffé sur un moine ^ » On lui avait ordonné l'usage des eaux ferrugineuses de Rennes-les-Bains, qui ont contre l'anémie une efficacité depuis longtemps constatée. Ce séjour, en outre, avait l'avantage de ne pas trop l'éloigner de son cher Sorèze et de le rapprocher des Pyrénées, où, pour échapper à la monotonie du régime des bains, il se promettait de faire quelques excursions.

Il se rendit donc à Rennes le 2 juillet, accompagné de l'abbé Perreyve. Mais la vie désœuvrée du baigneur hii était odieuse, et il ne put en surmonter l'ennui : fatigué par l'extrême chaleur, dénué d'appétit et s'en pre-

i A l'a^)l)é Terre) ve, 4 juin li^C)0,

Page 1